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Burkina Faso : Le régime militaire assoit son pouvoir

le 3 Novembre 2014 à 11:45 | Lu 434 fois

Au lendemain de la démission du président Blaise Compaoré, la situation reste confuse. Deux militaires se disputent toujours le pouvoir.


Burkina Faso : Le régime militaire assoit son pouvoir
Deux jours après la chute et la fuite du président Blaise Compaoré, l'armée burkinabé s'est imposée face à l'opposition. Dimanche 2 novembre, les soldats du lieutenant-colonel Isaac Zida, un ancien responsable d'une unité militaire d'élite, ont pris le contrôle de la radiotélévision nationale et de la place de la Nation à Ouagadougou. La foule qui s'y trouvait a été évacuée par des tirs en l'air avant que les soldats ne barricadent les lieux.
Les quelque milliers de manifestants étaient descendus dans la rue à l'appel de l'opposition pour dénoncer la prise de pouvoir de l'armée. S'il n'y a eu aucun affrontement avec les militaires, un homme est toutefois mort, victime d'une balle perdue.

Le lieutenant-colonel Zida, désigné par l'armée comme chef du régime de transition, a promis un processus « démocratique » associant toutes les composantes du pays, sans évoquer la moindre modalité. Auguste Barry, un porte-parole de l'armée, a déclaré devant la presse : « Le pouvoir ne nous intéresse pas », tout en avertissant que « tout acte de nature à remettre en cause le processus de transition sera réprimé avec vigueur et fermeté ».

UN CONTACT DIPLOMATIQUE MAINTENU AVEC LA FRANCE

Les responsables de l'opposition, qui contestent cette « confiscation » du pouvoir et même un coup d'état militaire, ont rencontré le lieutenant-colonel Zida, dimanche. Il n'y a eu aucune déclaration à la fin de la rencontre, et aucune information n'a filtré sur le contenu des discussions. Celui qui est considéré comme le chef de file d'une opposition très divisée, Zéphirin Diabré, n'a fait aucune déclaration.

Dans les rues de Ouagadougou, les manifestants, comme Ousmane, fulminent de se voir « confisquer [leur] victoire par ceux qui [leur] ont tiré dessus », mais un opposant estime que, « dans ce pays, il ne peut pas y avoir de rupture totale ».

La communauté internationale a largement condamné la prise de pouvoir par les militaires, qui ont maintenu le contact diplomatique avec les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, deux alliés de poids du Burkina, selon la télévision nationale.

La Constitution du pays prévoit qu'en cas de vacance à la tête de l'Etat, l'intérim est confié au président de l'Assemblée nationale et une élection est organisée dans un délai de 90 jours. Mais la chambre a été dissoute par l'armée au soir des violentes manifestations, jeudi, dans le cadre d'un bref état d'urgence.

Le Monde