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Castro fait ses emplettes chez ses vieux alliés

le 12 Juillet 2012 à 10:46 | Lu 567 fois

De Pékin à Moscou en passant par Hanoï, la tournée internationale du président cubain a des allures de guerre froide.


Castro fait ses emplettes chez ses vieux alliés
À La Havane

Quand Raul Castro part faire son «marché» à l'étranger, son itinéraire a des relents de guerre froide. À Pékin pendant quatre jours, le général-président a rencontré Hu Jintao et son successeur pressenti, Xi Jinping. Il y a obtenu huit accords économiques et des prêts sans intérêts dans les domaines technologiques et de la santé. Aucun des deux gouvernements n'a donné de chiffres sur leurs montants. Le frère cadet de Fidel Castro s'est ensuite rendu jusqu'en début de semaine au Vietnam. Allié historique de Cuba, ce grand producteur de riz est un partenaire capital pour une île où les habitants se nourrissent surtout de riz. Mercredi, enfin, il était à Moscou pour des entretiens avec Vladimir Poutine. Les deux hommes ont évoqué «le développement de la coopération commerciale, économique et dans le domaine des investissements», ainsi que des «projets clés communs dans les secteurs de l'énergie, des transports et des télécommunications», a précisé la présidence russe.

Le voyage de Raul Castro intervient à un moment où La Havane cherche sa voie, après avoir libéralisé son économie à partir de septembre 2010. Plusieurs observateurs estiment que le chef de l'État cubain suit le modèle chinois ou vietnamien. En retour, Cuba fait office pour la Chine de «porte-avions» vers l'Amérique latine. Pékin profite des bonnes relations de La Havane avec les États de gauche d'Amérique du Sud pour faciliter ses relations commerciales et combler ses besoins énergétiques. Comme en Équateur, où la Chine doit financer une méga-raffinerie, ou au Venezuela, dont les exportations de pétrole vers la Chine sont passées de 39 000 barils par jour en 2005 à 120 000 en 2008. Elles pourraient atteindre un million de barils d'ici à la fin de l'année. Pékin a prêté 32 milliards de dollars (26,2 milliards d'euros) à Caracas en 2010 et 2011. Une manne pour le Venezuela, devenu un fidèle client de l'industrie militaire chinoise.

La nostalgie des «bolos»
Après une période de refroidissement avec la Russie, les deux pays, alliés pendant la guerre froide, se sont rapprochés depuis la visite de Dmitri Medvedev à La Havane fin 2008, suivie début 2009 d'un déplacement à Moscou de Raul Castro. À Cuba, on note depuis un an une explosion du tourisme russe, très visible et très bruyant. Les Cubains gardent cependant une assez bonne opinion des Russes et une nostalgie de l'époque soviétique, surtout des années 1980, la seule période où ils avaient assez pour se nourrir et pouvaient prendre des vacances.

Les Chinois, «il y en a partout maintenant. Ils doivent surveiller les CDR, les comités de défense de la Révolution», s'esclaffe une Havanaise. Les boutiques TRD Caribe, la chaîne de supérettes d'État, sont garnies de marchandises chinoises. Ce n'est pas l'abondance, mais avec les conserves de corned beef Jang Lui ou les téléviseurs Panda, les Cubains vivent au rythme de l'empire du Milieu. Même s'ils regrettent les produits des «bolos» (les bolcheviques), réputés de meilleure qualité. «Mon oncle utilise toujours sa machine à laver de l'URSS. J'ai un ventilateur soviétique. C'est du solide, pas comme ce que font les Chinois», explique une ophtalmologue dans la capitale qui ajoute: «J'ai acheté la semaine dernière une paire de chaussures faite en Chine. Le lendemain, le talon était cassé. Ça m'a coûté 10 pesos convertibles (8,30 euros), la moitié de mon salaire mensuel.»

Dans les guaguas (prononcer wawas, les bus) et les taxis collectifs de la capitale, les seuls étrangers sont des couples de jeunes Chinois. Plus d'un millier étudient l'espagnol à Tarara, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Des Chinoises portant ombrelles parcourent les ruelles de ce petit village fermé, aux allures de camp grillagé, sous l'œil des Cubains interloqués.

Par Hector Lemieux


1.Posté par UGOLINI le 12/07/2012 16:45 | Alerter
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Il faut cesser de raconter des histoires, avec, par exemple, le taux de change qui ferait un salaire de 16,60 pour une ophtalmologue à Cuba. Les cubains ne vivent pas avec des euros mais avec des Pesos. Il faut parler d'équivalence de pouvoir d'achat. Ou alors comment expliquer qu'avec 16 euros (deux fois moins que le salaire moyen au Bengladesh) on puisse posséder et faire fonctionner une machine à laver, une télé, un téléphone, payer un loyer, avoir un ventilateur, voire un ordinateur, sachant que les portables sont nombreuxx à Cuba; se nourrir, se soigner etc. La propagande occidentale est ridicule certes, mais surtout insupportable de malhonnêteté!

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