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Burkinabè du Sénégal : Retour aux sources à l’occasion de la Pâques

Rédigé par leral .net le 14 Avril 2009 à 23:55 | Lu 497 fois

L’ambassadeur Hyppolite OUEDRAOGO entouré du président de l’UFRBS et du président de l’ASOB
Pâques 2009 à Sikatroum, à quelques encablures de Kaolack, ville principale d’une des 14 régions du Sénégal. L’Association Sénégalaise des Originaires du Burkina Faso (ASOB) célèbre par une brillante activité culturelle l’attachement à leurs origines.


Burkinabè du Sénégal : Retour aux sources à l’occasion de la Pâques
En ce jour de Pâques, l’ambassadeur du Burkina au Sénégal a fait le déplacement de Sikatroum pour communier avec cette communauté de bi-nationaux et l’inviter à perpétuer cette tradition de rencontre biannuelle. Son Excellence Hyppolite OUEDRAOGO était accompagné d’une suite (personnel de l’Ambassade, membres de l’Union Fraternelle des Ressortissants Burkinabé au Sénégal -UFRBS, délégué du Conseil Supérieur des Burkinabè de l’Extérieur…).

Aux sons de balafons, de castagnettes et de bara (bendré), une ambiance familiale faite de danses de force et d’acrobaties, de discours et d’échanges a marqué la journée culturelle et l’Assemblée générale de l’ASOB. Cette manifestation culturelle placée sous le parrainage de son Excellence Hyppolite OUEDRAOGO, a une fois de plus, révélé l’extraordinaire cohésion de ces Burkinabé natifs du Sénégal. En grande majorité, ce sont des Turka, qui durant la période coloniale jusqu’aux années 70, ont beaucoup migré au Sénégal pour la culture de l’arachide.

Au départ, déportés pour les travaux forcés dans le cadre de la politique de mise en valeur des territoires du gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française, les voltaïques (réputés main d’œuvre utile) ont investi plaines et champs. Ils ont connu des conditions de vie et de travail exécrables, notamment sur le chemin de fer Thiès-Kayes. A partir de 1946 quand le travail forcé fut supprimé et s’ouvrit une période de migrations volontaires. Des « navétanes » (migrants saisonniers, donc temporaires) se déplacent par milliers de la colonie de Haute-Volta vers le Sénégal pour des prestations diverses : saignée de rônier, culture et récolte de l’arachide…). Par an on dénombrait des vagues successives de 1500 à 2000 volontaires voltaïques fidèles à l’arachide du Sénégal.

Si beaucoup de Voltaïques (survivants) de ces deux générations sont rentrés au pays, des natifs se sont installés définitivement et beaucoup d’autres sont revenus sur leurs pas, formant un imposant noyau de peuplement burkinabè à travers le Sénégal et la Gambie. Ils ont pour la plupart pris racine de nos jours dans le bassin arachidier (Sénégal et Gambie). Et aujourd’hui, il est difficile de déterminer le nombre exact des Sénégalais et Gambiens originaires du Burkina Faso. L’ASOB tente de les mobiliser pour préserver une culture commune qu’ils partagent.

Très peu connaissent leur pays d’origine et ne cachent pas leur volonté d’y faire le pèlerinage. Connaître le Burkina Faso, retourner dans la région des Cascades pour se ressourcer et entretenir ainsi le cordon ombilical qui les lie à leur pays d’origine est un vœu partagé et exprimé. En attendant que ce rêve soit réalité, ils affirment leur fierté d’être burkinabé. Un projet de jumelage avec un village de la région des Cascade est en gestation. L’ambassadeur Hyppolite OUEDRAOGO les exhortera à aimer le Sénégal, mais de ne jamais oublier le Burkina Faso, leur origine. Tout en exaltant ce modèle d’intégration sans aspérité, il n’a pas tari d’éloges à l’endroit du peuple sénégalais et aux autorités du Sénégal pour l’hospitalité, l’accueil et la fraternité.

Denis OUEDRAOGO
Secrétaire à l’information et aux relations extérieures
Union Fraternelle des Ressortissants Burkinabè au Sénégal -UFRBS