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Chants, danses et prières pour Mandela ( G88 )

Dakar, 15 déc (APS) – Artistes, hommes politiques, acteurs de la société civile et étudiants ont chanté, dansé et prié samedi soir à Dakar, pour rendre hommage au héros de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, Nelson Mandela, décédé le 5 décembre à l’âge de 95 ans et inhumé ce dimanche à Qunu, le village de son enfance.


Rédigé par leral.net le Dimanche 15 Décembre 2013 à 23:48 | | 0 commentaire(s)|

Chants, danses et prières pour Mandela  ( G88 )
La soirée musicale a démarré par la chanson culte "Asimbonanga" du groupe sud-africain Savuka, dirigé par Johnny Clegg, qui a dédié ce morceau à Mandela, dans les années 1980. La chanson fera danser plus tard le héros de la lutte anti-apartheid, après sa libération de prison. Un jour de 1999, après son retrait du pouvoir, Mandela monta alors sur scène pour en redemander à Clegg et son groupe, qu’il accompagna de petits pas de danse, lors d’un concert.

A son interprétation par l’Orchestre national du Sénégal succède une minute de silence et de prières des membres du Mouvement "Mandela Ba Faw" ("Mandela pour l’éternité", en wolof), du G88 (Génération 88) et de leurs invités, dans les jardins de la Maison de la culture Douta seck (MCDS).

"L’Afrique et le monde ont perdu un vaillant homme", déclare au micro le maître de cérémonie, l’animateur de radio Michael Soumah. "La musique faisait partie de la vie de Mandela", affirme-t-il, comme pour justifier la présence du public à la MCDS. Un public venu rendre hommage au "dernier héros du siècle dernier", souligne Souleymane Gaye du Mouvement "Mandela Ba Faw".

La soirée s’est déroulée de 19h50 à 23 heures, tout en reggae, mbalax, folk, discours et prières. Comme depuis le décès de Nelson Mandela, orateurs et musiciens ont rivalisé de superlatifs pour parler du premier président noir d’Afrique du Sud, en présence de l’ambassadeur de ce pays au Sénégal. Et des députés et hommes politiques Elhadji Diouf, Mamadou Lamine Diallo et Talla Sylla, de l’avocat Demba Ciré Bathily et leurs camarades du G88. Cette association réunit les membres du mouvement étudiant sénégalais des années 1980.

"Merci de nous avoir permis de négocier notre liberté ici, dans votre pays. C’est très heureux de vous avoir vus vous mobiliser pour cela", lance l’ambassadeur sud-africain, en faisant allusion à la solidarité sénégalaise avec les victimes de l’apartheid, surtout pendant les années 1980.

L’équité, la justice… Les valeurs pour lesquelles Mandela a passé 27 ans en prison, avant d’être libéré en 1990, sont chantées par les musiciens et évoquées par les orateurs, dont le professeur Babacar Diop Buuba, en torpédo et veste "trois pièces" pour la circonstance.

"Beaucoup de batailles économiques restent à gagner par l’Afrique, qui a gagné des batailles politiques", lance Buuba Diop, paraphrasant Mandela. Et cet historien de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar d’évoquer le massacre d’une trentaine d’ouvriers des mines réclamant une hausse de leur paie, à Maricana (Afrique du Sud), en 2012. Pour dire combien les luttes sociales "et les batailles économiques" restent d’actualité sur le continent.

"Mandela vaut bien une chandelle : celle d’une Afrique debout et fière", lance, depuis le podium de la MCDS, un porte-parole du G88, Boubacar Mbodj. Il loue l’"intelligence politique", l’"humanisme", le refus de "l’injustice, du racisme et de la xénophobie", le culte de "la solidarité" et du "partage", "le don de soi et la responsabilité", qui font ensemble "le Mandela Spirit" (l’esprit Mandela).

"Tu t’es dressé sans trébucher devant la toute-puissance d’un régime bestial et sanguinaire", martèle-t-il. Il fait allusion au régime de ségrégation raciale dirigé par les Blancs en Afrique du Sud, pendant plusieurs décennies.

Sur le podium, Fadel Barro du mouvement citoyen "Y en marre" rapporte le débat sur la vie et l’œuvre de Mandela au contexte social et économique sénégalais. "Si Mandela était Sénégalais, est-ce qu’il accepterait de vivre dans un pays où des enfants errent dans les rues ? Est-ce qu’il allait accepter que la plupart des Sénégalais vivent sans électricité et que les hôpitaux soient comme ils sont aujourd’hui ?" s’interroge-t-il. Aussi demande-t-il à l’assistance d’"incarner" les modèles comme Mandela et d’"arrêter de les chanter".

A la série de discours suit immédiatement une "improvisation" musicale intitulée "Mandela" des Frères Guissé, avec les doigts de fée de Djiby, à la guitare. "Mandela will never die. He is between us" (Mandela ne mourra jamais. Il est parmi nous", pour le français), chante Djiby Guissé, rejoint sur le podium par le doyen Idrissa Diop, vêtu d’un caftan et coiffé d’une casquette.

"On a privé Mandela de la lumière du soleil et de la clarté de la lune. Mais il devient de plus en plus lucide", chante Diop en wolof, de sa voix rauque, entraînant le public dans un balancement de mains pointés vers le ciel. Un public qui a davantage écouté que dansé, se vautrant sur ses chaises.

Mais un public se remuant par moments, comme lorsque Talla Sylla leva un bras au ciel et s’écria "Mandela !" de toutes ses forces, le seul mot sorti de sa bouche, sur le podium, où il est invité à "prendre la parole".

Alibéta et son orchestre, avec le titre "Bagnlèn" (Refusez, pour le wolof) et d’autres encore, chantent l’enracinement et l’égalité des races, comme le feront aussi à leur tour Iba Gaye Massar – à la guitare - et ses reggaemen, avec "Madiba", "Demna" et "La liberté n’a pas de prix". Ombre Zion, Picsou, entre autres, redonnent de la vivacité à l’ambiance qui, par moments, en perd. Sur le podium, Abou Thioubalo ponctue ses chansons de prières, pour le repos de l’âme de "Madiba" – le nom de clan de Nelson Mandela.

Le hip-hop a donné les dernières notes de la soirée. Didier Awadi s’empare du micro et invite le public à s’arracher des chaises, pour s’approcher du podium. Il exécute le titre "Amandla", avec Simon et Djily Bagdad notamment. Il fallait voir la danse endiablée d’Iba Gaye Massar ! Pour une demi-heure d’ambiance hip-pop…

ESF/ADC/AD






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