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CINEMA / Entretien avec… Moussa Sène ABSA, réalisateur de Yoolé, Le Sacrifice : «Sembene m’a regardé droit dans les yeux avant de me lancer : «Tout ce que Wade te dit n’est que mensonge !»

ThiesVision.com - Projeté pour la première fois au Museum of Modern Art de New York, Yoolé, Le Sacrifice dresse un tableau sombre de la société sénégalaise en proie à l’émigration clandestine. «Il met à nu les délires d’un pharaon des temps modernes », selon les termes de son réalisateur, né en 1958 à Tableau Ferraille dans la banlieue de Dakar. Peintre, écrivain et metteur en scène, Moussa Sène ABSA (MSA) a enseigné à l’Université West Indies (La Barbade) et à l’école du cinéma de San Antonio à Cuba.


Rédigé par leral.net le Lundi 2 Décembre 2013 à 15:16 | | 2 commentaire(s)|

CINEMA / Entretien avec… Moussa Sène ABSA, réalisateur de Yoolé, Le Sacrifice : «Sembene m’a regardé droit dans les yeux avant de me lancer : «Tout ce que Wade te dit n’est que mensonge !»
Dans cet entretien accordé à Momar Mbaye et réalisé en 2012, Moussa Sène Absa aborde les enjeux et défis du cinéma africain. Il parle de son enfance, de ses relations avec Sembene, et des thèmes abordés dans son film Yoolé, sacré Meilleur documentaire de l’édition spéciale du Festival de cinéma Image et Vie, en janvier 2012.
ThiesVision.com vous propose l’intégralité de cet entretien.

Qui est Moussa Sène ABSA ? Présentez-vous aux lecteurs.

MSA : Je suis un griot des temps modernes. Né d’une famille modeste de Tableau Ferraille, j’ai toujours aimé raconter des histoires. Enfant déjà, je faisais des ombres chinoises dans la cuisine familiale. Il m’arrivait parfois de gagner quelques centimes pour aller voir un film cow boy ou hindou. Je suis père de 7 enfants, marié et déjà grand-père.

Vos premiers pas dans le septième art : comment Moussa Sène ABSA a-t-il atterri dans le monde du cinéma ?

MSA : Mes premiers pas dans le cinéma remontent à mon adolescence quand, avec mes ombres chinoises je racontais les histoires de cow boys et de bandits. Mon premier film sur pellicule, à 1987 quand, à Paris, j’ai fait mon premier court-métrage « Le prix du mensonge », primé à Carthage en 1988. Ce film de 18 minutes m’a ouvert les portes du monde. Par sa qualité et son esthétique moderne, il plonge déjà dans les racines de l’immigration : deux frères vivant à Paris de deux manières fort différentes. Finalité ou moyen de réussite ?

Qu’est-ce qui justifie votre intérêt pour le film documentaire ?

MSA : Le documentaire permet de faire de la poésie avec notre vie quotidienne et du drame avec nos problèmes. C’est ce côté réaliste qui me fascine dans le documentaire. Il permet surtout de témoigner. Et l’Afrique a grandement besoin de témoins. De la part de ses fils et filles. L’Afrique a besoin de raconter elle-même son histoire. Avec ses peines et ses joies. Ses rêves et ses cauchemars. Par mon travail documentaire je raconte l’histoire du point de vue du lion et non du chasseur. Depuis fort longtemps, l’Afrique s’est laissé raconter par l’occupant de jadis.
Je prends ma caméra pour donner ma voix et celle des miens. Et à chaque fois que je montre un documentaire, c’est comme un pan de moi-même et des miens que je déroule à l’écran. Je montre ma réalité et mon approche. L’Afrique est le continent du verbe. Donc de l’avenir. Un continent rempli de richesses. Des peuples si divers et si fascinants que je comprends les autres de Discovery Channel ! Mais l’Afrique n’est pas seulement le continent de la misère et des problèmes : c’est aussi celui de la poésie et de la beauté.

Qu’est-ce qui selon vous constituent aujourd’hui les freins au développement du cinéma en Afrique ? Quels remèdes proposez-vous ?

MSA : Le cinéma africain est en pleine expansion. Le Nigeria et l’Afrique du Sud inondent le monde. Seulement son développement est freiné par la passivité des pouvoirs publics et le protectionnisme de fait des diffuseurs. Il est plus facile de voir un film américain ou européen qu’un film africain en Afrique ! Ouvrez la télévision sénégalaise et vous vous rendrez compte que nous ne diffusons pas nos propres images. Nous ouvrons la porte de notre maison si grande pour les autres que nous ne savons plus ce qui se passe réellement chez nous. Cette invasion de l’Autre finit par s’imposer comme une normalité. Et les jeunes s’habillent comme les Américains et écoutent leur musique au détriment des nôtres. Les images de l’Occident ont fini par coloniser nos écrans donc notre façon de voir le monde. Dis-moi ce que tu regardes, je te dirais qui tu es !

