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Candidature Aubry : le défi com' de la Première secrétaire

le 28 Juin 2011 à 12:48 | Lu 939 fois

Martine Aubry est depuis ce mardi matin candidate à l'élection présidentielle. Une annonce attendue qui survient après un long faux-suspens, mais qui correspond sans doute à la communication politique d'aujourd'hui.


Candidature Aubry : le défi com' de la Première secrétaire
Atlantico : Martine Aubry est officiellement candidate à l’élection présidentielle depuis ce mardi matin. Cette candidature était attendue depuis plusieurs semaines. Ce jeu du « j’y vais, j’y vais pas » est-il réellement indispensable et efficace ?

Arnaud Mercier : Pour être honnête, elle n'aurait peut-être pas été candidate si Dominique Strauss-Kahn l’avait été. Ce n’est donc que depuis peu de temps qu’on peut dire qu’il existe une grosse probabilité qu’elle soit candidate. Toutefois, quand on est candidat, l’annonce de la candidature est un moment crucial. Les candidats y travaillent en général beaucoup. Enfin, sauf peut-être Lionel Jospin qui a envoyé un fax à l’AFP la nuit tombée (selon moi, il s'agissait d'un acte manqué de sa candidature où il a tout fait pour être battu…).

Les candidats savent que leur annonce va être relayée par les médias. Il y a donc une symbolique des lieux : Jacques Chirac avait choisi une interview à La Voix du Nord, Edouard Balladur avait théorisé cette folie de croire qu’il était un Président naturel et avait donc effectué son annonce depuis Matignon, etc. On choisit donc le lieu et le moment en essayant de faire en sorte que ceux-ci aient un rapport avec le message qu’on cherche à faire transmettre.

Dans le cadre d’une primaire, c’est plus délicat. Il s’agit finalement d’une côte mal taillée : vous ne pouvez pas vous déclarer aussi solennellement candidat à l’élection présidentielle car vous êtes en réalité candidat à une primaire interne d’un parti. Et en même temps, il ne faut pas rater ce moment.

Et le faux suspens entretenu sur cette annonce : n’est-ce pas contre-productif ? Les électeurs sont-ils dupes ?

Tous les candidats agissent plus ou moins ainsi. Nicolas Sarkozy a encore répété hier à la conférence de presse qu’il était avant tout président et avait beaucoup de travail à faire, alors que tout le monde sait qu’il sera candidat. Même chose pour François Mitterrand en 1988 avant son second mandat : il a attendu le plus longtemps possible pour se représenter alors que c’était un secret de polichinelle…

En fait, il y a deux situations : ou bien vous êtes outsider et votre intérêt consiste à vous déclarer candidat tôt, dès l’automne, comme Jean-Marie Len Pen, Jean-Pierre Chevènement ou François Bayrou. C’est l’idée qu’il vous faut du temps, s’inscrire dans la durée, labourer le terrain.

A l’inverse, les favoris ont plutôt intérêt à laisser entendre que vous allez être candidat sans l’affirmer, mais en le laissant entendre par des proches. Cela vous permet d’éviter les coups. Je me souviens que Jack Lang avait orchestré en 1988 une mobilisation de personnalités qui craignaient que François Mitterrand ne soit pas candidat et qui le suppliaient de l’être. L’idée reste de faire monter le désir.

Pour Martine Aubry, le problème est un peu « institutionnel » : elle est Première secrétaire du parti et ne pouvait donc pas se retrouver juge et partie. C’est aussi pour cela qu’elle a attendu longtemps pour se déclarer. Le fait qu’elle fasse son annonce depuis la ville dont elle est maire, Lille, n’est pas anodin. Cela lui permet de tenir un discours social, lié à cette vieille terre de gauche, un peu à la Mauroy, finalement.

Comment analysez-vous les différences entre les annonces de candidature de Martine Aubry et celle de François Hollande ?

Martine Aubry doit gommer le handicap d’apparaître comme un candidat de substitution à Dominique Strauss-Kahn. Ce n’est pas facile pour elle à gérer : elle peut apparaître comme un candidat au rabais.

François Hollande a annoncé lui depuis très longtemps qu’il suivait sa voie. Il est dans la thématique de la traversée du désert, l’homme qui contre vent et marée a un destin avec la France. Bref, il "se la joue" peut-être, mais il est dans un destin différent de celui de Martine Aubry.


Quel impact cette annonce de candidature peut-elle avoir sur la suite de la campagne de la primaire socialiste ?


Je ne suis pas Madame Irma ! En fait, tout dépend des socialistes : auront-ils retenu la leçon de la primaire précédente. Il faut se souvenir qu’en 2006, la campagne de la primaire a été très dure. A l’UMP, une cellule était même en charge de noter les arguments échangés au sein du PS – ils s’appelaient eux-même les « snipers » - et, d’une certaine façon, l’argumentaire UMP pour démolir la candidate socialiste a été préparé par les socialistes eux-mêmes. Le procès en incompétence de Ségolène Royal, c’est Laurent Fabius qui l’a commencé !

Lu sur Atlantico.fr


1.Posté par bibi le 28/06/2011 14:56 | Alerter
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