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«C’est bon, bon, pour le moral !» - Par Madiambal Diagne

Il était comme écrit que tous les vingt ans, le Sénégal devrait siéger comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu). C’est ainsi que sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, le Sénégal avait été élu au Conseil de sécurité pour un mandat de deux ans en 1968 et 1969. Le Président Abdou Diouf gardera haut le flambeau de la diplomatie sénégalaise en faisant siéger le Sénégal une deuxième fois au Conseil de sécurité de l’Onu, pour un autre mandat de 1988 à 1989. Le Président Abdoulaye Wade s’y essayera, mais n’aura pas la chance de ses prédécesseurs. Le Sénégal est revenu en grâce aux yeux de la communauté internationale en 2015. L’élection du Sénégal la semaine dernière revêt des allures d’une consécration. De tous les pays candidats à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité, le Sénégal a obtenu le plus grand nombre de voix, à savoir 187 votes sur 191 possibles. Le Japon réalisera le deuxième score avec 184 voix sur 191 et l’Egypte 179 voix, suivie de l’Uruguay et de l’Ukraine.


Rédigé par leral.net le Mardi 20 Octobre 2015 à 10:27 | | 16 commentaire(s)|

Cette brillante élection conforte l’idée qu’en cette année 2015, le Sénégal a vécu un véritable printemps diplomatique, avec l’élection du Président Macky Sall à la présidence du Comité d’orientation du Nepad par ses pairs de l’Union africaine et à la présidence en exercice de la Cedeao. D’autres succès diplomatiques ont été enregistrés, avec l’élection de Me Sidiki Kaba à la présidence de l’Assemblée des parties à la Cour pénale internationale et celle de Mamadou Diagna Ndiaye comme membre du Comité international olympique. En effet, le travail discret du Sénégal pour raffermir ses relations avec le reste du monde, mais surtout la nouvelle bonne image d’une démocratie forte et stable, ainsi que les gages de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires publiques, ont fini par convaincre que ce pays bouge dans le bon sens et mérite d’être cité en exemple.

Qu’est-ce que le Président américain Barack Obama pourrait attendre du Sénégal ou de son Président Macky Sall pour citer ce pays en modèle qui doit inspirer en matière de bonne gouvernance, devant un parterre de têtes couronnées du monde à New York ? Qu’est-ce que la Fao, la plus grande organisation du système des Nations unies, pourrait-elle attendre du Sénégal ou de son Président Macky Sall pour lui décerner un satisfecit en matière de lutte contre la faim en marge des Assemblées générales de l’Onu ? Qu’est-ce que Mme Christine Lagarde, directrice générale du Fmi, pourrait-elle attendre du Sénégal pour parler avec autant de bienveillance de la gouvernance du Sénégal à Lima (Pérou), aux assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale, sinon que de confirmer simplement que ce pays est sur de bons rails ?

La patronne du Fmi a réitéré tous ses espoirs sur le Sénégal, notamment quant à la réussite du Plan Sénégal émergent. Qu’est-ce qui justifierait que le Sénégal arrive à décliner des offres de financement de ses projets de développement, parce que les bailleurs de fonds se bousculent ? Pour la première fois de son histoire, le Sénégal annonce un budget de plus de 3 022 milliards, avec le tiers consacré aux investissements. La Côte d’Ivoire affiche un budget de 5 000 milliards. Soit ! Mais on reconnaîtra que les économies des deux pays ne sont pas comparables, ni du point de vue de la taille de leurs populations ou des potentialités économiques.

Selon tous les critères d’évaluation sur lesquels les économistes du monde, de quelque obédience qu’ils appartiennent, apprécient les performances d’un pays, la situation économique du Sénégal révèle une nette amélioration. Pourvu que cela dure, car tout cela est «bon pour le moral», pour reprendre l’expression de Issa Sall dans les colonnes du magazine Nouvel Horizon, sans doute inspiré par le tube musical de la Compagnie créole. Notre excellent confrère se félicitait de la victoire des l’Equipe nationale de Basket-ball féminin au dernier championnat d’Afrique à Yaoundé.

Le Président Macky Sall a eu à essuyer de nombreux quolibets sur un prétendu échec de la médiation entreprise par la Cedeao au Burkina Faso suite au putsch du 17 septembre dernier. Certains médias internationaux, qui cherchaient à tirer la couverture sur leur pays, notamment les médias publics français, se sont évertués à travestir les faits. Aussi, s’étaient-ils obstinés à amplifier un lapsus du Président Béninois Yayi Boni, sans doute pour jeter le discrédit sur les efforts de la diplomatie africaine. C’est dans la même vaine que les fanfaronnades de Michel Kafando avaient été mises en boucle, alors que ces mêmes médias disposaient d’enregistrements audiovisuels qui prouvaient les mensonges de Michel Kafando quand il affirmait n’avoir pas été associé aux tractations menées à Ouagadougou par la Cedeao.

La bonne preuve que le jeu de la France et de ses médias publics n’a pas été fair-play est le black-out total sur la visite, la semaine dernière à Dakar, du Premier ministre Isaac Yacouba Zida. Pour savoir que le Premier ministre du Faso avait été voir le Président Macky Sall pour faire amende honorable et solliciter que le président de la Cedeao reprenne la main dans la crise du Burkina Faso, il ne fallait pas écouter Rfi ou regarder France 24. C’est aussi cela les jeux dans l’ombre de la diplomatie internationale. Malheureusement, il se trouve des Sénégalais n’arrivent pas à transcender leurs petites animosités pour s’honorer des succès de leur pays. Ils sont prompts à dénigrer à la face du monde tout ce qui pourrait être à l’avantage de leurs gouvernants.

Un de nos aînés explique ce mauvais trait par une haine de soi que l’on projette à travers ses dirigeants. C’est cette même logique de tout peindre en noir qui expliquerait que des voix ont eu la turpitude d’exiger la démission du gouvernement qui a vraiment le dos large pour cause du drame de la bousculade de Mina lors du pèlerinage musulman. Le Sénégal a dénombré quelque 61 victimes décédées et 4 portées disparues. Il n’existe pas un autre pays au monde parmi ceux qui ont malheureusement dénombré des victimes de ce drame, où l’on ait entendu des citoyens stigmatiser leur propre gouvernement et exiger sa démission pour des faits sur lesquels ce gouvernement n’avait aucune responsabilité. Au contraire, les critiques ont été toutes dirigées contre le royaume d’Arabie Saoudite, organisatrice exclusive du pèlerinage de la Mecque, qui a la responsabilité des sites du pèlerinage, de leur sécurité et des secours.







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