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Commémoration du Cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres : Un lancement sans fard

La grande salle du Théâtre national Daniel Sorano était presque vide, samedi dernier, lors du lancement de la commémoration du cinquantenaire du 1er Festival mondial des arts nègres. L’événement est passé inaperçu aux yeux des Sénégalais. Et la majorité de ceux qui sont venus voir le film, réalisé en 1966 par les Russes, trouve qu’il n’est rythmé que par la musique et la danse. Pour eux, l’aspect scientifique et la participation des intellectuels du monde noir n’ont pas eu de place dans les images projetées.


Rédigé par leral.net le Lundi 18 Avril 2016 à 12:54 | | 1 commentaire(s)|

Les images du 1er Festival mondial des arts nègres, compilées dans un film documentaire, ont traversé vents et marées pour être montrées aux Sénégalais. Mais 50 ans après ce festival, s'interroge Le Quotidien, l’événement a-t-il encore une importance aux yeux du public ? L’histoire ne s’est pas répétée dans le cadre de ce cinquantenaire. Seules quelques personnes ont voulu venir se ressourcer. Pourtant, renseigne le journal, les organisateurs avaient annoncé la projection de ce documentaire comme un moment important de cette commémoration. Ils ont souhaité la présence des jeunes. Malheureusement, on pouvait compter du bout des doigts leur nombre dans la salle. Ce qui fait dire à certains que «le rendez-vous avec l’histoire passe encore inaperçu». Face à cette situation, l’artiste plasticien, Cheikh Diop, n’hésite pas à montrer tout son désarroi. «On constate que les gens ne sont pas intéressés par la culture, mais plutôt par autre chose. Ils ignorent l’importance qu’à la culture dans le développement d’un pays», regrette-t-il.
Pour les cinéphiles, le film réalisé par les Russes n’est pas le reflet de ce qui s’est produit au Sénégal en 1966. En effet, durant toute la projection du film, l’assistance n’a eu droit qu’aux activités «danse et musique» organisées à l’époque. De quoi pousser certains à se demander si c’est cela la mémoire culturelle de cette événement qui a marqué l’Afrique pour expliquer le côté folklorique de l’histoire de ce premier festival.
Ousmane Sène, Directeur du Warc, repose tout sur le regard qu’ont les Européens de l’Afrique. «C’est un film russe et il y a nécessairement le regard européen de l’Afrique. C’est ce qui justifie la place importante qu’on a donné à la musique, à la danse et surtout aux couleurs», justifie-t-il. M. Sène se dit convaincu que si c’était un Africain qui devait faire ce film, la perception et l’angle du traitement seraient différents. Pour autant, certaines indiscrétions estiment que les raisons avancées par le directeur du Warc ne sauraient expliquer l’absence de l’aspect intellectuel et scientifique du festival. Ceux-ci semblent bien déçus puisque l’objectif visé est de faire revivre cette manifestation à travers tout son contenu et surtout célébrer la race noire à travers ses « intellectuels, ses artistes, ses musiciens, bref tout le patrimoine culturel et scientifique».
Le président du Cacsen, Alpha Amadou Sy, disait, à cet effet, «si on veut penser à l’avenir, il faut voir ce qui a été fait». De leur côté, les quelques élèves, venus pour voir le film n’ont, eux aussi, retenu que l’aspect exotique de la culture africaine. En réalité, cette projection a été animée par les prestations des différentes troupes de danse venues de divers horizons et qui se sont produites tour à tour dans les rues de Dakar.
Thierno Malick Ndiaye
(Stagiaire)






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