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CHOIX DES COMBATS CONTRE LAC 2 ET BALLA GAYE 2, PLAN DE CARRIERE DE GRIS BORDEAUX, L’APRES TAPHA GUEYE Momar Ndiaye «Fass» à ses grands chantiers

Des raisons des choix portés sur Balla Gaye 2 et Lac de Guiers 2 pour les derniers combats de Tapha Guèye dans l’arène, à la reconversion de ce dernier, en passant par le plan de carrière de Gris Bordeaux, les départs annoncés de l’écurie ou encore les innovations, Momar Ndiaye évoque tous les sujets. Sans détours. Encore moins de langue de bois. Le président de l’écurie Fass attaque, cogne et… espère gagner.


Rédigé par leral.net le Samedi 15 Novembre 2008 à 20:44 | | 0 commentaire(s)|

Président, pour les derniers combats de Tapha Guèye l’écurie Fass a choisi la jeune génération, qu’est-ce qui l’explique ?

Ce qui l’explique est très facile à comprendre. Moustapha Guèye, à mon avis, est l’un des lutteurs qui ont le plus donné à l’arène. Sur tous les plans, il a fait ses preuves. Il a apporté une touche à la lutte. Aujourd’hui, il fait partie des pionniers de cette discipline. Donc, à quelques mois de sa retraite, c’est très logique qu’il donne encore, comme il l’a souvent fait, la chance à certains lutteurs d’avoir l’honneur de le rencontrer durant leur carrière. Comme Tapha symbolise la dernière génération de lutteurs talentueux qui ont tout donné à l’arène, il doit permettre à cette nouvelle génération de se confronter à l’ancienne génération qui est en voie de disparition. Je parle de ses qualités de lutte libre et simple, de cogneur, d’innovateur, de lutteur imprévisible. Cette confrontation des deux générations permettra de jauger les qualités de jeunes générations. Si Tapha Guèye gagne ses combats contre ces jeunes lutteurs (Lac de Guiers 2 et Balla Gaye 2), l’arène continuera à jamais de le regretter. Et, si ces derniers parviennent à prendre le dessus sur lui, on pourra penser qu’ils sont de dignes successeurs.

N’y a-t-il pas de risque pour Tapha Guèye en affrontant Balla Gaye 2 et Lac de Guiers 2 au crépuscule de sa carrière ?

Je n’y vois aucun risque. Quels que soient leurs talents, ils ne sont pas encore au niveau de Tapha Guèye en valeur intrinsèque du lutteur. Aucun d’eux n’a encore atteint son niveau. Si l’on doit énumérer, il n’y a pas de comparaison possible. Sauf qu’il faut essayer de confronter ces deux générations. Donc, je ne vois aucun risque pour lui pour ces combats. Il a de beaux restes. Si nous acceptons de le laisser lutter contre cette jeune génération, c’est parce que nous savons qu’il a les moyens de les battre.

Sur quoi vous vous fondez pour dire que Tapha Guèye a les moyens de battre Lac de Guiers 2 et Balla Gaye 2 ?
Tapha Guèye a un don : pour se préparer physiquement, il n’a pas besoin de plus de deux mois. Depuis plusieurs années, Tapha ne donne plus à l’arène ce qu’il donnait quand il était au top. Malgré tout, il est encore là ! C’est le seul lutteur qui peut se permettre de rester sept (7) mois sans activité, de s’entraîner deux mois pour venir battre les gens qui sont tout le temps à l’entraînement. Ça, c’est un don de Dieu ! Cette fois-ci, il se prépare très bien. Sur le plan physique, Tapha Guèye tient bon. Sur le plan de la mobilité, déplacement, de la boxe, il a encore de beaux restes. On ne l’a pas laissé lutter contre ces jeunes générations sans arguments. Loin de là. Il a suffisamment d’argument pour battre ces lutteurs et même d’autres.

Il semblerait que Tapha Guèye aurait empoché 80 millions pour ces deux combats ?

Je ne n’aime pas parler de cachets. Je ne parle jamais de montant. Nous avons pris un cachet que nous jugeons raisonnable, correct. Et nous l’avons signé. Personne ne souhaite qu’on divulgue dans la presse ce qu’il gagne.

Sans être précis, pouvez-vous nous dire si les cachets sont en dessous ou en deçà de 80 millions ?