Le manque de vision est la cause principale des problèmes du cinéma. Si l’Amérique, l’Inde, le Brésil, le Mexique et la Chine tirent leur épingle du jeu, je ne vois pas pourquoi mon film ne pourrait pas gagner des parts de marché sur mon continent. Tableau Ferraille ou Madame Brouette ont été dans les mêmes sections de compétition que les films de Scorcese ou de Spike Lee !

Je n’ai aucun complexe par rapport à eux et on se connaît. Il nous arrive de discuter du cinéma et ils s’étonnent tous que nous laissons cet énorme marché nous échapper ! En dehors de son rôle social, le cinéma est une industrie. Mais l’espoir est permis. Car les Africains commencent à se rendre compte que si tu n’as pas ta culture forte, tu auras celle des autres. Il faudra nous ériger en bouclier contre la bêtise et proposer des films de qualité à notre public. L’Africain aime son cinéma.

Des attentes de la part des nouvelles autorités ?

MSA : Au Sénégal, les nouvelles autorités ont initié une démarche intéressante. Et je crois beaucoup en Youssou Ndour (entretien réalisé après la formation du premier gouvernement avec la nomination de Youssou Ndour au ministère de la Culture et du Tourisme : ndlr) qui peut booster le cinéma sénégalais et le ramener à sa vocation de précurseur. Nous avons fait Sembène et Djibril Diop Mambéty qui sont les deux grandes références du cinéma africain.

Qui sont les principaux destinataires de vos œuvres cinématographiques ?

MSA : Mes films s’adressent au monde. Je cherche à montrer le visage de mon continent à travers le monde afin que les clichés et préjugés soient balayés. Mais aussi pour dire à mon peuple combien je l’aime et à quel point je suis prêt à le servir. Qui aime bien, châtie bien. Je parle de notre beauté mais aussi de nos travers.

Yoole, Le Sacrifice ouvre sur un discours d’Abdoulaye Wade à la jeunesse. Vous semblez en vouloir beaucoup à l’ancien président sénégalais qui pourtant incarnait l’espoir de tout un pays. Pourquoi tant de sévérité à son endroit ?

MSA : Le dépit amoureux est souvent violent. En 2000, Abdoulaye Wade avait la possibilité de changer le Sénégal dans le bon sens. Il avait toutes les cartes en main. Il suffisait qu’il dise aux jeunes de faire l’autosuffisance alimentaire, et nous nous serons aujourd’hui exportateurs de riz !

Au contraire, il a voulu se venger du Sénégalais qui l’a laissé poireauter si longtemps avant de le faire goûter aux délices du pouvoir. Abdoulaye Wade est un cas de psychanalyse. Voilà quelqu’un à qui son peuple a tout donné mais qui, au fond, nourrit un profond mépris à son égard. Il s’était entouré de courtisans qui flattaient son égo et de sa famille devenue omnipotente.

Wade ne doit pas supporter le succès d’un Bara Tall ! Ni le talent d’un Youssou Ndour ! Pour lui, ses enfants sont meilleurs que tous autres millions de Sénégalais. Je ne suis pas sévère contre l’homme Wade mais contre son système avilissant, corrupteur et corrompu. La preuve ? Les mille scandales de son régime nous démontrent chaque jour la rapacité de l’Alternance. C’est pourquoi j’ai financé ce film moi-même pour lui porter la réplique au nom des miens. Je trouvais qu’il était en train de couvrir de honte d’honnêtes citoyens. Je ne pouvais le tolérer car je n’aime pas l’injustice. Alors j’ai payé un avocat pour laver cet affront : c’est Yoolé, Le Sacrifice. Au nom de tous les Sénégalais sacrifiés sous l’autel de l’arrogance et du mépris.

Comment « Yoole » est-il reçu par le public ? Quelles ont été les réactions ?

MSA : Yoolé a été montré pour la première fois au Museum of Modern Art de New York. Au sortir de la projection, une grande autorité américaine m’a regardé droit dans les yeux pour me dire : » He is a monster ! » (Ce Wade est un monstre ! ndlr). Ce film montre comment un peuple noble et fier s’est laissé berner par un vieillard entourée de sa famille française. Il met à nu les délires d’un pharaon des temps modernes, doublé d’un Al Capone. J’ai envoyé une copie du film à tous les décideurs de la planète pour leur montrer le vrai visage de cet homme qui nous gouvernait. Voilà un homme qui pouvait sortir par la grande porte mais qui a tout raté pour combler son égo démesuré. Un vrai personnage de cinéma !

Toujours dans le même film vous parlez de « Barça ou Barsakh » et donnez la parole à ces jeunes désœuvrés en proie à l’émigration clandestine. A quel niveau situez-vous les responsabilités des uns et des autres dans ce drame qui continue de coûter à l’Afrique ses enfants?

