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Centrafrique : une nouvelle molécule pour lutter contre le paludisme

le 11 Août 2015 à 11:34 | Lu 235 fois

Centrafrique : une nouvelle molécule pour lutter contre le paludisme

Au nord-ouest de la Centrafrique, le paludisme fait des ravages. Dans la seule ville de Batangafo, près de 40 000 personnes ont déjà contracté la maladie depuis le début de l’année. Le paludisme y est devenu la principale cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. Pour faire face à la pandémie, Médecins sans frontières (MSF) a décidé de déployer à Batangafo, ainsi que dans deux autres villes du nord (Kabo et Ndélé), ce que les docteurs nomment le TPPI (traitement préventif et présomptif intermittent).

Sous ce sigle se cache un traitement aux propriétés étonnantes. En effet, en attendant le développement d’un hypothétique vaccin, MSF teste aujourd’hui une nouvelle molécule, approuvée par l’OMS : la dihydroartémisinine-pipéraquine (DHA/PQ).

Une diminution de la mortalité allant de 50 à 80 %

Début août, trois jours durant, les agents de santé de MSF, installés dans le lycée de la ville de Batangafo, ont administré ce traitement novateur à près de 7 000 enfants. Sur la table de distribution, Marguerite fait avaler un cachet aux enfants. « Pour les plus petits, je broie le médicament en le mélangeant avec du sucre et de l’eau », explique-t-elle. Les médecins donnent ensuite trois comprimés aux mères de famille qui devront l’administrer à leur progéniture au début du mois suivant.

« Cette molécule va à la fois traiter le paludisme et le prévenir. Elle reste dans le sang pendant une durée de 3 à 4 semaines », explique Patrick Irengue, référent du projet à MSF. « Le processus a déjà été expérimenté à Madawa, au Niger en 2014. » Mais si le TPPI a déjà été mis en place par le passé, c’est la première fois que la nouvelle molécule DHA/PQ est utilisée. « Les résultats sont sans appel. Ils montrent une diminution allant de 50 à 80 % du taux de mortalité, suivie d’une baisse des consultations et des admissions pour des cas de paludisme », explique Patrick Irengue.

Une situation délicate sur le terrain

Dans la campagne centrafricaine, le monde médical suscite cependant la suspicion. Isidore Feimona, assistant de la chef de projet, explique qu’un gros travail de sensibilisation a été nécessaire pour faire comprendre aux mamans les bienfaits de la campagne de traitement. « Beaucoup ont peur, elles cachent les enfants lorsque nous arrivons ». Pour lutter contre cette défiance, MSF déploie sur le terrain une vingtaine de personnes surnommées « agents palu’», chargés de sensibiliser les populations. « J’ai beaucoup discuté avec d’autres mamans avant de me décider à venir. Mais finalement, j’ai compris que c’était bon pour mes bébés », raconte Irène, 25 ans, qui patiente depuis plusieurs heures dans la file d’attente avec ses deux enfantsD’autres mères de famille sont « parties aux champs avec les enfants », pour éviter le traitement.

lemonde.fr



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