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"Ce que j’ai dit à Youssou Ndour devant le président Wade..."


NETTALI.NET – Le conseil présidentiel tenu hier mardi, dans la salle des banquets du palais, sur les préparatifs de la IIIème édition du festival mondial des nègres prévue du 1er au 14 décembre prochain dans notre pays, a été l’occasion pour le chef de l’Etat d’informer les artistes musiciens sur l’hymne dont la conception avait longtemps divisé les compositeurs. Thione Seck, porte-parole du jour de ses collègues, étonné d’entendre Youssou Ndour évoquer le projet qu’il a ficelé avec le brésilien Gilberto Gil et le camerounais Manu Dibango, alors qu’on leur avait fait comprendre qu’il n’y aura plus d’hymne, a interpellé le chef de l’Etat pour éclairer l’opinion des artistes. Suffisant pour que certains prennent ces échanges entre ces deux mastodontes de la scène musicale encore fraîchement réconciliés pour des « chamailleries ». Nous avons parlé à Thione Ballago Seck pour en savoir plus. Il s’est prêté à nos questions en répondant sans détour. Fidèle à sa réputation…


Rédigé par leral.net le Jeudi 11 Juin 2009 à 03:58 | | 0 commentaire(s)|

"Ce que j’ai dit à Youssou Ndour devant le président Wade..."
Monsieur Thione Seck, il a été rapporté dans la presse que vous vous êtes chamaillé avec Youssou Ndour lors du Conseil présidentiel sur le Fesman tenu hier au palais, et en présence du Chef de l’Etat. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Je voudrais tout d’abord dire que ce n’est pas vrai. Je ne sais pas d’où les personnes qui ont écrit cela l’ont appris. Mais je démens catégoriquement. J’étais aux côtés de Youssou Ndour, et je prends à témoin Ouza Diallo, Ismael Lo, Coumba Gawlo, Cheikh Tidiane Tall et bien d’autres personnalités ayant participé à la rencontre : nous n’avons pas vécu une telle scène. C’est de la pure invention.

Qu’est-ce qui s’est alors passé Thione. Vous vous êtes contredits quand même, Youssou et vous, sur l’hymne du festival mondial des arts nègres ?

Je crois que c’est mal me connaître de penser que je me déroberais si les choses s’étaient passées telles que l’on dit dans la presse. J’ai simplement rappelé la position des artistes sur le Fesman et l’hymne dont on parle tant. J’avais reçu mandat de mes collègues artistes d’informer le président de la république sur notre souhait de concevoir une chanson à laquelle participerait tout le monde. Or, il se trouve que Youssou Ndour, qui a pris la parole avant moi, a dit qu’ils avaient déjà commencé à travailler sur un hymne, lui, Manu Dibango et Gilberto Gil du Brésil, à partir d’une vieille chanson d’un grand artiste africain dont il ne connaissait pas d’ailleurs le nom. Il a mimé la chanson et je l’ai juste interrompu pour dire qu’il s’agit de Frankiln Bukaka. Tout le monde a applaudi, pour vous dire que l’ambiance était gaie. J’ai voulu faire comprendre au président que ne nous voulons pas au sortir de cette rencontre, qu’il y ait des quiproquos, et que c’était nécessaire de clarifier les choses une bonne fois pour toutes.

Mais le choix a été fait depuis longtemps et portant sur ces trois grands artistes. Pourquoi vous ne pouviez pas demander à faire autre chose d’autant que tout le monde ne peut pas être associé à la création d’un hymne ?

Mais il y avait un problème de communication ! Quand nous nous sommes réunis il y a un peu plus d’un an pour voir ce que nous pouvions faire, c’était juste pour éviter cela. Beaucoup n’étaient pas d’accord qu’on laisse l’exclusivité de la création de cet hymne à Youssou Ndour, Gilberto Gil et Dibango. Moi, j’étais l’un des rares à tempérer. J’ai dit à mes amis artistes : à partir du moment où Alioune Badara Bèye le coordinateur général du Fesman a dit clairement que c’est une décision du président Abdoulaye Wade sur laquelle il n’est pas question de revenir, et qu’il ne peut pas lui tordre le bras, vaut mieux qu’on se contente d’autre chose. Il faudrait qu’on le mette à l’aise. Et j’étais parvenu à les convaincre en dépit des réticences sérieuses.

Alors qu’est-ce qui s’est passé après, si vous étiez d’accord à ce point, pour changer de position ?

Nous n’avons pas changé de position. C’est après, au cours d’une autre réunion que nous avons tenue avec Alioune Badara Bèye et que certains artistes ont remis la question sur la table, que ce dernier nous a informés qu’il n’est pas nécessaire de revenir là-dessus parce que l’hymne allait être retiré. C’est tout. A partir de ce moment, nous avons alors maintenu l’idée d’une chanson, avec la participation de tous les artistes qui ont été nommés ambassadeurs, pour donner un cachet populaire à l’événement. Or, quand nous avons entendu Youssou Ndour dire que le projet d’hymne reste d’actualité, nous étions un peu surpris. Il fallait réagir pour avoir la bonne information. Encore une fois, on a tous parlé en responsables. Il n’y a pas eu de chamailleries !

Et finalement qu’est-ce qui a été retenu à l’issue de ce conseil ?

Eh bien ce que le chef de l’Etat a dit. Il n’a jamais demandé ni à Youssou Ndour, ni à un autre artiste de lui concevoir un hymne. Pour le président Wade, un hymne c’est pour l’éternité alors que dans sa conception des choses, l’édition que le Sénégal abrite cette année est un événement qui passe. Il a été clair là-dessus. Il nous a tous demandés de nous limiter à faire des chants.

Quelle a été la réaction de Youssou Ndour ?

Je n’ai senti aucun sentiment de frustration ou de colère de sa part. Seulement, il a parlé de bonne foi. Je pense qu’il n’a pas été correctement informé. On ne lui a pas tout dit du côté de la coordination générale. Je l’ai aidé à en voir plus clair. Je crois lui avoir rendu un grand service en posant le débat devant le président de la République qui a tranché. Tout le monde sait au moins maintenant à quoi s’en tenir. C’est une bonne pour la famille des artistes.
- Par OUSMANE KEBE DIOP -






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