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Choix du Président de l’AMS, les faibles arguments de Macky - Par Ndiaga Sylla


Rédigé par leral.net le Mercredi 21 Janvier 2015 à 15:32 | | 0 commentaire(s)|

Choix du Président de l’AMS, les faibles arguments de Macky - Par Ndiaga Sylla
Le Président de la République, en recevant les élus locaux membre de sa formation politique, a tenu à justifier la désignation de son frangin à la tête de l’Association des Maires du Sénégal (AMS) assimilant cette structure à une association privée comme le parti politique qu’il convient de dissocier de l’Etat. Au plan strictement juridique, l’un et l’autre sont soumis aux règles applicables aux associations.

Certes, l’Ethique n'est pas Règle de droit, mais elle est tout aussi essentielle pour le bon fonctionnement des institutions. Sous ce rapport, il convient de relever :

Qu’en premier lieu, l’AMS est une association regroupant les représentants des exécutifs locaux des 557 communes du Sénégal qui ne sont rien d’autre que des collectivités publiques, régies par la loi n° 2013-10 du 28 décembre portant Code général des Collectivités locales .

Qu’en second lieu, la confusion entre les affaires privées et celles de l’Etat fait légion, même le cadre et le discours de la dernière rencontre entre le Président de la République et les Présidents de conseil départemental et les Maires membres du parti présidentiel le prouvent à suffisance.

C’est par le caractère privé du parti qu’assurément les autres militants de l’APR ont été écartés au profit de Aliou SALL. C’est certainement pour cette même raison que les autres prétendants de la coalition Bennoo Bokk Yaakar ont se sont éclipsés. Et quoi de plus logique que l’AMS élise in fine le candidat choisi par la coalition de la Majorité.

N’est-ce pas, au nom de l’autonomie des partis que le Président Macky SALL, a désigné en pleine réunion Mor NGOM, un ex-concurrent d’Aliou, pour diriger la Chambre des Elus, un organe de l’APR ?

Aussi le Président Sall ne disait-il pas : « J’ai choisi Moustapha Niasse comme futur président de l’Assemblée nationale. Personne ne me fera changer d’avis » ? Pourtant, l’on est bien dans la sphère de l’Etat où le principe de séparation des pouvoirs doit reste en vigueur.

Pourquoi, au nom du même principe, n’a-t-il pas voulu choisir parmi les responsables qui jouissent d’une légitimité incontestable pour piloter l’AMS ?

Sans doute, le Président SALL pouvait-il, par éthique, porter clairement son choix sur son frère ou l’afficher publiquement. Dès lors, des émissaires ont été dépêches qui réussiront à bien manœuvré pour matérialiser la volonté et le dessein du chef tout en chantonnant que celui-ci n’avait nullement de candidat.

En effet, Macky sait -comme il l’a si bien affirmé- qu’il doit impérativement organiser le parti à la base avec et autour des élus. Par conséquent, Aliou reste à ses yeux l’homme le plus fiable pour coordonner véritablement cette base en vue de la conquête d’un second mandat.

La vérité est que Macky, en tant que Chef de l’Etat, nomme qui il veut. Et comme Chef de parti, il choisit qui il veut.

Méditons les dispositions du Code électoral, en son article L.234, alinéa.2 et 3. : « Les ascendants et les descendants, les frères et sœurs peuvent être membres d’un même conseil municipal s’ils sont présentés par des listes différentes. Leur nombre est limité à deux (2) au sein du même conseil municipal.

Les conjoints et les alliés au même degré ne peuvent être simultanément membres d’un même conseil municipal. »

Dommage que sous nos cieux, les « conseillers » n’aient pas l’habitude ni l’audace de dire la vérité au Prince surtout de pareilles situations. Mais demain, le réveil risque d’être brutal car le peuple est entrain de digérer lentement…

Ndiaga SYLLA, Analyste politique






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