La responsabilité est à deux niveaux : sociétal et politique. D’abord c’est dans la famille et l’inconscient collectif que réside ce désir de l’Ailleurs. Comme si pour réussir, il faut émigrer. L’Occident, grâce à ses médias et ses réseaux, a réussi à culpabiliser l’Africain dans un mépris cynique. La race supérieure qui a tous les droits et la race inférieure jadis esclavagisée puis colonisée. Dans l’Inconscient collectif de l’Africain, l’Européen est plus fort puisque plus « développé ». Il suffit qu’un Ministre ait un mal de tête pour aller se faire soigner à Paris ! L’échec des programmes de développement, lié à la gabegie et la corruption, a fini par décourager beaucoup de jeunes pour qui l’Afrique n’a pas d’avenir. Les hommes politiques ont été un désastre pour le demi-siècle d’Indépendance ! Tous ceux qui ont rêvé de sauver leur mère-patrie ont été sauvagement assassinés : Patrice Lumumba, Thomas Sankara. Comme si pour garder la vie sauve, il fallait se soumettre ! Beaucoup se sont soumis, livrant leurs richesses à Paris, pieds et mains liés. Un pillage systématique des ressources est organisé avec une nouvelle bourgeoisie compradore qui bâtit des immeubles, roule en 8X8 et pille les deniers de l’Etat. Au vu et au su de tout le monde.

L’Alternance a détruit plusieurs fondamentaux de notre société. La Grande Royale de Cheik Hamidou Kane retournerait sous sa tombe en voyant ce qu’est devenue la femme sénégalaise si khessalisée ! Wade a détruit le Jom, la Kersa, le Ngor… Il a réussi à mettre un prix sur des valeurs.
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Le thème du retour au pays est évoqué dans le film. Quelles solutions préconisez-vous justement pour retenir les jeunes Africains dans leurs pays respectifs?

MSA : La jeunesse est, par définition, impatiente. C’est l’âge où on fait des projections sur l’avenir. L’âge où on tombe amoureux et voudrait une vie heureuse. Seulement, les jeunes ont vu de minables politiciens qui, comme dans un « tong tong », se partagent la bête. Les ressources sont pillées sans vergogne. La terre est spoliée. L’arrogance est de rigueur. Le pauvre plouc qui jadis se bousculait dans un Ndiaga Ndiaye, conduit des bolides… Les jeunes ont vu tout ça. Et c’est par un geste suicidaire et noble qu’ils vont s’immoler de la mer. Leur pays ne leur offre plus rien. Pour fuir l’humiliation, ils ont tenté la mer au prix de leur vie. Ce sont des anges pour moi !

Pour les retenir, il faut une véritable politique de développement qui prenne en charge leur rêve de servir ! Il faut aussi les former à des métiers liés à la terre ! L’autosuffisance alimentaire est une urgence pour ce pays qui en a les moyens. Il suffit d’une vision. Tous les pays qui se sont développés ont travaillé sur deux axes : l’éducation et la Culture ! Il faut que les jeunes sachent qui ils sont, d’où ils viennent et où ils vont. La Culture est l’épine dorsale du développement. C’est ce qui fait tenir l’individu !

« Yoole », un hommage à la mère, à votre mère ou aux victimes de la MER

MSA : C’est un hommage aux deux. Aux mères qui ont perdu leurs enfants, à la mienne forcément mais surtout à tous ces anges partis s’ensevelir de la MER. !

Vous portez la Barbade dans votre cœur. Quelle en est la raison et à quand remonte votre premier séjour dans ce territoire. Que lui trouvez-vous de particulier ?

MSA : La Barbade est une île de rêve. Les Bajan disent que c’est le Paradis que les Dieux leur ont offert ! Barbados is beautiful, est leur slogan. Et c’est vrai. Et tout le monde cherche à rendre cette île belle, accueillante. Les Bajan sont d’une politesse extraordinaire. Le Service est une arme chez eux. Le client est roi. La propreté est de rigueur, le sourire en prime. J’y ai vécu presque 4 ans dont deux avec mon fils de 4 ans, Fallou. Mon séjour à la Barbade a été une expérience inoubliable dans un pays de démocratie et de développement (…)
J’enseignais à l’Université West Indies à la Barbade et à l’école du cinéma de San Antonio à Cuba. En vivant dans les Caraïbes, j’ai compris aussi les ravages de l’esclavage. Les Africains ne connaissent pas ce pan de notre histoire. D’autres Africains ont été vendus comme des esclaves dans les plantations. En visitant les musées, je me suis rendu compte de l’atrocité de cette période de notre histoire. Et tant qu’il n’y aura pas réparation, comme pour les juifs, l’Africain traînera toujours les séquelles de cette plaie ! L’esclave a été un crime odieux.

