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COTE D’IVOIRE : Ouattara n’a pas l’armée qu’il souhaite

le 19 Juillet 2012 à 16:40 | Lu 721 fois

Des ex-rebelles indomptables aux chasseurs traditionnels (Dozos) en passant par des militaires de carrière, le président ADO, par ailleurs ministre de la Défense de Côte d’Ivoire, peine à gagner le pari d’une armée nationale réunifiée. Parce qu’elle demeure à ce jour très hétéroclite.


COTE D’IVOIRE : Ouattara n’a pas l’armée qu’il souhaite
Lorsque Guillaume Soro a rendu sa démission de la Primature, le président Alassane Ouattara avait pris le portefeuille du ministère de la Défense. Le but visé était de réunifier l’armée divisée depuis des années du fait d’une crise qui a duré au moins dix ans. Mais plus d’un an après son arrivé aux affaires, le président ivoirien peine à avoir une armée unifiée et digne du nom. Il a affaire à une armée hétéroclite composée d’ex-rebelles dont le parrain est Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale, ancien Premier ministre de consensus sous Gbagbo puis Premier ministre au début du quinquennat d’Alassane Ouattara.

«La sécurisation du pays repose laborieusement sur 3000 à 4000 hommes des ex-Forces nouvelles (FN) essentiellement venus du Nord et gravitant autour des anciens chefs militaires de la rébellion» renseigne La Lettre du Continent (N°639 du 12 juillet 2012). La même source soutient que près de 40 000 chasseurs traditionnels «dozo» du Nord qui ont troqué leurs fusils traditionnels contre les armes les plus sophistiquées, sécurisent, pour la plupart, les villes du sud du pays.

Issus des ex-Forces de défense (FDS), près de 50 000 hommes composants les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, sont confinés dans le rôle de subalternes. Crise de confiance oblige. Suspectés d’être toujours favorables au président Laurent Gbagbo incarcérés à la Haye, certains de ces soldats se sont vus retirer leurs armes, selon La Lettre du Continent. Par ailleurs, plusieurs unités d’élite : le Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos), les Fusiliers marin commandos (Fumacos), ou le Groupe d’escadron blindé (GEB), ont été démantelés. En conséquence la réforme du système de sécurité et de l’armée assistés par des experts des Nations Unis et les Etats-Unis stagne. Tant il est vrai que comme sous le régime Gbagbo, plusieurs unités de militaires autonomes de l’armée ont été créées et suppléent les défaillances des forces militaires.



FREDERIC ATAYODI