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Cameroun : Plus de 55 morts, 600 blessés dans le déraillement du train Yaoundé-Douala, les secours mobilisés après la catastrophe ferroviaire

Rédigé par Massene Diop le 22 Octobre 2016 à 17:56 | Lu 816 fois

Déraillement d'un train à Eseka, le 21 octobre 2016, au Cameroun. © AFP
Déraillement d'un train à Eseka, le 21 octobre 2016, au Cameroun. © AFP
Les services de secours camerounais étaient mobilisés samedi pour prendre en charge les centaines de blessés de la catastrophe ferroviaire qui a endeuillé le pays vendredi lorsqu'un train assurant la liaison Yaoundé-Douala a déraillé, faisant plus de 60 morts.
 
A Yaoundé, où les morts sont transférés, « nous avons reçu entre 60 et 70 corps à la gare ce matin, ainsi qu’une cinquantaine de blessés », a déclaré samedi à l’AFP sous couvert d’anonymat un responsable de la compagnie ferroviaire, la Camrail.
 
« Certains blessés arrivent inconscients. Nous redoutons que le bilan s’alourdisse. Les blessés ont été évacués dans certains hôpitaux, dont le centre des urgences de Yaoundé », a-t-il ajouté.
 
A l’hôpital central de Yaoundé, les familles affluaient à la recherches de proches, ou de parents. A la morgue de l?établissement, « il y a 28 corps non identifiés. Les corps identifiés sont dans une autre morgue », a expliqué à l’AFP un policier en faction.
 
La première personne, une femme, autorisée à entrer à la morgue en ressort en pleurs soutenue par deux hommes. « Elle a reconnu le corps de sa soeur », confie un de ses proches alors que le petit groupe s’éloigne.
 
La jeune Fadimatou attend d’entrer à son tour, en compagnie de proches. « Nous sommes sans nouvelles de notre soeur depuis hier (vendredi). Nous ne savons pas si elle est en vie ou pas. Hier, son téléphone sonnait, mais il ne sonne plus depuis ce matin. Son mari fait des recherches à Douala », explique-t-elle.
 
« Je suis là pour voir si le corps de mon bébé de quatre mois est à la morgue. Il est mort dans l’accident. Sa maman a été blessée », témoigne, effondré, Dam Njoya.
 
La grande majorité de blessés ont été évacués vers des hôpitaux de la métropole portuaire, Douala, selon des sources hospitalières.
 
– Pronostics vitaux engagés –
 
Selon le dernier bilan officiel communiqué vendredi soir par le ministre des Transports EdgarAlain Mebe Ngo’o, le déraillement du train Intercity Yaoundé-Douala aux abords de la gare d’Eseka, à 200 km à l’est de Yaoundé, a fait 55 morts et 575 blessés.
 
De son côté, la radio-télévision d’Etat (CRTV) a souligné vendredi soir que « le pronostic vital de certains blessés était très engagé » ajoutant que « les causes de l’accident n’étaient pas encore élucidées ».
 
Les accès aux deux gares étaient bloqués samedi par des policiers, qui en interdisaient l’entrée aux badauds et aux personnes venues se renseigner sur la reprise du trafic, ou s’enquérir d’un proche.
 
Le train avait quitté la gare de la capitale aux environs de 11H00 (10H00 GMT) vendredi. Il a déraillé vers la mi-journée aux abord de la ville d’Eseka.
La Camrail, filiale du groupe français diversifié Bolloré, a aussitôt envoyé sur place des équipes d’intervention et de sécurité.
 
Le train était bondé suite à la coupure de la route Yaoundé-Douala après l’effondrement d’un pont dans la nuit de jeudi à vendredi, sous l’effet de la pluie, ce qui a encore compliqué l’intervention des secours.
 
La route – axe routier majeur en Afrique centrale – a été coupée dans les deux sens au niveau de Matomb, à 68 km de la capitale, à la suite de l' »effondrement d’une buse métallique sur la RN3″ (route nationale numéro 3), avait indiqué vendredi le ministère des Travaux publics.
 
Vendredi, des équipes s’affairaient pour installer une passerelle pour les piétions. « On est en train d’abattre les arbres pour créer un pont piéton », a expliqué à l’AFP Martial Missimikim, responsable d’une ONG de sécurité routière, Securoute.
 
De nombreux voyageurs et automobilistes étaient en effet bloqués de part et d’autre de la route, attendant le retour à la normale.
Face à cette situation, les voyageurs s’étaient rabattus en masse vendredi matin vers les gares de Douala et de Yaoundé, nombre d’entre eux n’ayant pas les moyens de prendre l’avion.
 
SOURE AFP


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