leral.net | S'informer en temps réel

Ces vrais faux messies !

Démembrements de l’Etat qui en use, à chaque fois que de besoin, pour rectifier une gestion déficiente des fédérations démocratiquement élues, les structures d’exception se sont succédé au Sénégal sans jamais convaincre.


Rédigé par leral.net le Mardi 31 Mars 2009 à 15:10 | | 0 commentaire(s)|

Comité national provisoire (Cnp), Comité national de gestion (Cng), Comité directeur provisoire ou encore Comité de normalisation du football (Cnf), la différence ne se situe que dans la dénomination. Ce sont toutes des structures d’exception ayant eu à présider aux destinées du football entre 1969 et 2008. Ces instances se sont succédé pour des missions quasi identiques : administrer et développer le football sénégalais. Elles ont la particularité d’avoir été mises sur pied par les pouvoirs publics après que des défaillances ont été notées dans les gestions fédérales. Ainsi de 1969, année qui marque la mise en place de la première structure d’exception, confiée à Ababacar Mbaye Ndir, à 2008, sept Comité provisoires ont suppléé les fédérations démocratiquement élues par le mouvement associatif. A l’exception du Cnf, l’ensemble des autres structures provisoires devait exécuter une lettre de mission articulée autour de « la relance et la redynamisation » du sport roi. Certes l’éventail est vaste et imprécis, mais il est à constater quand même que jamais, auparavant, objectif allant dans le sens de réviser les textes et mettre en place un championnat de football professionnel n’a été fixé à une structure d’exception, comme c’est aujourd’hui le cas pour le Cnf. L’organe, porté sur les fonts baptismaux après la déconvenue de l’équipe nationale au Ghana, devait sauver un football à l’agonie et réconcilier l’Etat avec le monde du ballon après plus de deux ans de cohabitation tumultueuse avec la fédération. Il était attendu sur plusieurs chantiers dont les plus saillants demeurent la reconstruction d’une sélection nationale forte, la mise en adéquation des textes avec les statuts standard de la Fifa, faire rouler le ballon sur toute l’étendue du territoire et pour toutes les catégories… A quelques semaines du passage de témoin, nul ne peut affirmer avec certitude la tenue d’une des promesses de l’équipe dirigée par Diagna Ndiaye. Ce qui, du coup, soulève l’inquiétude du monde sportif.

L’absentéisme érigé en règle

A un peu plus de deux mois du terme de sa mission, le Comité de normalisation du football affiche un tableau riche de soixante dix sept rencontres et réunions, dans la perspective d’un redressement définitif du sport roi dans ce pays. De façon détaillée, la structure provisoire compte à son actif quarante deux (42) « réunions statutaires ou réunions du mardi » dont le but est d’évaluer les compétitions en cours et faire le point dans l’exécution de sa lettre de mission. Le Comité de normalisation a également tenu vingt deux (22) séances thématiques. Celles-ci ont porté sur différents sujets et se sont déroulées en présence des responsables des différentes commissions spécialisées. S’y ajoutent deux autres rencontres informelles organisées sous forme de face à face avec l’ensemble des clubs de première et deuxième divisions. Trois autres réunions de ce genre ont réuni le Comité avec les ligues de Dakar, Thiès et Ziguinchor. Sans oublier celle tenue avec les partenaires (sponsors, police, presse…) et les deux déplacements en Suisse pour échanger avec la Fifa et la Caf. En plus des nombreux travaux réalisés en étroite collaboration avec l’Etat du Sénégal, représenté par le ministère des Sports et la Primature. Cependant, de nombreuses absences ont été enregistrées au cours des différentes rencontres ci-dessus mentionnées. Des absences, et non des moindres ! Le président de la structure, Mamadou Diagna Ndiaye, figure en bonne place dans ce lot. L’homme sur qui l’Etat a misé pour recoller les morceaux d’un foot en lambeaux, au retour de la Can 2008, brille plus par un absentéisme notoire que par son efficacité. Il manque de peu la palme, derrière Loum Diagne. En presque dix mois d’exercice, Diagna Ndiaye d’après un responsable actif au Cnf, « n’a répondu présent qu’à six occasions ». A en croire notre source, son (Diagna) assiduité remonte au tout début de la mise sur pied du Cnf. Il avait, à l’époque, engagé sa mission par un voyage à Zurich, en compagnie de son adjoint, Saer Seck, Bounama Dièye de la défunte fsf et Sedikh Traoré de la primature pour asseoir les bases du fonctionnement de la structure d’exception avec Joseph Blatter et Issa Hayyatou. Il sera, ensuite, de la partie lors de l’installation des membres du Comité directeur dans leurs nouveaux habits de dirigeants par le ministre des Sports, Bacar Dia. Dans la même semaine, il procède à la passation de service avec Mbaye Ndoye avant d’aller rendre visite au Premier Ministre en compagnie de ses collaborateurs. Diagna Ndiaye achèvera sa participation aux actions du Cnf par deux réunions pour préparer la réception de l’Algérie dans le cadre des éliminatoires Can/Mondial 2010. Donc six rencontres officielles et deux conférences de presse pour tenter de jeter le discrédit sur des citoyens comme de Malick Sy « Souris » ou des responsables de la défunte fédération, si ce n’est tout simplement pour s’opposer aux décisions ministérielles, symbolisent jusqu’ici le règne de Diagna Ndiaye. Un constat confirmé par un permanent au siège de la Fsf qui sous le couvert de l’anonymat affirme : « Je n’ai plus aperçu le président depuis la passation de service. Son bureau est d’ailleurs occupé par Louis Lamotte ». Par ailleurs, renseignent des sources bien au fait de la marche du Cnf, « Loum Diagne fait figure d’absentéiste en chef. Il n’a jamais posé le pied dans une rencontre du comité provisoire encore moins prendre part à une activité. D’ailleurs, rares sont ceux qui parmi nous (membres du Cnf) le connaissent ». Régulier aux premières heures de la normalisation, Cheikh Tidiane Mbaye est également sur la liste des abonnés absents. Ces rares apparitions ont été notées au ministère des Sports et à la Primature. Difficile ensuite de retrouver sa trace dans les « allées du football sénégalais ». Le directeur général de la Sonatel semble plus préoccupé par le fonctionnement de son entreprise. Tout comme Baidy Agne qui, coïncidence pour coïncidence, n’est là que quand la télévision est présente. Occasion pour lui de s’auto proclamer Porte parole du jour et occuper les média. Sans véritablement, en retour, donner le meilleur de lui-même pour mériter la confiance des autorités et de la famille du football. Perdu dans des explications tirées par les cheveux, Ass Mamoune Sèye tente de justifier le caractère absentéiste de ses collègues. Il indique que dans une organisation de cette nature, où les tâches sont clairement définies, « la présence physique n’est pas une obligation. Les personnes citées abattent un travail colossal dont les fruits profiteront au monde sportif en général. Ils sont au même niveau d’information que ceux qui participent régulièrement aux sessions et apportent chaque fois que de besoin, leurs contributions et observations sur les décisions et action à mener ».

Source : La Gazette






Hebergeur d'image