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Catalogne : les pompiers des deux pays au coude-à-coude

le 24 Juillet 2012 à 09:05 | Lu 425 fois

800 soldats du feu français et espagnols sont mobilisés sur le terrain et coordonnent leurs moyens.


Catalogne : les pompiers des deux pays au coude-à-coude
Au deuxième jour de la grande guerre du feu entre Le Perthus et Figueras (Espagne), l'entente franco-espagnole aligne huit cents hommes sur le terrain, dans une organisation opérationnelle rôdée entre les «bomberos de la Catalogne» et les sapeurs-pompiers du Codis 66 (centre opérationnel départemental d'incendie et de secours des Pyrénées-Orientales).

Les Espagnols ont mobilisé sur zone opérationnelle cinq cents sapeurs ­­pompiers et la France a envoyé trois cents hommes à partir de différentes colonnes départementales (Tarn, Haute-Garonne, Drôme, Hérault, Pyrénées-Orientales). Dans le ciel, les avions collaborent mais avec un protocole d'action bien séparé pour éviter les confusions. «Depuis la première demi-heure de ce feu, nous sommes dans la coordination des moyens. Dès que nous avons détecté la nature de la première fumée blanche, j'ai mené une mission de reconnaissance aérienne. Et nous avons aussitôt engagé deux cent cinquante hommes et cinq avions. Et pourtant, ce jour-là, dans notre seul département, nous avions trente-neuf départs de feu à gérer», explique le colonel Jean-Pierre Salles-Mazou qui dirige le Codis 66 et qui n'a pas oublié l'an passé l'action des bomberos sur les pentes impossibles du feu de Porta. D'entrée de jeu, les pompiers français ont accepté d'assurer la gestion opérationnelle complète du flanc droit, le plus actif, depuis un poste de commandement installé sur un parking du Perthus.

«Une parfaite connaissance du terrain»
Les Espagnols ont transformé la caserne de Figueras en centre opérationnel. «Nous avons appris à travailler ensemble à travers des exercices mais aussi à travers les différentes missions dans l'urgence que nous menons conjointement. Nous avons une parfaite connaissance réciproque du terrain. C'est une affaire qui se traite directement entre Barcelone et Perpignan. Pour entrer sur le territoire français, protocolairement il nous faut demander l'accord de Madrid. Nous essayons d'envoyer la demande avant de passer la frontière», sourit Jordi Gassio, malgré les lectures différenciées des actions communes. Sur le feu de Port-Bou, certains spectateurs sont persuadés que les largages étaient faits pour protéger le côté français et pas pour tuer l'incendie. «Nous n'avons pas seulement défendu le territoire national», répond le colonel Salles-Mazou. Qui prône la lutte sans frontière. Et sans merci.



Par Christian Goutorbe