leral.net | S'informer en temps réel

Ce que Wade pense de la nationalité des Présidents du Sénégal


Rédigé par leral.net le Samedi 13 Février 2016 à 11:04 | | 14 commentaire(s)|

En répondant à Moustapha Diakhaté, Farba Senghor s’est en réalité appuyé sur un document d’Abdoulaye dont seneweb détient une copie. Wade y traite de la nationalité des présidents du Sénégal. Nous vous livrons in extenso le texte de l’ancien Président de la République.
« Rappelons que sous la colonisation, tous les africains étaient des sujets français, donc des sans droits.

Exceptionnellement étaient français les natifs de Saint-Louis, Dakar, Rufisque et Gorée. En cette qualité, ils étaient tenus d’effectuer le service militaire dans les mêmes conditions que les français d’origine. On les appelait les “originaires”, ce qui signifie nés des quatre communes du Sénégal. Ailleurs, étaient aussi français les ressortissant des cinq comptoirs de l’Inde.
Senghor : Né sujet français à Joal, Sénégal, mais a été naturalisés, c’est-à-dire acquis la nationalité française par la suite. Français, il a fait le service militaire obligatoire, a été mobilisé pendant la guerre 39-45 et fait prisonnier par les allemands. Par la suite, il a été député au palais Bourbon où il a accompagné Lamine Guèye (Premier collège des citoyens). Par la suite, il y a eu des députés du 2e collège des sujets. Il n’a jamais perdu la nationalité française, même lorsqu’il était Président du Sénégal et même après.
Jusqu’à la fin de sa vie, il a bénéficié de sa pension de fonctionnaire français (professeur) et celle d’ancien député au palais Bourbon.
Abdou Diouf : Né à Louga, il était sujet français, mais a acquis par la suite la nationalité française. A notre connaissance, il ne l’a jamais perdue et je gage qu’il l’a conservée pendant qu’il assumait les fonctions de Président de la République et après.
Abdoulaye Wade : Né officiellement à Saint-Louis. Il a été français de naissance par la loi, comme tous les natifs des quatre communes, Saint Louis, Rufisque, Dakar et Gorée, comme ceux des cinq comptoirs de l’Inde.
En conséquence, a fait le service militaire dans l’armée française en qualité d’originaire (7e RTS, Dakar, Camp Marchand Rufisque, Saint Louis, de nouveau Dakar). Avec la proclamation de l’indépendance, tous les sénégalais qui se trouvaient au Sénégal ou dans un pays où s’exerce la souveraineté française deviennent ipso facto sénégalais, perdant par là même la nationalité française.

Abdoulaye Wade, le 4 avril 1960, se trouvait à Paris pour les besoins de l’agrégation à laquelle il se présentait pour la première fois en qualité de français. Il franchit la barre de la sous-admissibilité, mais fut recalé à l’admissibilité.

Nommé Chargé d’enseignement plusieurs années à la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Dakar, il fut par la suite nommé Chargé de cours et c’est en cette qualité qu’il bénéficia d’une bourse de la Fondation Ford pour mener des recherches en économétrie à Boston University, BU, MIT et Harvard. Admis dans le plus haut cercle des grands économistes américains, Kindelberger, Samuelson et Modigliani (MIT) et Robert Hirshman (Harvard), il écrivit le manuel qui sera publié plus tard par Econométrica sous le titre de “’Les outils mathématiques de l’analyse économique moderne ‘considéré par son éditeur comme le meilleur en France dans son genre’.
Recruté comme assistant à la Faculté des droits et des sciences économiques de Assas-Panthéon, il fut, deux ans durant assistant de Lecaillon et son maître Jean Marchal (micro-macro) et le Professeur Piètre (monnaie). Il renonça à la nationalité française et se présenta à l’agrégation à titre étranger : 23 français admis, 2 admis à titre étranger”’ : Diarassouba et Wade.
Wade n’était donc pas classé avec les français. Il est sorti N° 2 de sa catégorie.

Affecté à l’Université de Dakar, il accepte un “poste sénégalisé” avec un salaire mensuel de 190.000 francs CFA là où son collègue français Desneuf, agrégé du même concours sur la liste française et affecté à Dakar, percevait 700.000 francs CFA. Malgré les avantages de la nationalité française, sécurité sociale, vacances en France et autres, Wade est resté sénégalais et ne s’en est jamais départi.

Macky Sall a été français, mais aurait acquis par la suite la nationalité américaine et acheté une propriété à Houston et nous n’avons aucune preuve qu’il ait renoncé à cette nationalité au moment où il se présentait à l’élection résidentielle en 2012. Il a produit uniquement son certificat de nationalité sénégalaise. Macky Sall n’est pas capable de prouver une nationalité exclusivement sénégalaise.

D’autres sénégalais fort nombreux dans le Gouvernement et ailleurs sont restés français. En tête Makhtar Mbow et sa femme. Certains sont sénégalais au Sénégal, mais lorsqu’ils débarquent à Paris, en France, pour sortir de l’aéroport, ils font la queue dans la ligne “nationaux” et présentent une carte nationale d’identité française ou un passeport français.
Conclusion : il faut arrêter la comédie. L’histoire du Sénégal est trop complexe pour être simplifiée en quelques mots et le restera tant que ses enfants d’avant l’indépendance seront encore vivants ».

Abdoulaye Wade






Hebergeur d'image





Hebergeur d'image