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Cameroun vers un gouvernement de « large ouverture »

Rédigé par NDB le 29 Janvier 2014 à 11:14 | Lu 420 fois

Le premier acte politique majeur au Cameroun en 2014 pourrait être la formation d’un nouveau gouvernement, suite au double scrutin législatif et municipal du 30 septembre 2013. Des tractations en cours présagent d’une présence de l’opposition dans le gouvernement.


Cameroun vers un gouvernement de « large ouverture »
Bien que le Cameroun ne soit pas un régime parlementaire, analystes et observateurs politiques s’accordent sur la nécessité pour le président de la république Paul Biya de procéder à une redistribution de cartes dans la haute administration, surtout que l’attente d’un nouveau gouvernement a renforcé l’inertie, les gens passant leur temps pour se positionner qu’à travailler pour le développement du pays. Un nouveau gouvernement est d’autant d’actualité en ce sens que cela pourrait implémenter les «grandes réalisations » promises aux Camerounais par le chef de l’Etat, lors de la présidentielle de 2011, et dont la mayonnaise a visiblement du mal à prendre, en dehors du lancement de quelques projets structurants. Dans le cadre du «dialogue républicain », la formation d’un nouveau gouvernement est d’actualité, puisqu’elle marquerait l’entrée de l’opposition, si l’on s’en tient à des tractations de coulisses entre des émissaires du pouvoir et des responsables des partis d’opposition. S’il est vrai que certaines formations politiques de l’opposition participent déjà au gouvernement, il convient de relever qu’à une exception près, il s’agit des partis politiques ne disposant pas d’une véritable assise populaire et dont le nombre d’élus additionnés dépasserait difficilement les cinq doigts de la main. Une enquête menée par Les Afriques permet d’affirmer que les contacts ont été établis entre le pouvoir sous la houlette des émissaires du parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et des partis d’opposition les plus représentatifs, aussi bien au Sénat et à l’Assemblée nationale, qu’au sein des conseils municipaux.

Les gros calibres de l’opposition à l’affût Il s’agit entre autres, du Social democratic front (SDF), le parti-leader de l’opposition parlementaire, de l’Union des populations du Cameroun (UPC), la plus vieille formation politique du pays qui a opéré une percée lors des dernières législatives et municipales, ou encore de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) qui compte parmi les quatre grands partis d’opposition. Pour ce qui est du SDF par exemple, des négociations sont en cours entre des cadres de ce parti et la présidence de la République, à travers des Missi dominici du Cabinet civil. D’ailleurs le président national de cette formation politique John Fru Ndi, dont le discours est de moins en moins critique vis-à-vis du régime RDPC, le confirme à demimot, lorsqu’il reconnaît publiquement que «le Sdf est un parti comme tous les autres et peut naturellement apporter sa contribution à la bonne marche du pays. Cependant, M. Biya doit faire des propositions et nous négocions par la suite». Une posture qui tranche avec le passé, où le SDF était opposé à toute idée d’intégrer «le gouvernement corrompu du régime RDPC».
De son coté, la plus vieille formation politique du pays l’UPC n’exclut pas de «revenir au gouvernement pour l’intérêt de la Nation en ce moment où notre pays a besoin de l’apport de tous ses enfants pour relever le défi du développement», le parti nationaliste ayant depuis 1994 compté des ministres dans les gouvernements successifs jusqu’en 2007, suite à «un accord du gouvernement» signé avec le parti au pouvoir. Ces formations politiques et bien d’autres pourraient ainsi rejoindre l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), le Front national pour le salut du Cameroun (FNSC) et l’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (ANDP) qui participent depuis quelques années au gouvernement.
La colère des caciques du parti au pouvoir
Comme il fallait s’y attendre, au-delà du «dialogue républicain» évoqué par des progressistes du RDPC
pour expliquer une ouverture du gouvernement à l’opposition, des apparatchiks du parti au pouvoir ne voient pas d’un bon oeil, une participation de l’opposition au gouvernement. Ces derniers sont convaincus qu’un «gouvernement de large ouverture» les priverait ipso facto d’une participation gouvernementale. D’où des critiques sous campe en direction du chef de l’Etat, car, estiment-ils, «le RDPC qui jouit d’une large majorité aussi bien au Sénat, à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux n’a pas besoin de l’opposition pour gouverner». Pour les partisans de cette thèse, «le
pays ne connaît ni une crise institutionnelle, ni une crise sociale pour parler d’un gouvernement d’ouverture.
Parce que les Camerounais ont plébiscité le projet de société du RDPC, on doit laisser le parti l’appliquer comme il entend, car une présence de l’opposition pourrait mettre à mal, la cohésion du gouvernement», fulminent-ils.
Pendant que des règlements de compte entre camarades du RDPC se multiplient à travers des médias interposés, Paul Biya qui en est d’ailleurs le président national, tel un sphinx, écoute, observe, bref prend tout son temps avant de sévir. Dans l’entourage présidentiel, l’on pense même que l’ouverture à l’opposition a déjà été entérinée par le président de la République, et tout pourrait aller très vite
dans les prochains jours, alors que les Camerounais attendent la célébration du cinquantenaire de la Réunification après les reports successifs entre 2011 et 2013. Au terme des législatives et municipales du 30 septembre 2013, le RDPC est sorti largement victorieux, le parti présidentiel
qui compte 159 députés à l’Assemblée nationale sur 180 parlementaires et 80 sénateurs sur un total de 100 élus à la chambre haute du parlement contrôle plus de 300 mairies sur les 360 que compte le pays.
Achille Mbog Pibasso, Douala
Lesafriques


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