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CONTRIBUTION : M. Le Président de la République , S’il vous plait, interdisez le découpage du drapeau du Sénégal !

Il y a quelques temps, j’ai publié une contribution qui avait pour titre « Le drapeau du Sénégal banalisé ! Je proteste ! » Dans cette intervention je m’insurgeais contre les mauvais traitements faits au drapeau du Sénégal et au manque de respect notoire dont ce symbole est victime dans la vie courante, tout cela dans l’indifférence surprenante de mes compatriotes, mais aussi et surtout des gardiens des lois et règlements de la République.


Rédigé par leral.net le Mardi 19 Octobre 2010 à 21:30 | | 0 commentaire(s)|

CONTRIBUTION : M. Le Président de la République , S’il vous plait, interdisez le découpage du drapeau du Sénégal !
Dans le texte en question, je protestais vigoureusement contre le découpage du drapeau du Sénégal par l’honorable Président Obasanjo lors de l’inauguration du Monument de la Renaissance africaine. Au lendemain de la publication de ce texte, un individu que j’ai essayé d’identifier et de joindre pour lui donner des éclairages, a cru devoir me répondre par des attaques personnelles et autres inepties qui ne correspondaient ni à l’esprit ni à la lettre de mes propos. À l’issue de mes multiples tentatives, j’ai constaté avec regret qu’il s’agissait d’un fantôme qui s’était « courageusement » caché derrière un faux nom, un faux titre et une fausse adresse e-mail pour envoyer sa réplique dans la presse. J’ai donc fini par le gratifier de mon mépris tout en rappelant à ceux qui avaient lu sa réaction que je fais partie de ceux qui admirent et respectent l’honorable Président et Général Olusegun Aremu Okikiola Matthew Obasanjo. J’avais juste protesté contre un geste, mais pas contre une personnalité qui a toujours bénéficié de mon estime et de ma très haute considération. Et cela, un probable déficient intellectuel doublé d’un lâche ne peut pas le comprendre aisément.
Si aujourd’hui, je crois devoir revenir sur le sujet c’est que le mal est toujours là, présent et coriace, sans qu’aucune autorité en charge de veiller au civisme et au bon comportement citoyen, ne semble réagir à mon appel en faveur du drapeau du Sénégal qui continue d’être sali, déchiré, sous-estimé, banalisé et violé par des citoyens parfois ignorants, parfois négligents, parfois indisciplinés.
Il y a quelques jours en suivant le programme d’une célèbre télévision africaine, j’ai vu Son Excellence le Président Amadou Toumani Touré du Mali, couper un ruban rose symbolisant l’amour, la fidélité et la pureté, avec un magnifique nœud et une très belle fleur artificielle, à l’occasion de l’inauguration d’une infrastructure sportive ! J’ai alors fortement applaudi le Président ATT en pensant intensément à la suggestion que j’avais faite aux autorités de mon pays, celle-là qui consisterait à ne plus couper un ruban aux couleurs de notre drapeau national, à l’occasion des inaugurations. Symbole pour symbole, on pourrait simplement se limiter à couper un ruban en papier ou en tissu de n’importe quelle couleur. D’autant plus que chaque couleur véhicule un message. Le blanc est signe de pureté, de vertu et de paix. Le rouge signifie optimisme, triomphe et combativité. Le jaune représente la jeunesse,

l’audace et la lumière. Le vert est la couleur de l’espérance, de l’Islam, du renouveau et de la charité. Le rose rappelle l’amour, la fidélité et la pureté. En découpant des rubans de ces différentes couleurs, le résultat serait sûrement le même et notre emblème national n’en souffrirait plus. En plus, cela montrerait à ceux qui observent qu’on ne peut guère vouloir quelque chose et son contraire. On ne peut pas aimer et respecter l’emblème de son pays tout en le charcutant avec plaisir et en le piétinant lors des inaugurations et autres mouvements de foule!
Étant de la première génération qui a chanté l’hymne de la Fédération du Mali à l’école élémentaire, c’est pour moi une belle occasion de rappeler les leçons d’instruction civique enseignées à l’école de Sénéfobougou (devenue Insa Coulibaly). M. Abdoulaye Thiam le maitre de la classe nous a toujours appris qu’un drapeau qu’il soit sous forme de fanion, d’étendard, de pavillon, d’oriflamme ou sous sa forme classique, est une pièce d’étoffe attachée à une hampe. Il symbolise la personnalité juridique collective d'un groupe ou d'une communauté. Il représente un État, une nation, une région, une province, une ville, une compagnie commerciale ou un régiment. Il permet, grâce à ses couleurs et à son emblème de se singulariser dans le cadre de rassemblements pacifiques ou guerriers. Sa destruction ou sa prise pure et simple signifie la dissolution ou la capture de la personnalité juridique qu'il représente. Il faut donc le respecter. C’est un devoir civique qui pèse sur tous les citoyens du Monde.
Dans les écoles du soldat et autres centres de formation militaire, il est enseigné les différents protocoles requis pour le drapeau. Ainsi, il est mal vu de laisser un drapeau flotter la nuit à moins qu’il ne soit équipé d’un éclairage adéquat. Il n’est pas non plus approprié de laisser flotter un drapeau lorsque les conditions météorologiques ne sont pas favorables. Enfin, il est universellement condamné, par la loi ou du moins par la morale et la fierté d’appartenance ou de représentation à une nation ou une organisation, de laisser flotter un drapeau dégradé, décoloré, en lambeaux, sale ou qui s’est enroulé autour de son mât. Par volonté de respect pour celui-ci, le drapeau ne doit jamais toucher le sol. Il est d’usage de saluer le drapeau lorsqu’on le hisse sur son mât et lors de sa descente. Le pliage, le transport et la garde du drapeau obéissent à un cérémonial immuable. Le cercueil des dignitaires de la République ainsi que celui de soldats morts en service commandé ou à l’étranger sont recouverts du drapeau national lors de leur rapatriement et de leurs obsèques.
Pour terminer, je voudrais que mes amis islamologues ou autres frères en Islam me comprennent bien. Je ne lance pas un appel pour la vénération d’un objet car, tout comme eux, je sais que seul Dieu le Maître des cieux et de la Terre mérite d’être vénéré. Je ne commets aucun shirk (péché d’association) mais j’appelle simplement mes compatriotes au respect du symbole majeur qui partout dans le Monde, représente ce pays qui nous est si cher et qui a pour devise « Un Peuple – Un But – Une Foi ».



C’est pour les raisons essentielles que voilà, que je voudrais m’adresser très respectueusement à Monsieur le Président de la République, pour lui dire : S’il vous plait Monsieur le Président, continuez d’inaugurer, mais après avoir donné l’exemple, interdisez le découpage du drapeau de notre pays lors des inaugurations. Ce symbole ne doit plus être charcuté, par respect pour ces milliers de soldats qui sont morts en service commandé au Sénégal et ailleurs pour défendre son honneur, sa valeur et son intégrité au nom de la Patrie !
Que Dieu le Tout-Puissant protège le Sénégal et tous ceux qui comme moi, l’aiment avec fureur !

Moumar GUEYE
Écrivain
Grand Officier de l’Ordre du Mérite
E-mail : moumar@orange.sn
Colonel Moumar Guèye


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