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Ce que signifie l'élection de Donald Trump pour les droits des femmes... et de l'Homme plus globalement

Il a promis qu'il serait le Président de tous les Américains, des femmes comme des hommes. Mais tout au long de sa carrière et de sa campagne, Donald Trump a de nombreuses fois dénigré certaines populations, les minorités, dont ils souhaitent voir certains droits restreints. Un pas en avant, 3 pas en arrière.


Rédigé par leral.net le Mercredi 9 Novembre 2016 à 21:30 | | 0 commentaire(s)|

 
 
L'élection de Donald Trump a surpris tout le monde. Tandis que les célébrités continuent d'afficher leur soutien à Hillary Clinton, comme Madonna qui a twitté "Nous n'abandonnerons pas", ou encore Katy Perry, qui appelle à la révolution sur son compte Twitter, plusieurs témoignages affluent et sont unanimes : l'arrivée de Trump à la Maison Blanche signe un retour au patriarcat et à la femme-objet. Selon Anne-Cécile Mailfert, Présidente de la Fondation des Femmes, l'élection de Trump révèle que "même face à une femme compétente, un homme médiocre sera toujours préféré." En cause ? Son programme sexiste, qui bride totalement les droits des femmes.
 
Même s'il n'est pas pro-life, un des points forts de son élection est sa promesse d'abolir le droit à l'Interruption Volontaire de Grossesse. Il préfère laisser les Etats décider de leur propre législation. Il s'était notamment illustré le 30 mars dernier, alors invité à une émission, en déclarant que les femmes qui recourent à un avortement devraient être punies. Il avait fini par nuancer ses propos quelques jours plus tard, en estimant qu'il est plutôt préférable de punir les médecins. Mais lors du troisième et dernier débat, qui l'opposait à Hillary Clinton, il avait déclaré, tenace : "Avec Hillary, vous pouvez arracher le bébé de ventre de la mère jusqu'à la naissance. Vous ça ne vous dérange peut-être pas, Hillary non plus, mais pour moi, ça ne va pas".
 
Des déclarations qui reflètent un bond en arrière de 30 ans, d'après la jeune féministe : "Il n'y a aucune raison qu'il devienne subitement un grand défendeur des droits des femmes dans le monde". Elle estime d'ailleurs que les Etats-Unis n'utiliseront pas leur pouvoir pour soutenir la cause féministe : "Trump nie l'existence du viol conjugal, il est pour la restriction de l'avortement, il possède les droits de Miss America, il insulte les femmes qu'il juge trop grosses et il agresse sexuellement celles qu'il juge jolies".

Vers un sexisme débridé ?
77% du corps électoral américain est composé de femmes, de latinos et noir-américains, ainsi que de jeunes de moins de 35 ans. Des cibles sur lesquelles se reposait Hillary Clinton, mais qui se sont finalement tournées vers le candidat républicain. Des chiffres qui trahissent un manque de soutien de la part des femmes, admet la Présidente de la Fondation des Femmes : "C'est dramatique mais cela révèle aussi qu'une grande partie des Etats-Unis se reconnait dans ce discours. Et qu'au final beaucoup pensent que le sexisme ce n'est pas si grave, voire c'est valorisant. C'est pourtant la première cause de mortalité des femmes dans le monde."
 
La militante féministe craint d'ailleurs que l'image politique, renvoyée par Trump, influence les mentalités et les discours du peuple : "On va devoir ramer pour expliquer qu'il ne faut pas prendre les femmes pour des objets sexuels. La défaite de Clinton va probablement aussi refroidir les partis politiques de tous les pays, qui vont en déduire, à tord, qu'une femme ne peut pas gagner une élection, même face à un clown orange. Et ça c'est mauvais pour toutes les femmes qui aspirent à des responsabilités, politiques ou non

Planning familial, Obamacare, armes à feux, peine de mort et homosexualité
 
Trump a l'intention de mettre fin aux centres de planning familial. Il n'autorisera l'IVG uniquement pour des cas exceptionnels, tels que le viol ou des risques graves pour la santé de la mère. Il compte nommer des juges à la Cour Suprême étiquetés anti-avortement.
 
Il souhaite aussi démanteler l'Obamacare, cette fameuse réforme de la loi santé, pilier central de l'élection d'Obama, qui est une couverture maladie ouverte à tous. Le 45ème Président des Etats-Unis souhaite renforcer la peine de mort, notamment lors de meurtres d'agents de police. Concernant les mariages homosexuels, il a un discours plutôt libéral pour un candidat Républicain : il est contre la reconnaissance des relations entre les personnes du même sexe, mais il est contre la discrimination envers la communauté LGBT.

 
L'immigration, son cheval de bataille
 
Thème majeur de son programme, Trump souhaite lutter contre l'immigration. Pour cela, il expulsera "2 millions d'immigrants criminels et violeurs" et "annulera les visas des pays étrangers qui ne les reprendront pas", avait-il déclaré. De plus, les immigrants expulsés qui tenteraient de retourner sur le sol américain risqueront 2 ans d'emprisonnement. Il suspendra l'immigration de "régions enclines au terrorisme", telles que la Syrie, et mettra en place des contrôles extrêmes aux frontières. Pour lutter contre le fanatisme, il propose par ailleurs d’autoriser la torture et a également appelé à tuer les familles des terroristes afin de dissuader les éventuels candidats au Djihad.
 
Mais surtout, il souhaite faire construire un mur de 20 mètres de haut, entre le Mexique et les Etats-Unis, qui sera entièrement payé par le Mexique. Actuellement, une barrière de 7 mètres existe déjà : elle s'étale sur 1300 km, et possède 1800 tours de surveillance et pas moins de 18 000 hommes de la Border Patrol pour en assurer la surveillance.
 
Un constat que déplore Anne-Cécile Mailfert : "J'aurai aimé me dire que les petites filles de 2016 auraient pu avoir un autre modèle à admirer", mais aussi plusieurs Américains : "Bien sûr, le racisme, le sexisme, l’homophobie, c’est quelque chose qu’on a toujours eu. Mais quand un fasciste relaie ce type de message sur les médias grand public, ça devient très dangereux." a déclaré un électeur pour Libération. Une véritable "nuit effrayante pour l'Amérique" selon un autre électeur. Une nuit qui va durer 4 ans, à partir du 20 janvier 2017, lorsque Trump entrera officiellement à la Maison Blanche.






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