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Commune de Ngayokhème dans le département de Fatick : Un scandale financier secoue la mairie

Woula Ndiaye, conseiller municipal à la commune de Ngayokhème, accuse le président de la commission des finances, Aliou Faye, d’avoir procédé depuis quelque temps, «en complicité» avec le maire, Mbagnick Ndiaye et son premier adjoint Marcel Ndiana Ndiaye, à un recouvrement «frauduleux et illégal» de taxes. Des accusations que les mis en cause ont réfutées.


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Avril 2015 à 14:14 | | 0 commentaire(s)|

Commune de Ngayokhème dans le département de Fatick : Un scandale financier secoue la mairie
Un parfum de scandale, lié au recouvrement de la taxe municipale, est en train de polluer l’atmosphère au niveau de la municipalité de Ngayokhème dans le département de Fatick. A l’occasion d’un point de presse tenu dimanche dernier, un des conseillers municipaux, en l’occurrence Woula Ndiaye, sans porter de gants et en brandissant des documents à l’appui, a accusé le président de la commission des finances, Aliou Faye, d’avoir procédé depuis quelque temps, «en complicité» avec le maire, Mbagnick Ndiaye et son premier adjoint, Marcel Ndiana Ndiaye, à un recouvrement «frauduleux et illégal» de taxes municipales ainsi que d’arriérés de location des souks et cantines au niveau du marché hebdomadaire de Toucar, un des 18 villages de la commune. Un acte que le 4e adjoint du Conseil économique, social et environnemental (Cese) n’a pas hésité à qualifier de «vol, faux et usage de faux».

Aliou Faye se dédouane

Tout en reconnaissant avoir coordonné l’opération de recouvrement, Aliou Faye tente de se dédouaner. Il dit : «Lorsque j’ai été nommé président de la commission des finances, la première chose que j’ai faite, c’est de me rendre au niveau de la Trésorerie paierie régionale de Fatick pour rencontrer l’agent en charge des collectivités locales, afin de lui demander ce qu’il y a lieu de faire pour disposer des tickets pour le recouvrement des taxes municipales. M. Niane m’a reçu et m’a expliqué que nous devons faire une commande de tickets au niveau du Trésor. Ce qui reste maintenant, c’est la nomination d’un régisseur qui, en collaboration avec des collecteurs, va faire le recouvrement. Mais en attendant, nous avons décidé à l’interne, avec le premier adjoint au maire, de recouvrer les taxes, puisqu’on est resté six mois sans rien faire. Et dès que le régisseur sera nommé, nous allons lui verser l’argent recouvré contre une décharge… Je ne me reproche absolument rien, parce que je ne pense pas avoir commis une faute. J’étais simplement animé par un souci de bien faire. Maintenant, si on me dit que je n’aurais pas dû donner aux commerçants des ordres de recette sans la disponibilité des tickets en provenance du Trésor, je suis parfaitement d’accord, parce que je suis un légaliste. Mais encore une fois, la décision ne vient pas de moi, mais du premier adjoint, Marcel Ndiana Ndiaye, qui d’ailleurs garde par devers lui, la cinquante de mille que nous avons pu recouvrer». M. Faye ajoute : «Ces gens (Woula Ndiaye et Compagnie) ne sont pas des commerçants. Ce sont plutôt des opposants qui essaient de manipuler les vrais commerçants, rien de plus.»

Interpellé, le maire Mbagnick Ndiaye semble se démarquer : «Je n’ai été mis au parfum de cette affaire que le dimanche dernier par le conseiller Birame Mbarou Diouf. Je ne suis concerné ni de près ni de loin par cette affaire-là», dit-il de manière laconique.

Marcel Ndiaye : « Aliou Faye n’a pas dit la vérité»

Réagissant aux propos tenus par Aliou Faye et Woula Ndiaye, le premier adjoint, Marcel Ndiana Ndiaye, déclare : «Aliou Faye n’a pas dit la vérité. Ce qui s’est passé, c’est que les occupants des cantines appartenant à la commune sont restés sans payer depuis le mois de juin. C’est cet argent qu’on lui avait demandé de recouvrer et cet argent est avec lui. Je n’en suis absolument pour rien. Je ne veux pas entretenir une polémique, mais si vous voulez, prenez ce que le maire Mbagnick Ndiaye vous a dit comme une vérité. Les accusations de Woula Ndiaye sont tout aussi fausses. C’est maintenant que ce monsieur veut s’ériger en donneur de leçons, alors que du temps où il était président du Conseil rural de Ngayokhème, il n’y a pas de malversation financière qu’il n’a pas faite au point que les populations ont été amenées à porter l’affaire devant la gendarmerie.»

Par ailleurs, Woula Ndiaye a accusé son demi-frère de maire d’avoir violé l’article 253 du code des collectivités locales lors du vote du budget de la commune, parce que les conseillers ont été convoqués le 17 février 2015, alors que la réunion devait avoir lieu le 21. Soit un délai de 5 jours au lieu des 15 exigés par ledit code. Woula Ndiaye a aussi déploré l’attitude du sous-préfet de Niakhar, Ahmet Sarr qui, malgré cette «irrégularité manifeste», a laissé faire et a par la suite approuvé le budget. A ce propos, le maire, Mbagnick Ndiaye, a souligné que ce qui l’intéresse, ce n’est pas de savoir si la convocation a été faite dans un délai de 3, 5 ou 15 jours. Sa préoccupation majeure reste le règlement des problèmes liés à l’éducation, aux adductions d’eau potable ou à l’électrification rurale.

Le Quotidien






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