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CONCOURS DE BEAUTÉ: Qu’est ce qui fait tant courir les Sénégalaises ?

Gloire, prestige, fibre humanitaire... Autant de motivations qui entourent l’organisation des concours de beauté au Sénégal qui se comptent à la pelle. Sous l’appellation générique de Miss, ces événements suscitent l’attrait et l’intérêt grandissant de la gent féminine. Pour en savoir un peu plus, notre reporter a mené cette enquête dans l’univers des reines de beauté.


Rédigé par leral.net le Samedi 8 Novembre 2008 à 12:54 | | 0 commentaire(s)|

CONCOURS DE BEAUTÉ: Qu’est ce qui fait tant courir les Sénégalaises ?
Lutter contre l’émigration clandestine. Tel est le filon exploré par Diana Seck, élue Miss Diaspora 2007. Sur le conseil de quelques amis elle s’est présentée tout en étant convaincue de l’idéal véhiculé autour de la question de l’émigration clandestine. « J’ai toujours été sensible au sort des émigrés africains et afro antillais, qu’ils soient en situation régulière ou dans la clandestinité », explique Diana Seck. Une motivation qui trouve sa source dans le fait que « leur intégration qui n’est pas toujours facile », plaide-t-elle. En guise de tribune, elle est restée en contact avec des associations qui interviennent sur la question de l’immigration. Initiée par Narcisse Agossa et Anna Faye Becker, l’élection Miss Diaspora s’est donnée comme credo, « d’amener la Miss à s’investir aux côtés des émigrés en situation difficile pour leur apporter un peu de réconfort », a expliqué le promoteur.

La finalité étant de mettre Diana Seck dans les habits d’une bénévole pour ses compatriotes africains, victimes de l’émigration. En d’autres termes, « elle sera une ambassadrice pour des actions humanitaires destinées aux immigrés sénégalais » estime Narcisse Agossa. Cette option s’était fait ressentir dans la rubrique Culture générale lors de l’élection où les différentes candidates ont répondu à des questions portant sur leur perception de l’émigration clandestine.

un registre mondain

Sur un registre beaucoup plus mondain, l’édition 2007 de « Elite Model Tour Look » a consacré la beauté d’Aminata Diop, 18 ans, élève en première littéraire.

Elle a représenté le Sénégal lors de la vingt-cinquième édition de la finale internationale de « Elite Model Look », qui s’est déroulée en Chine le 1er novembre. « Je sais à peu près ce qui m’attend en Chine et j’ai effectivement l’ambition de gagner le trophée Miss Elite Model Look international pour le compte du Sénégal », avait confié la gagnante, à nos confrères du journal Le Quotidien, juste après son élection.

Ne faisant pas mystère de ses ambitions, elle déclarait : « Si j’ai pu gagner la phase nationale, après une sélection de plus de 300 personnes, c’est parce que j’ai du feeling, du punch et de la fraîcheur. Je sais m’exprimer et vendre mes atouts en tant que Top Model. »

Nantie d’une belle plastique, Aminata Diop ambitionne d’évoluer également dans le domaine du cinéma comme actrice. Après son sacre à Dakar, elle a remporté plusieurs lots de récompense dont un contrat avec Maiht Production, Elite Model Look Sénégal, organisateur du Concours Elite au Sénégal. Interrogée sur les motivations qui entourent cette organisation, Sokhna Thiam, initiatrice de l’événement, soutient : « Elite Model Look qui couvre tout le Sénégal ambitionne de découvrir les mannequins de demain. Ce concours international représente une opportunité unique pour les Sénégalaises d’être directement remarquées par les plus grands professionnels de la mode qui les accompagneront et les guideront tout au long de leur carrière ». De ce fait, « Notre souhait est que, les filles qui n’ont pas pu gagner ce concours puissent être repérées par les professionnels de la mode qui vont les employer après dans le cadre de leurs activités professionnelles, notamment dans la mode », a remarqué Mme Thiam. Autre concours, autre motivation, Miss Chocolate Tour 2008 dont la finale internationale est prévue le 15 novembre prochain à Paris. Le Sénégal sera représenté par Aminata Sow, Reine Marie Mendes et Ndèye Binta Fall.

Le Chocolate Model Tour est un concours de mode et de beauté internationale, parrainé par le magazine américain Chocolate. Par ce biais, cette publication entend prouver que la beauté de la femme « chocolat » existe et qu’elle peut séduire tout le monde. Ainsi, chaque année, une femme est propulsée dans l’univers de la mode et de la beauté pour être ambassadrice de nombreuses marques internationales. Le but visé, redonner aux femmes noires toutes leurs vertus, leur beauté.

Les gagnantes de ce Miss Chocolate Model Tour 2008 à Paris figureront d’ailleurs sur la couverture du magazine du même nom, Miss Chocolate, et publié aux Etats-Unis. Elles poseront également pour des agences de renom.

Les lauréates gagneront près 32 millions de francs CFA, avec en plus un appartement mis à leur disposition pendant une année. Le concept de Miss chocolate est un rendez-vous exceptionnel pour les jeunes femmes « couleur chocolat », une chance aussi pour celles d’entre elles qui rêvent de briller un jour dans l’univers de la mode et de la beauté. Idem pour celles se voient plus tard ambassadrices de nombreuses marques internationales.

Concours diongoma

Interrogée sur ses motivations, Ndèye Palla Seck, promotrice de l’événement affirme : « J’éprouve une satisfaction personnelle. Mais quand je vois mes consœurs du Cameroun, de la Côte d’ivoire, du Mali qui ont réalisé leurs soirées avec de gros sponsors, alors je fais figure de parent pauvre dans cet événementiel que j’ai financé sur fond propre ».

Parti du constat selon lequel les Miss Sénégal ne rendaient pas compte de l’image de la vraie femme sénégalaise, le président du comité national d’organisation de Miss Sénégal, Moïse Ambroise Gomis, décide de lancer en 1992, le premier concours diongoma. " Au début, il s’agissait d’un défilé de mode où les femmes devaient également rivaliser par leur démarche. J’ai été surpris du succès ", commente-t-il. L’événement est devenu une véritable institution. Pas moins de 40 diongomas se pressaient aux portes du concours.

Parallèlement à l’élection des Miss, le Sénégal élisait chaque année sa diongoma nationale.

A l’instar de Miss Sénégal, elles disposaient de leur propre concours national de beauté. Une chute de rein et des rondeurs généreuses, élégante, gracieuse, bonne maîtresse de maison. Tel est le cahier de charge auquel les candidates devaient s’astreindre. « La diongoma représente la femme noire. De bonnes formes, une belle élégance dans ses habits traditionnels, une démarche gracieuse, elle doit aussi être une bonne maîtresse de maison », explique Khadija, 37 ans. « Oui il faut qu’elle ait une taille fine et de grosses fesses », observe Ramatoulaye, 32 ans, qui se voie déjà dans la peau d’une petite « diongoma ». Autre tonalité, autre point de vue. « Je trouve que ces concours de beauté sont trop exhibitionnistes et quel qu’en soit la motivation, tempère El Hadji Diop, 42 ans. A mon sens, cela participe à la dévalorisation de l’image même de la femme ». Toujours est-il que les postures et les critères d’appréciation de la beauté de la femme demeurent subjectives et relatives.

Source: Le Soleil







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