leral.net | S'informer en temps réel

Chers conseillers du CNRA, vos avis servent à quoi ?

Le débat en cours autour du métier de journaliste et des médias en général au Sénégal doit certainement prendre en compte les missions de certaines institutions de régulation comme le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel(CNRA). Il est nécessaire de s’occuper « de certains chiens de garde ». En suivant l’actualité du CNRA on a l’impression qu’il ne sert qu’à publier des avis. Le dernier en date, l’avis du quatrième trimestre 2009.


Rédigé par leral.net le Lundi 8 Février 2010 à 16:38 | | 0 commentaire(s)|

Chers conseillers du CNRA, vos avis servent à quoi ?
Comme d’habitude le CNRA déplore : « la diffusion de films comportant de séquences obscènes et violents à des heures de grande écoute… ». Et rappelle : « la nécessité d’une protection rigoureuse de l’image des enfants et la préservation de leur anonymat dans les programmes de radio et de télévisions ». Comme d’habitude la presse fait ses comptes rendus et analyses, les coupables se défendent, on tourne la page en attendant le prochain avis. Il en est presque ainsi tout le temps à part la suspension lors des élections locales de quelques heures de la diffusion pour certaines radios communautaires, interdites de débats politiques. D’ailleurs ce problème avec les radios communautaires est en stand bail en attendant une autre élection. Ce n’est pas efficace !

Le CNRA et ses avis c’est toujours presque la même chose dénoncé :

-la diffusion de films violents ou à caractère érotique à des heures de grande écoute

-la propension des télévisions à mettre en exergue des scènes de violence et de blessures lors des combats de lutte avec frappe

-le défilement de SMS au contenu ne respectant pas les règles élémentaires de la décence

-la diffusion de clips obscènes et vulgaires…

Depuis qu’est-ce qui a changé ?

Pourtant l’article 26 de la loi 2006-04 du 04 janvier 2006 portant création du CNRA prévoit : « une amende de deux à dix millions de franc CFA avec une pénalité de cent milles à cinq cent milles franc CFA par jour de retard » mais aussi : « une suspension temporaire de tout ou partie des émissions pour une durée d’un à trois mois ». En perspective des discussions vers un code de la presse, la recherche de l’apaisement entre le gouvernement et la presse suite à la rencontre entre le Chef de l’Etat et le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse (CDEPS), c’est peut-être incompréhensible d’appeler à l’application rigoureuse de la loi. Mais la loi c’est la loi, elle participe à la bonne organisation du système. Pour une institution qui selon la loi doit : « apporter des réponses pragmatiques face aux défis d’un nouveau paysage audiovisuel et anticiper sur l’évolution qu’un tel système est appelé à connaître », il faut plus de rigueur. Il le faut même si le CNRA dit : « privilégier le dialogue, la concertation et la sensibilisation, gages d’une régulation simple et efficace, au service de la démocratie et de la bonne gouvernance ».

Les plaintes des partis politiques, des syndicats et autres organisations de la société civile relativement à l’attitude de la chaîne de télévision publique ne représentent rien devant ces mauvaises manières de faire dans plusieurs télés et radio. Ces mauvaises manières qui pénètrent et sapent des fondements et des valeurs de notre société. Ces organisations plaignantes ont d’autres plates formes d’expression.

Le combat à mener est claire et c’est de l’urgence !



NDIAGA DIOUF. Journaliste.

ndiagadiouf2005@yahoo.fr






Hebergeur d'image