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Caillassage du cortège du Président: Mimi Touré jette des pierres à la classe politique et aux médias…

Après s’être indignée dans un premier temps contre les jets de pierres sur le cortège présidentiel, l’ancienne Première ministre, Aminata Touré, a remis ça sur Facebook, pour caillasser l’irresponsabilité des politiques et des médias.


Rédigé par leral.net le Jeudi 6 Août 2015 à 23:17 | | 12 commentaire(s)|

CONSTAT. L’on prête à 7 garçons impétueux de l’université de Dakar, le geste le plus écervelé de l’année 2015 : caillasser le cortège présidentiel. Jusque-là, on assiste à un concert d’indignations, une vague de soutiens des thuriféraires et parfois contempteurs du régime. Mais tous ou presque, sont trahis par un trop plein d’émotion qui giclent des propos. Du ton et aussi du discours. L’on a l’impression que tous ceux qui louent le courage du Président ont des yeux de Chimène et ils tombent pieds joints dans le piège de vouloir faire ravaler aux étudiants leurs pierres. Même l’ancienne Première ministre, Aminata Touré, s’est extirpée de son cocon New-Yorkais pour se pencher sur le sujet à travers sa page Facebook. Toutes griffes dehors, Mimi lacère sans complaisance l’irresponsabilité des politiques dans ce qui est parti pour être le feuilleton de l’été. L’ancienne Première ministre, fidèle à sa réputation, pointe du doigt la mauvaise foi et l’irresponsabilité des politiques, qui font assaut de concurrence pour hisser la classe politique au sommet de la bêtise. Mimi ne desserre pas ses mâchoires lorsqu’elle écrit : «S’il est vrai que ceux qui gouvernent ont la responsabilité première d’imprimer le tempo républicain en termes d’attitude et de comportement attendus d’hommes et de femmes d’Etat, il n’en demeure pas moins que tous les leaders, autrement dit, tous ceux qui aspirent à diriger dans leur secteur de prédilection, doivent s’appliquer la même rigueur comportementale. Réexaminons un instant nos rapports avec les autorités que nous nous sommes choisis par l’exercice du suffrage universel : très souvent, nous nous autorisons à leur égard, des écarts de langage et de comportements qui choquent la plupart de nos amis étrangers. Nous renvoyons à nos plus jeunes compatriotes l’image d’une démocratie débridée, proche de l’anarchie, où sous prétexte de divergences politiques, judiciaires ou autres, on peut se dire tout et n’importe quoi, sans conséquence.»

Puis Aminata Touré porte en épingle le cas de Me Abdoulaye Wade, pris en flagrant délit de délire quand il a accusé la famille de l’actuel Président d’anthropophagie. Agressive à souhait, Aminata Touré n’est pas mimi avec le Pape du «Sopi» et par ricochet, les politiques aux langues pendues qui font feu de tout bois, sans les égards dus à l’institution que représente le chef de l’Etat. «Ces quelques étudiants qui ont osé caillasser le cortège présidentiel, ont décidé de passer à l’acte, suite à des mois d’escalade verbale irrespectueuse, voire injurieuse, de personnalités publiques envers la première institution du pays, le président de la République. Faut-il rappeler les propos inqualifiables de l’ancien Président, Abdoulaye Wade, il y a juste quelques mois, invectives à l’endroit de son successeur qui ont choqué bien au-delà de nos frontières. Nul n’ose imaginer ce type de comportement ailleurs. Qui oserait caillasser les cortèges des Présidents Obama ou Hollande, pour ensuite espérer poursuivre tranquillement le cours de sa vie? C’est à cet ensauvagement de l’espace politique qu’il convient de mettre un terme chez nous ici au Sénégal et cela, sans délai», clame-t-elle avec force.

MAUVAISE FOI. Mimi ne se crispe pas les mandibules quand il s’agit de s’auto-flageller, puisqu’elle n’épargne pas ses camarades de parti de l’Alliance pour la République (Apr). «Les politiciens de tous bords, en commençant par nous de l’Apr, devons faire un profond examen de conscience et changer de comportement, en actant à tout moment, en hommes et femmes d’honneur afin que ceux que nous avons la prétention de diriger nous respectent. L’honneur étant une autoroute à double sens, les gouvernés, les Sénégalais dans leur ensemble, sont également astreints à cette même obligation de respect et de courtoisie envers ceux qui les dirigent», dit-elle. Sur sa page Facebook, Mimi n’épargne pas non plus les médias sénégalais, capables de tendre le micro aux plus ridicules des politiques, capables de réduire à sa plus simple expression sur les ondes, l’institution que représente le président de la République.

«A nos amis de la presse, nous réaffirmons notre attachement à la liberté d’informer comme pilier fondamental de la démocratie, mais vous êtes tout aussi concernés par cet examen de conscience, dont le premier acte à saluer est la mise en place de votre tribunal des pairs, qu’il vous reste maintenant à faire fonctionner efficacement… L’interpellation souvent peu cavalière par voie de presse de la première institution du pays est devenue si courante qu’on se demande si l’on n’a pas inconsciemment troqué le terme de Père de la Nation par celui de Compère de la Nation. Les mots « Président de la République » brûlent encore la langue de certains hauts responsables politiques, qui n’ont toujours pas digéré la vérité sortie des urnes un certain 25 mars 2012. Lorsque la loi est appliquée aux contrevenants qui n’ont qu’injures et menaces comme programme politique à proposer, on dénonce un Etat policier. Laisser ce type de comportements prospérer ne ferait qu’affaiblir notre État, dont la construction est toujours en cours», regrette Mimi Touré. Insistant sur l’anoblissement, ou à défaut, l’adoucissement des mœurs politiques. Le ton est «véridique et guerrier», mais Amy Touré risque de recevoir des pierres de ses propres amis de la classe politique…

L'Observateur






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