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Bienvenue à Pikine, Monsieur le Président


Rédigé par leral.net le Jeudi 7 Avril 2016 à 13:17 | | 4 commentaire(s)|

C’est avec honneur que j’attire votre attention sur l’érection de l’Arène nationale dans la zone des Niayes, ce projet qui vous tient à cœur, réfuté par la majorité des Pikinois même au sein de votre parti, nous inquiète. Cette inquiétude sera, à la publication de cette lettre, très largement partagée par les Pikinois, plus précisément ceux de Pikine nord que nous sommes face à l’impact dévastateur qu’aura votre arène au sein de notre communauté. C’est sans surprise que Pikine nord est la seule commune à dire Non au dernier référendum dans le département. Vous nous aviez promis de ‘’mettre fin aux injustices sociales’’ en 2012, de ‘’développer l’économie et la productivité’’, tels ont été les propos pour lesquels je fais partie des rares Sénégalais qui ont voté au premier et au second tour pour vous.
Nous ne sommes pas CONTRE le projet de construction de l'arène nationale. Nous sommes animés par le souci de PRÉSERVER cette zone des Niayes, qui est le "POUMON VERT" de Dakar. L’érection de cette arène est contre l’article 8 de notre Constitution que vous venez de consolider avec le quatrième point du dernier référendum : le droit à un environnement sain.
Cette surface pouvait accueillir le PSE via des programmes agricoles, étant donné qu’elle est une zone humide, donc favorable à la fabrication des semences que nous importons un peu partout dans le monde alors que nous disposons énormément d’hectares capables de le faire. Au lieu de nous fournir des centres universitaires pour une meilleure production intellectuelle, on nous sert de la crétinisation.
Les lois et conventions que vous avez bafoué : la Loi du 26 Juillet 1952, la Loi du 2 Juillet 1976 avec son décret d'application N° 76-67 qui fit de cette partie de Pikine une zone d'utilité publique. La Convention de Rio, signée au Brésil le 05 Juin 1992, la Convention de Berne, en Suisse, du 19 Novembre 1979 et la Convention de Ramsar, en Iran, le 2 février 1971 et entrée en vigueur le 21 décembre 1975 ont fait de cette surface une zone non aedificandi. Si l’Etat se met à le faire, pourquoi pas nous ?
En Afrique on a coutume de dire que si un gouvernement se met à l’encontre de la population sur un projet, il y a forcement des non-dits financiers. Président, exigez à ce que l’on vous fasse une situation détaillée sur le montant dépensé actuellement entre les impenses, le remblai et vous verrez l’énorme gap qu’il y a sur la réalité et sur ce qui est notifié. Un projet d’une telle envergure nécessite une adhésion populaire, une étude d’impact environnemental et social fiable.
Le candidat Macky Sall nous avait inondé de promesses, aujourd’hui ce sont nos cimetières qui se sont retrouvés inondées par les premières pluies, alors qu’on est au stade de remblayage.
Aujourd’hui juridiquement, socialement, économiquement et sur le plan de la biodiversité l’arène n’est pas à sa juste place et face aux attentes de Pikine , nous nous sentons corrompus par cette édifice.
Son Excellence, mon Cher Président nous attendons toujours les cinq cent mille emplois que vous nous aviez promis. Est-ce qu’on ne devrait pas se muer en lutteur pour combler ce gap ? Excellence, dîtes nous, nous avons besoin de savoir. C’est quoi l’énième programme pour les jeunes défavorisés de la banlieue ? Aujourd’hui nous sommes bivouaqués à ce bastion électoral.
Mon conseil est que vous feriez mieux de réarmer les jeunes apéristes de la banlieue qui disposent de moyens très limités pour vraiment avoir une assise solide dans cette localité. Aujourd’hui la banlieue ne se reflète pas dans votre gouvernement et nous osons espérer qu’au prochain remaniement, le tir sera rectifié.
C’est pourquoi, Monsieur le Président de la République, je vous adresse ce cri d’alarme : l’érection de l’arène dans la zone parait dangereuse, néfaste et inopportune aux Pikinois, aux Dakarois et à la population mondiale.
Vous avez le pouvoir d’arrêter ce projet lapidaire, nous allons saisir toutes les instances nationales comme internationales pour stopper cette forfaiture.
Je vous prie de croire, Excellence Monsieur le Président de la République, à l’expression de ma très haute considération.
Jupiter Lo, Président du Mouvement Banlieue Futur






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