Je vais faire un petit rappel. Il y a une époque où je disais que les cachets étaient très en avance par rapport à la lutte. À l’époque, certains avaient dit que Momar était jaloux parce que ceux qui gagnaient le plus n’étaient pas de mon écurie. Mais comme je suis dans le sport, quand une chose va grandir, il faut éviter de lui mettre quelque chose qui casse. Donc, ils ont mis les charrues avant les bœufs. Les cachets étaient trop en avance par rapport à ce que le spectacle rapportait. Aujourd’hui, on est en train de rééquilibrer parce que l’arène n’a pas intérêt à voir les promoteurs mourir. Elle n’a pas intérêt non plus à voir les lutteurs mourir. Donc, il faut entretenir cette relation. Dans un champ, il faut que chaque partie laisse une parcelle à un autre. Donc, pour ces deux combats, Moustapha Guèye gagne moins de 80 millions. Mais le cachet est raisonnable.

Pour ces deux combats, qu’est-ce qui a été plus important pour l’écurie Fass, le cachet ou l’aspect sportif ?
Les deux ! Il a besoin de cachet parce que c’est une partie de son job. Il a besoin aussi de pratiquer parce que c’est sa passion. Donc, il faut allier les deux. Et nous sommes en train d’allier les deux.

À quelle date, précisément, Tapha Guèye prendra-t-il sa retraite?

D’après le règlement du Cng, ce sera cette saison. Il sera atteint par la limite d’âge. Il va lutter jusqu’à la fin de la saison.

Comment préparez-vous la reconversion de Tapha Guèye ?

Ça a été préparé depuis très longtemps. J’ai des rapports un tout petit peu particuliers avec lui. Au-delà du président de l’écurie que je suis, c’est mon petit frère. C’est un garçon très gentil, très correct qui m’écoute et qui me respecte, je me suis toujours occupé de ses affaires. Aujourd’hui, personne ne regrette ces rapports. Il a eu parfois des frustrations avec moi. Parfois, Tapha n’était pas content de moi. Quand quelqu’un a son argent quelque part et qu’il ne lui est pas possible d’en disposer comme il veut… Une fois, il m’a dit : «Je suis dans un quartier résidentiel, je peux regarder tout le monde les yeux dans les yeux. Je viens de réaliser tout ce que tu faisais pour moi». Pour moi, ça vaut plus que l’argent. Nous avons choisi de militer dans les mouvements de jeunesse. C’est une manière de contribuer à l’épanouissement de la jeunesse de ce pays. D’autres sont dans la politique, nous, nous avons choisi le sport. Où on ne gagne pas d’argent mais on participe à l’éducation de la jeunesse de ce pays. Ce que j’ai fait avec lui (Tapha Guèye), je l’ai fait avec d’autres sportifs. Dans d’autres domaines. Pour nous, aider est un sacerdoce. Un jour viendra, quand il aura fini sa carrière, nous pensons lui organiser un grand jubilé différent des autres. On le fera d’une autre manière, sur le plan international et partout. On pourra revisiter sa biographie, voir son cursus… Vous verrez que je ne suis pas le seul à lui avoir apporté mon aide. Il y a d’autres sportifs à Fass qui ont beaucoup fait pour lui et ce sera l’occasion de magnifier tout ce que ces gens-là ont fait pour ce garçon. Pour revenir à sa reconversion, on a commencé à y penser depuis très longtemps parce que rien n’est éternel dans la vie. Il faut savoir diversifier ses activités. Le moment venu, vous saurez ce qu’il va faire.

Mais déjà on parle d’un poste de directeur technique de l’écurie Fass ?

Ça, c’est la reconversion sportive. C’est très possible. Il en a le background et le vécu. Beaucoup de lutteurs de ce pays, au-delà même de Fass, imitent Moustapha Guèye, tentent des actions qu’ils n’ont jamais vues ailleurs que chez lui. Rien que pour cela, il doit être, effectivement, un bon professeur pour nos élèves.

Et l’après Moustapha Guèye, comment l’envisagez-vous à l’écurie Fass ?

On l’a préparé depuis très longtemps. Il y a Gris Bordeaux, il y a Forza, il y a Papa Sow et beaucoup d’autres lutteurs talentueux, je ne peux pas citer tout le monde. Ils sont tous là parce qu’on a déjà pensé depuis très longtemps à l’après Moustapha Guèye. Il ne sera jamais question de laisser un vide. Il va être dignement remplacé dans l’écurie.

