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Commission des Nations unies : Aminata Touré demande la généralisation de la parité au-delà des postes électifs

Correspondance particulière. A l’occasion de la 59ème session de la Commission des Nations-Unies sur le statut de la Femme qui se tient à New-York (Etats-Unis), Aminata Touré, envoyée spéciale du président Macky Sall, a souhaité que soient prises « des mesures spéciales temporaires, notamment des quotas de représentation pour les femmes”. L‘ancien Premier ministre suggère que "là où la parité existe pour les postes électifs (comme c’est le cas pour le Sénégal)", il soit proposé "une loi de portée générale pour tous les postes de décisions".


Rédigé par leral.net le Jeudi 12 Mars 2015 à 11:44 | | 0 commentaire(s)|

Commission des Nations unies : Aminata Touré demande la généralisation de la parité au-delà des postes électifs
Selon l’ ancien Premier ministre du Sénégal, Aminata Touré, qui modérait, mardi 10 mars 2015, une table-ronde ministérielle organisée au Siège des Nations-Unies, dans le cadre la 59ème session de la Commission : « l’évaluation des quinze années de mise en œuvre de la Plateforme d’Action de Beijing pour l’avancée des droits des femmes montre clairement que les objectifs d’égalité et d’équité de genre sont loin d’être atteints dans la quasi-totalité des pays du monde, même si on note des progrès significatifs. » La table-ronde qui avait pour thème : “ Transformer les Politiques et le Vie Publique pour Réaliser l’Egalité des Genres“, a enregistré les interventions de plus d’une vingtaine de ministres venus des quatre coins de la planète et de nombreux représentants d’organisations multilatérales.

Appréciant les rares progrès notés par certains pays, l’envoyée spéciale du Président Macky Sall a relevé qu’au niveau de la représentation politique, “l’Afrique se distingue, avec le Rwanda et le Sénégal, comme ayant les plus forts taux de représentation des femmes au niveau du parlement. »

Ancienne responsable de l’ONU Femmes, Aminata Touré reconnait que les raisons des retards dans l’avancement des conditions des femmes sont multiples. Parmi elles, dira-t-elle : « On peut souligner entre autres les résistances socio-culturelles y compris au niveau des partis politiques; l’absence de ressources économiques pour les femmes qui veulent se lancer en politique; leur faible niveau d’éducation mais aussi les systèmes électoraux inéquitables, avec par exemple l’élection d’un seul député par région ou département qui élimine de facto les femmes qui sont très souvent préférées aux hommes. »

Au regard de toutes ces réalités, Mimi Touré propose « des mesures spéciales temporaires, notamment des quotas de représentation pour les femmes“. De son point de vue, il faudra, “là où la parité existe pour les postes électifs (comme c’est le cas pour le Sénégal), faire une loi de portée générale pour tous les postes de décisions“. Selon l’ancien Premier ministre, envoyée spéciale du président Macky Sall : “Le partenariat positif avec les hommes leaders et le changement de mentalités des jeunes hommes ainsi que le soutien des leaders religieux progressistes sont autant de stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la représentation des femmes en politique. »

Cette année les travaux de la commission qui se déroulent du 10 au 20 mars ont vu quelque peu leur couverture médiatique parasitée par la politique intérieure américaine, avec notamment la sortie de Mme Hillary Clinton, candidate potentielle du Parti Démocrate. Elle avait choisi la journée de ce mardi pour s’adresser aux milliers de femmes venues participer à cette rencontre annuelle. Aussi, tous les yeux et toutes les oreilles étaient-ils tournés vers le Palais de Verre pour écouter et regarder l’ancienne Secrétaire d’Etat du Président Barack Obama qui pourrait, selon de nombreux observateurs devenir, à l’issue des prochaines élections qui se tiendront dans moins de deux ans, la première Présidente femme de la Première puissance mondiale.

Il est à relever que depuis plus de deux semaines, Mme Clinton est au centre d’une controverse qui menace de déstabiliser sa campagne présidentielle qui n’est certes pas encore officialisée mais qui est considérée par beaucoup comme acquise. Il lui est reproché, alors qu’elle était Secrétaire d’Etat, d’avoir utilisé un serveur privé pour envoyer et recevoir des E-mails. Madame Clinton et ses partisans qui contestent une telle appréciation continuent d’affirmer qu’elle n’a commis aucun acte illégal et qu’ elle n’a divulgué aucun secret d’Etat.

Les médias, de même que ses adversaires du Parti Républicain ont créé une véritable clameur autour cette controverse, obligeant Mme Hillary Clinton à y répondre au cours d’une conférence de presse tenue dans l’enceinte des Nations-Unies au moment où toutes les participantes avaient espéré pourvoir focaliser l’attention du monde sur les conditions des femmes qui souffrent dans les quatre coins du globe.

Un bémol toutefois, ces mêmes participantes sont d’avis que les phénomènes politiques passagers seront bientôt oubliés, alors que les décisions cruciales qui seront prises lors de ces journées serviront dans les années à venir de boussoles aux décideurs.

Sud Quotidien






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