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Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal: Une machine à milliardaires

La Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS) fait face à un des défis les plus importants de son existence. Les dégâts sont énormes car la banque qui compte une centaine de créanciers a été systématiquement “pillée” du fait du laxisme au niveau du management. C’est une information livrée par le tout nouveau site d’informations, lignedirecte.sn…


Rédigé par leral.net le Vendredi 8 Mai 2015 à 13:18 | | 0 commentaire(s)|

Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal: Une machine à milliardaires
Le CNCAS est une des banques les plus liquides du pays, mais aussi une des plus laxistes du fait du management particulier de son Directeur général, Arfang Boubacar Daffé, relevé de ses fonctions par le Conseil d’administration de la banque qui s’est réunie avant–hier pour porter à la tête de l’institution financière Malick Ndiaye, ancien Directeur du Crédit et du Réseau. Un limogeage-surprise que nous avons déjà évoqué dans ces colonnes qui n’aurait pas été possible, si le conseil n’avait pas verrouillé l’information sur le départ de celui qui était décrit comme un indéboulonnable. C’est vrai que plusieurs tentatives sans effet avaient fini par décourager ceux qui voulaient sa peau, au premier rang desquels l’actuelle Secrétaire générale de la boîte, Marie Jeanne Gomis Seck, doublée on ne sait par quelle magie par Malick Ndiaye. Ce mouvement révèle en tout cas une crise qui est loin d’être terminée, malgré le discours bienveillant de la passation de service, hier, à l’hôtel Pullman, puisque le Directeur général laisse la place à un Malick Ndiaye très critiqué par les cadres et syndicalistes, pour avoir, dit-on, participé à valider des dossiers… nébuleux. Saura-t-il tenir la barre ? Pour combien de temps ? L’Etat le laissera- t-il piloter comme Daffé le faisait ? Comment va-t-il régler l’épineuse équation à 80 milliards à provisionner comme le recommande la Commission bancaire de la BCEAO qui évalue à la somme susmentionnée le montant de provisions sur les crédits impayés. Cette situation ne peut en tout cas pas cohabiter avec les libéralités constatées.

C’est en vérité, écrit Enquête, ce qu’on pourrait qualifier de partage de “Bukki”. Une centaine d’hommes d’affaires, artistes, sportifs, etc., ont profité de la “banque des paysans”, au point de la mettre à genou. A parcourir les états de la banque, on peut bien relever que des hommes d’affaires, comme Racine Sy, traînent une ardoise lourde de cinq (5) milliards de francs Cfa, si l’on se fie aux livres de la banque. La société Tracto Services Equipements Afrique (TSE) de l’homme d’affaires Cheikh Amar doit encore 4,8 milliards à la banque. La créance de Cheikh Amar, qui était beaucoup plus importante que cela, près de 20 milliards de francs Cfa, nous dit-on, a été épongée jusqu’à ce niveau ; les nouvelles autorités ayant insisté pour cela. Ibrahima Wade de Socabeg fait partie des privilégiés de la banque. Dans la longue liste des créanciers de la CNCAS, on retrouve EDK Oil qui traîne une ardoise de près d’un milliard de francs Cfa. Suite à milliards, la société Agrophytex “spécialisée dans trois secteurs d’activités qui sont les semences grandes cultures, semences maraîchères et compléments nutritionnels”, a bénéficié de la machine à sous à coups de milliards. Ce qui est inquiétant, c’est que le profil financier des bénéficiaires n’est pas mis en avant. Un lutteur comme Mohamed Ndao Tyson a bénéficié des largesses de la banque de même que Thione Seck. Mais les politiciens se sont servis mieux que tout le monde, surtout au moment où le programme agricole dénommé Goana a été lancé. Serigne Mbacké Ndiaye a profité de son poste de Président du Conseil d’administration de la banque pour bénéficier des avantages offerts par la banque.

En vérité, c’est la quasi-totalité des membres du Conseil d’administration qui se sont servis en usant et abusant de leur pouvoir, nous dit-on de sources concordantes. Ce qui aurait permis au Directeur général de manipuler la plupart d’entre eux. Pire, dans le cadre des manœuvres mises en oeuvre pour que la lumière jaillisse, chaque fois qu’un auditeur pointait son petit nez pour fouiller dans les affaires de la CNCAS, il est récupéré, dompté à coups de marchés de gré à gré et… casé dans la banque. Les cabinets Mazars, Gaye et Associés en ont fait la bien “succulente” expérience. C’est ainsi que le Contrôle interne a été… contrôlé par le Dg ainsi que plusieurs autres postes-clefs, comme la fameuse Direction de la Conformité. Parmi les centres stratégiques de décision qui étaient sous le contrôle de la direction, on cite aussi le très stratégique Directeur de l’Informatique où l’écriture est centralisée. Le rôle néfaste joué par le Directeur financier est aussi largement commenté. La situation était devenue tellement tendue que les syndicalistes, qui ont sans doute précipité le départ de Daffé, étaient montés au créneau, lors de la fête du 1er mai, avec un texte au vitriol. Le Sénégal est-il donc un pays d’impunité où chacun peut se servir comme il veut sans être inquiété ?

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