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Compagnonnage Macky-Tanor : Le jeu de la ruse

Entre Macky Sall et Ousmane Tanor Dieng, le compagnonnage semble ne tenir qu’à un fil, aujourd’hui. Et si le chef de file de l’Apr tient encore à son « ami » socialiste, c’est qu’il semble comprendre que la realpolitik impose par moments un cheminement dont les intérêts sont peu convergents.


Rédigé par leral.net le Jeudi 4 Juin 2015 à 12:38 | | 3 commentaire(s)|

Compagnonnage Macky-Tanor : Le jeu de la ruse
Un duel à distance. Mieux, Walfadjiri dans son édition du jour, parle d’un jeu d’échecs à visages couverts. C’est, assurément, ce à quoi se livrent, depuis quelques mois, les deux plus grandes formations politiques de la majorité présidentielle à savoir le Parti socialiste et l’Apr. Ou, de manière plus explicite Macky Sall et Ousmane Tanor Dieng. Si le premier se garde jusque-là de suivre les pas de ses lieutenants qui théorisent le « Muut Mba Mott » (la fermer ou débarrasser le plancher, Ndlr), son alter ego n’avance plus masqué. Les instances dirigeantes du Parti socialiste, avec l’onction visible du grand patron, se suivent et se ressemblent. Chacune de ces réunions de transforme en une sorte de procès en sorcellerie contre Macky Sall et son régime. Entre deux réunions d’instances, les jeunesses socialistes se chargent du sale boulot : une rupture claire et nette d’avec l’allié au pouvoir. « Le Parti socialiste est comptable du bilan. Macky Sall en est le responsable », a déclaré Abdoulaye Wilane, en marge de la tenue du drapeau du chef de l’Etat à Fatick. Mais dans la tête de Wilane, c’est assez clair. Le syndrome Landing Savané étant assez frais dans la mémoire collective, il ne faut pas compter sur un baobab de la politique comme le Ps pour répéter l’erreur. Mais, en face, il ne faut pas, non plus, compter avec Macky Sall pour offrir aux socialistes l’occasion de passer pour victimes d’un système paranoïaque qui n’admet pas, en dépit de la solidarité gouvernementale à géométrie variable, des critiques en interne.

Macky Sall sait, mieux que quiconque, que le Ps n’est ni l’Afp ni la Ld. Pour avoir critiqué certaines des actions du gouvernement, la seule ministre Ld (Khoudia Mbaye), a été obligée de se séparer de son directeur de cabinet. Et c’était la seule condition de son maintien dans l’attelage gouvernemental.
Quant à l’Afp, voulant multiplier les gages de fidélité et de solidarité, elle a été obligée de se mettre à dos ses franges les plus importantes. Au titre de ces gages, Moustapha Niasse a renoncé à toute ambition présidentielle. Du moins, tant que Macky Sall voudra de la présidence de la République. En contrepartie, le perchoir lui reviendra. Tant qu’il se tiendra à carreau. Une alliance de la souris et de la carotte.

Le Ps, qui n’est ni l’un ni l’autre, s’est aménagé une certaine marge de manœuvre. Les éléments les plus critiques de la « Maison des verts » ne sont ni au gouvernement ni dans les cabinets ministériels. Par conséquent, ils n’ont de compte à ne rendre à personne. Tanor Dieng, qui se trouve être le véritable interlocuteur de Macky Sall, n’occupe aucune position officielle dans le pouvoir. C’est donc libre comme une feuille qu’il peut, tous les dimanches, répéter à l’envie que, qu’il pleuve, vente ou neige, le Ps aura son candidat. A partir de quel moment, ce mandat sera-t-il connu ? Tanor dit, à qui veut l’entendre, que personne ne lui imposera un agenda.

Et les visiteurs nocturnes ont dû certainement souffler à l’oreille de Macky Sall que l’erreur fatale à ne pas commettre, c’est de renvoyer les ministres du Ps du gouvernement. Le cas échéant, il s’expose à quelques-uns de ces risques. D’abord, il endossera la responsabilité de la rupture. Ensuite, il aura participé au renforcement de cet embryon de front anti Macky Sall en gestation et qui est composé, entre autres francs-tireurs, de Idrissa Seck dont les atomes crochus avec Tanor Dieng sont du domaine public. L’autre risque, c’est de voir le Ps drainer dans son sillage des éléments faibles en foules de militants mais forts en gueule comme le Pit et la Ld.

Alors, instruits des avantages et inconvénients de chacune de leurs postures, Tanor et Macky Sall rusent à qui mieux mieux. S’installant ainsi à un jeu de dupes dont les calculs et autres arrière-pensées politiques tiennent lieu de touches de calculette.






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