Pensez-vous que Gris Bordeaux à l’étoffe de Tapha Guèye ?

Bien sûr ! Regardez son cursus, il n’est pas donné à n’importe qui de battre Bombardier. Gris a perdu un combat et Moustapha Guèye, qu’on magnifie aujourd’hui, en a perdu. Il s’agit maintenant de savoir revenir. Et de se mettre dans le sillage d’un bon retour. Gris Bordeaux a tout pour être un grand lutteur. Mais à Fass il n’y a pas que lui, il y a d’autres lutteurs qui peuvent remplacer Moustapha Guèye.

Remplacer Moustapha Guèye est une chose, l’égaler en est une autre… Affirmatif !

Quelles sont les chances de combat de Gris Bordeaux cette saison ?

Ça ne dépend que des promoteurs. Gris s’entraîne normalement, Zale Lô, Mbaye Diouf…s’entraînent comme tout le monde. Il n’y a pas de raison qu’ils ne luttent pas. Mais au moment où je vous parle, nous sommes plus préoccupés par sa préparation physique, psychologique, morale etc. Les sollicitations ne vont pas manquer.

L’affiche Gris Bordeaux-Tyson, dont on évoque le retour probable dans l’arène, enchante-t-elle toujours l’écurie Fass ?

La question, c’est de savoir si Tyson revient. S’il revient, je suis sûr qu’il y aura beaucoup de lutteurs qui feront tout pour le rencontrer. Lui (Tyson) aussi, c’est un symbole de la génération de lutteurs qui va bientôt disparaître. Pour tout jeune lutteur, ce serait un honneur de rencontrer Tyson. Mais la grande question est : à quand son retour ?

Quel plan de carrière avez-vous tracé pour Gris Bordeaux ?

Le plan de carrière a été faussé par sa défaite contre Balla Bèye 2. Mais le plan de carrière va être relancé.

Quels sont les objectifs de l’écurie Fass cette saison ?

En début de saison, il y a eu beaucoup de discussions, simplement parce que l’année dernière on avait une mauvaise saison. Les jeunes lutteurs avaient commencé à faire les mêmes pratiques qui nous avaient valus la mauvaise saison l’année dernière en engageant des combats à l’insu de l’encadrement technique, sans s’entraîner. On a dit stop. Tout ce que vous avez entendu comme bruit autour de l’écurie, c’était simplement parce que nous ne voulons plus que nos jeunes prennent des combats sans le consentement de l’encadrement technique. Qui doit se prononcer pour voir premièrement si l’état physique de notre lutteur est au top et, deuxièmement, les chances qu’il peut avoir par rapport à l’adversaire qu’on lui propose. Dans un cadre sportif où les gens respectent l’éthique sportive, c’est la moindre des choses. Un encadré ne peut pas se permettre de prendre certaines initiatives sans passer par son encadreur. Donc, notre objectif c’est de faire une très belle saison. Comme toutes les saisons passées à l’exception de celle de l’année dernière. Nous voulons être au top et gagner le maximum de combats. Faire gagner de l’argent à nos pratiquants. Les aider à ne pas gaspiller leurs revenus.

Autrement dit, vous avez mis de l’ordre dans vos rangs pour rebondir ?

On a mis de l’ordre. (Il insiste). Les lutteurs qui encouraient des sanctions sont venus de la manière la plus correcte présenter leurs excuses. Ils ont reconnu que nous ne sommes là que pour leur épanouissement, leur intérêt. L’écurie est à nous, si quelqu’un veut y être, il faut qu’il en respecte les règles. Tout le monde l’a compris et le linge sale a été lavé en famille.

Qu’est-ce qui différencie Fass des autres écuries ?

Ce serait manquer de modestie de vouloir le dire. Ce que je peux dire, c’est que des chefs d’écuries sont venus chez moi pour demander comment nous fonctionnons. Les autres ont vu que nous fonctionnons mieux que beaucoup d’écuries. Et certains essaient de s’inspirer de nous en essayant de savoir comment nous faisons pour que tout le monde puisse gagner quelque chose dans la lutte. Chez nous, il est hors de question que seul le lutteur gagne beaucoup et que ceux qui l’aident ne gagnent rien du tout. Fass a la chance d’avoir dans son comité directeur des gens qui ont beaucoup d’expérience, un vécu. Je suis assez bien encadré. À Fass, on fonctionne autrement, on est une famille. Il nous arrive de nous «cogner», mais ça ne déborde jamais.