Entre Moussa Sène Absa et Popenguine, une histoire d’amour ?

MSA : On peut le dire. J’y suis arrivé il y’a presque trente ans ! Ce jour-là, j’ai vu une image sublime : devant la mosquée, un prêtre qui s’esclaffe avec imam ! L’Eglise Notre Dame de la Délivrance est à deux pas de là. Cette image m’est longtemps restée et j’ai décidé de poser mes baluchons à Thioupaam, refuge de Mame Kumba Thioupaam, la déesse à la torche qui éclaire les pas de l’étranger.

Votre meilleur souvenir avec Sembène ?

MSA : On venait de sortir du bureau de Wade qui avait demandé de nous recevoir en audience. Au sortir du bureau, il (Sembene) se propose de me ramener en voiture. En cours de chemin, il me demande : « Alors ? Tu crois en ce qu’il nous a dit ? »
Et moi, tout enthousiaste, me lançais dans des projets euphoriques.
Il se retourne vers moi et me regarde droit dans les yeux avant de me lancer :
« Tout ce qu’il te dit n’est que mensonge ! »

Ce fut la dernière fois que je voyais Sembene. Il m’a appris à ne jamais baisser les bras et à être toujours du côté de mon peuple. Quel qu’en soit le prix.

Un projet qui vous tient à cœur ?

MSA : Je travaille depuis plus de 15 ans sur le Battling SIKI ! J’espère le faire vivement car c’est important que son histoire soit racontée à l’Afrique et au monde. C’était un jeune homme qui ne supportait pas l’injustice et en est mort à 28 ans ! C’est un projet central dans ma filmographie. Je ne vois pas pourquoi je ne ferai pas un film de 5 millions de dollars quand les autres mettent 10 voire plus dans les films de mes collègues américains ou européens. Il faut que l’Afrique ait de l’ambition. Je suis sûr qu’avec ce film, même le box office américain est ouvert ! C’est mon ambition et j’y travaille chaque jour.

Qu’est-ce que le cinéma a changé dans votre vie ?

MSA : Le cinéma a changé ma vie tout court. Il m’a permis de raconter les histoires qui me tiennent à cœur. Il m’a ouvert les portes du monde que j’ai parcouru de long en large avec en bandoulière des films de qualité. Le cinéma m’a surtout appris à m’intéresser à l’humain et au monde. J’ai rencontré des hommes et des femmes fantastiques que je n’aurais jamais rencontrés. Enfant, j’avais vu plus de 20 fois le film hindou Abinetri avec Emma Malini. Plus de trente ans plus tard, je la vois au Festival de Goa en Inde où j’étais membre du Jury, je lui raconte combien j’étais amoureux d’elle et je dîne avec elle ! Toujours plus belle, les cheveux tout blancs !

Comment remplissez-vous vos journées ?

Actuellement, je me consacre à la formation des jeunes cinéastes ! C’est une urgence. Il faut que les jeunes sachent raconter leurs histoires. Et ce n’est pas une question d’outils techniques mais de formes narratives. Je travaille beaucoup sur ce projet en espérant pouvoir le concrétiser et produire une dizaines de courts métrages de grande facture. J’ai déjà produit un pilote et je cherche à réaliser les autres. En attendant de faire SIKI.

Propos recueillis par Momar Mbaye
momar.dna@gmail.com


Filmographie de Moussa Sène ABSA : Yoolé,( lm)2010 ; Teranga Blues, (lm), 2006 ; Ngoyaan… et autres chants de séduction (mm), 2004 ; Madame Brouette (lm) 2002 ; Ainsi meurent les anges, mm, 2001 ; Blues pour une diva, 1999 ; Jëf-Jël, 1988 ; Mambeti Blues, cm, 1997 ; Tableau Ferraille, lm, 1995 ; Molaan, cm, 1994 ; Yalla Yaana, (mm) 1994 ; Prix du mensonge (Le), 1988, entre autres.



source: ThiesVision.com



1.Posté par babs le 02/12/2013 18:20 | Alerter
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moussa sene absa wade dou sa moromou baye

2.Posté par link''''s le 03/12/2013 08:50 | Alerter
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certains artistes se croient maître du monde , ils se permettent de dire toutes sortes de sottises qui leur passent dans la cervelle alors qu'ils ne sont que des quémandeurs aux yeux des occidentaux qui les manipulent en leur faisant dire des choses ignobles qui sortent de la tradition sénégalaise basée essentiellement sur le respect envers soi-même mais aussi envers les anciens et les institutions WADE ETAIT UN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TE MO MAK SA BAYE espèce de drogué ce pas toi qui va salir WADE aux yeux des toubab qui te nourrissent normal que tu soit leur voix vas te laver descends sur terre et cesse de rêver IMBECILE

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