Clinton veut "accélérer" la chute du régime syrien

Samedi 11 Août 2012 - 14:08

La bataille pour le contrôle de la ville stratégique syrienne d'Alep continuait à faire rage samedi entre soldats et rebelles, non loin de la frontière avec la Turquie où la secrétaire d'Etat Hillary s'est engagée à "accélérer" la fin du régime syrien.



Clinton veut "accélérer" la chute du régime syrien
Les combats ont également gagné Damas et d'autres villes du pays, dont Idleb et Homs, où certains secteurs étaient bombardés par l'artillerie de l'armée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et des militants. Dans ce contexte de violences accrues, les chefs de la diplomatie arabes doivent tenir dimanche en Arabie saoudite une "réunion d'urgence" pour discuter du conflit et du remplacement du médiateur international, Kofi Annan, qui a démissionné la semaine dernière après l'échec de ses efforts de paix.

A Alep, deuxième ville du pays à 355 km au nord de Damas, les combats font rage sans relâche depuis le lancement le 8 août par les troupes du régime de Bachar al-Assad d'une offensive terrestre contre le principal bastion rebelle de Salaheddine (sud-ouest). L'armée affirme avoir repris le contrôle de Salaheddine et les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont dit avoir opéré un "repli tactique", mais les combats se poursuivent dans certains secteurs. "L'ASL a réussi à reprendre quelques positions stratégiques à Salaheddine", a déclaré Abdel Qader Saleh, un commandant de l'ASL dans la région d'Alep. "Les combats sont violents et ne se sont pas arrêtés depuis 24 heures. Plusieurs secteurs d'Alep sont soumis à un pilonnage".

Selon l'OSDH, le quartier al-Sukkari (sud), proche de Salaheddine, était la cible d'un violent pilonnage de l'armée qui semble se préparer à une opération d'envergure pour reprendre ce bastion rebelle. La bataille d'Alep, poumon économique du pays, a été présentée comme cruciale par le régime syrien qui reste déterminé à écraser le mouvement de contestation. Lancée en mars 2011 par des manifestations pacifiques, la révolte s'est militarisée au fil des mois face à la répression brutale.

"Casser le lien Hezbollah-Syrie-Iran"

A Damas, des combats se déroulaient à Tadamoun (sud), quartier dont l'armée avait annoncé la reprise il y a une semaine, selon l'OSDH et des militants sur le terrain. Des tirs et des explosions de roquettes ont été entendus dans d'autres quartiers. En outre, l'armée a bombardé des localités de la province de Damas, d'où les habitants ont commencé à fuir, selon l'OSDH.

Des violences ont secoué Deir Ezzor (est), Idleb (nord-ouest) et Homs (centre) avec de violents bombardements contre des quartiers échappant au contrôle de l'armée. A Deraa (sud), de fortes explosions ont été entendues. Au moins 21 personnes, dont 13 civils, ont péri à travers le pays selon un bilan provisoire de l'OSDH, basé en Grande-Bretagne, alors que les violences tuent tous les jours plusieurs dizaines de personnes.

En près de 17 mois de conflit, plus de 21.000 morts ont péri en Syrie, selon l'ONG. Face à l'intention affichée du pouvoir syrien d'en finir avec ceux qu'il considère comme des "terroristes", Hillary Clinton s'est engagée à "accélérer la fin de l'effusion de sang et du régime Assad", lors d'une conférence de presse à Istanbul avec son homologue turc Ahmet Davutoglu. "Nous continuons à accroître la pression de l'extérieur. Nous avons annoncé hier à Washington des sanctions destinées à exposer et à casser les liens entre l'Iran, le Hezbollah et la Syrie qui prolongent la vie du régime Assad", a-t-elle ajouté. Les Etats-Unis ont accusé vendredi le mouvement libanais du Hezbollah de jouer un "rôle central" dans la répression en Syrie. Le chef du parti chiite, Hassan Nasrallah, doit s'exprimer samedi à la télévision à 18H00 GMT. Aussi bien les Etats-Unis que la Turquie appuient l'opposition syrienne et réclament une transition politique prévoyant un départ de M. Assad.

En raison des divergences persistantes sur le dossier syrien dans la communauté internationale, notamment entre Russes et Occidentaux, l'émissaire international Kofi Annan avait jeté l'éponge la semaine dernière. Selon des diplomates à l'ONU, l'ancien diplomate algérien Lakhdar Brahimi est pressenti pour lui succéder.


Source:7sur7



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