On avait fait état d’une envie de Moussa Nguingue de prendre du recul…

Je vais faire une petite révélation : Moussa Nguingue fait partie des gens qui m’ont amené à Fass, mais comme encadreur après que Mbaye Guèye m’a fait aimer l’écurie. Maintenant, c’est moi qui retiens Moussa Gningue à l’écurie. Moussa n’est plus très jeune et le parcours qu’il fait pour la préparation mystique de nos lutteurs, il ne peut plus le faire comme avant. Depuis plus de 6 ans, il menace de partir. Pas parce qu’il y a quelque chose qui le dérange, non. Il ne peut plus faire ce qu’il faisait quand il avait 30 ans. À chaque fois qu’il a demandé à partir, j’ai trouvé le moyen de le retenir. Mais il partira un jour. Rien n’est éternel, mais nous lui demandons de préparer des gens qui peuvent le remplacer. Quand il partira de son poste de préparateur mystique, il restera un bon conseiller pour l’écurie.

Moi-même, je partirai de ce poste (de président) bientôt. D’autres partiront, nous sommes en train de préparer des gens qui nous remplacerons dignement. Mais cette maison sera toujours la nôtre, nous serons là.

Vous êtes alors sur le départ ?

Je veux partir, bien que beaucoup s’y opposent et, comme ce sont mes amis, je ne partirai jamais d’une certaine manière. Mais je m’apprête à quitter le poste que j’occupe parce que ce n’est plus possible de quitter l’écurie Fass.

Vous vous êtes fixé une date ?

Je vais partir de l’écurie sous peu. Je me suis fixé une date que les gens ne veulent pas. Il y a un petit travail à faire avant de partir. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre.

En quoi consiste ce travail ?

Mettre les choses sur les rails. J’avais annoncé Fass Sa, une société qu’on va mettre sur pied avant de partir. L’écurie gagnera de l’argent. Si Fass Sa existe et fait gagner de l’argent à l’écurie, personne ne pourra précipiter nos lutteurs d’une certaine manière. Ainsi, si un lutteur a un besoin, il pourra faire un emprunt jusqu’à 2 millions, ce qui lui permettra d’avoir le temps nécessaire avant de prendre un combat. Parce que quand on prend un combat d’une certaine manière, non seulement on n’a pas une bonne préparation physique mais on n’aura pas le cachet qu’on mérite.

Aujourd’hui, quelle place occupe Mbaye Guèye ?

Avec Mbaye Guèye, j’ai des rapports personnels qui n’ont jamais cessé d’évoluer dans le bon sens. Mbaye Guèye est mon grand-frère, mais il me respecte beaucoup. Rien que pour cela, je lui dois beaucoup. Il a un tempérament qui ne date pas d’aujourd’hui, mais c’est quelqu’un de bien. Nous avons besoin de lui à Fass. C’est Mbaye Guèye qui nous a fait aimer la lutte. Donc, nous lui devons du respect. Mais la lutte doit énormément à Mbaye Guèye. Si aujourd’hui un lutteur pense devoir gagner quelque chose dans l’arène, ce n’est pas l’œuvre de Moustapha Guèye ou Tyson. Ce n’est pas vrai, c’est grâce à Mbaye Guèye. Mieux, à l’époque, Mbaye Guèye rencontrait un lutteur pour lui dire : « Je gagne X montant dans ce combat, va te faire payer comme il le faut dignement ». Il a été pour la promotion des lutteurs. Pour cela, c’est l’arène qui lui doit énormément. Mbaye Guèye est à Fass pour toujours. Il est le directeur technique de l’écurie. Lorsqu’il quittera ce poste, on lui laissera le privilège de nous proposer quelqu’un d’autre. Donc il n’y a aucun problème entre Mbaye Guèye et l’écurie Fass. Il y a eu des frustrations, mais dans le milieu du sport c’est la contradiction. Il faut que les gens se contredisent, mais ce n’est pas une raison pour que chacun se barricade. Non ! Il faut essayer de se convaincre mutuellement. C’est notre directeur technique et, désormais, il est aussi manager dans l’écurie. Nous lui avons donné un plus, il continuera à nous donner plus s’il plait à Dieu.






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