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Classé 2ème au Concours général : Limamou Laye revendique la 1ère place

On n’a pas à rougir de notre école publique. Malgré les nombreux défis et problèmes, elle continue de faire la fierté des Sénégalais comme le prouvent les résultats du Concours général de cette année qui placent encore les établissements publics devant le privé. Pour certains professeurs, cela démontre que malgré tout, il y a encore de la qualité dans les enseignements.


Rédigé par leral.net le Samedi 2 Juillet 2016 à 11:56 | | 4 commentaire(s)|

Classé 2ème au Concours général : Limamou Laye revendique la 1ère place
Le Concours général a livré ce jeudi ses résultats. Encore une fois, les établissements publics se sont illustrés, de fort belle manière. Ils ont ravi la vedette aux établissements du privé. Ce, malgré les nombreuses perturbations et les grèves cycliques de ces deux dernières décennies. La Maison d’éducation Mariama Bâ arrive en tête avec 4 prix et 10 accessits. Elle est suivie du lycée Limamou Laye. Le lycée de Thiaroye et celui du Prytanée militaire Charles Ntchoreré de Saint-Louis se sont aussi bien classés dans ce concours général. Une grosse satisfaction pour les défenseurs de l’école publique.
La question qui hante les esprits, c’est pourquoi le public caracole toujours en tête malgré des grèves cycliques et des conditions d’études assez déplorables. Samba Ndiaye, professeur de Français au Lycée Maurice de la Fosse a une petite idée de la question. Pour le professeur de français, cela s’explique en partie par la qualité des enseignements. Car, note-t-il, quoi qu’on puisse dire, ce sont les enseignants qui encadrent ces élèves sacrés meilleurs du Concours général. Son collègue Songhé Diouf, professeur de philosophie au Lycée Limamou Laye de Guédiawaye entonne le même refrain. «Il ne faut pas perdre de vue que les enseignants les mieux formés, se trouvent dans le public. Le privé met l’accent sur le système du vacatariat qui très souvent ne garantit pas toujours la qualité», soutient M. Diouf.
Alors les multiples grèves n’ont-elles pas d’impact sur les enseignements ? Le professeur Diouf relativise l’impact de ces crises. Expliquant sa thèse, le philosophe indique que les professeurs, qui partent en grève souvent, aménagent des heures de travail avec leurs élèves pour rattraper les cours. «Les enseignants sont animés d’une conscience professionnelle malgré les campagnes de diabolisation dont ils sont victimes», se défend-il. Il informe que les professeurs mettent les samedis, dimanches et jours fériés à contribution pour rattraper les jours de grève. Et Samba Ndiaye d’ajouter qu’il faut aussi se débarrasser des idées reçues qui voudraient faire croire à l’opinion que parce qu’il y a grève, l’école publique est pourrie. «C’est vrai qu’il y a des problèmes», reconnaît-il mais tout n’est pas mauvais. «Cette école produit et continue de produire de bons élèves à l’image du Président Macky Sall et bien d’autres personnalités qui ont fait leur cycle primaire et secondaire dans ce pays», souligne Samba Ndiaye.

La méthode Limamou Laye

En dehors du fait que les meilleurs lycées viennent du public, on peut aussi noter la performance de Lima­mou Laye de Guédiawaye, de Thia­roye et Seydou Nourou Tall qui sont très réguliers au Con­cours général. Des lycées, pourtant assez mal lotis si on les compare à Mariama Bâ et au Pry­ta­née militaire qui sont des écoles d’excellence. Ces établissements croulent dans le «dénuement matériel» total et accueille des classes de 60 élèves là où Mariama Bâ accueille les meil­leurs élèves du Sénégal avec des classe de 9 à 10 élèves environ, selon les explications du professeur Songhé Diouf. Mais malgré ces conditions, ils arrivent à se hisser au sommet de l’excellence. Qu’est-ce qui fait leur particularité ? En dehors de Seydou Nourou Tall qui a un statut particulier car étant un lycée d’application et par essence un lycée d’excellence, Limamou Laye et Thiaroye ne sont en rien spéciaux. Leur crédo, c’est le travail, raconte Songhé Diouf. «Cet établissement a fait du Concours général un défi. Il y a toute une organisation qui se met en place dés la classe de seconde», révèle-t-il. Il ajoute que les meilleurs élèves sont sélectionnés dans les différentes disciplines et sont encadrés par une équipe de professeurs rompus à la tâche de façon désintéressée en vue du Concours général. A cela, M. Diouf ajoute ce qu’il appelle le sursaut d’orgueil des élèves de la banlieue. «Ce sont des élèves doués de raison qui sont capables d’exceller dans toutes les matières même si des fois les conditions d’apprentissage peuvent jouer en leur défaveur», relève le professeur.

Le Quotidien






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