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Compromission des progrès obtenus par le Sénégal dans le domaine de la riposte à VIH/SIDA


Rédigé par leral.net le Mercredi 3 Juin 2015 à 09:37 | | 4 commentaire(s)|

Compromission des progrès obtenus par le Sénégal dans le domaine de la riposte à VIH/SIDA
Depuis la découverte des premiers cas VIH au Sénégal en 1986 ; l’Etat a porté le leadership de la riposte qui s’est soldé par des résultats et des progrès réels mais surtout par la maîtrise de l’épidémie avec un taux de prévalence stable depuis plus d’une décennie autour de 0.7%.

Aujourd’hui ces nobles progrès sont menacés par la diminution des ressources extérieures allouées principalement par le Fonds Mondial pour la prévention et le traitement du VIH.

Ce bailleur de fonds a décidé de mettre en place un nouveau mécanisme de financement qui se concentrerait sur la continuité des services essentiels en matière de prévention, de traitement mais également de soins.

Face à cette nouvelle situation de plafonnements des ressources financières, la conduite à tenir est de trouver des alternatives qui consolideront les acquis par une pérennisation stratégique qui partirait de l’utilisation des moyens locaux disponibles aussi bien pour ceux financiers qu’humains en renforçant davantage l’engagement et l’implication effective de toutes les forces nationales du Public, du privé et de la Société civile.

Mais, le diagnostic fait de la coordination actuelle de la riposte laisse apparaître un manque de visibilité des actions prioritaires entreprises depuis sa nomination et une vision très floue du programme.

Force est de constater que le successeur de Dr Ibra NDOYE est Médecin de Formation avec une petite expérience à la fonction de Ministre.

Les quelques années passées au CNLS comme agent, chargée du Projet Fonds Mondial et à l’ONUSIDA n’ont pas beaucoup profité à sa nouvelle fonction de Secrétaire Exécutive Nationale du CNLS.

Devant les défis majeurs qui attendent le Sénégal sur le plan des réformes institutionnelles claires et pertinentes, sur d’autres moyens de financement de la riposte, le nouveau manager est occupé surtout à caser une clientèle politique, des proches et des amis. Ces recrutements sont basés et fondés sur l’affinité et non sur un besoin réellement exprimé par la structure.

Ces actes mèneront inéluctablement et sans l’ombre d’aucun doute la barque à mauvais port. Nous qualifions ce mode de gestion comme solitaire et non transparent du fait du non respect et la transgression des règles primaires de recrutement des structures relevant de l’Etat.

Un petit tour au siège du CNLS sis à l’Hôpital édifiera les Sénégalais sur des pratiques douteuses et peu orthodoxes de ce médecin de bureau animée par un seul dessein retrouvé un portefeuille ministériel.

Autre fait qui mérite d’être partagé avec les sénégalais est la vision clanique et corporative de la secrétaire exécutive. Loin de nous l’intention de porter un jugement de valeur mais il est de notre devoir citoyen de qualifier les faits par la narration. Il faut redresser la barre encore qu’il est temps sinon les efforts et les acquis de presque de 3 décennies de lutte acharnée contre le Sida risquent d’être anéantis par un lobbying animé par un souci pécuniaire.

Madame la Secrétaire exécutive vise à cloisonner la riposte à VIH au Sénégal. Entendez par là, la médicalisation de la lutte contre le SIDA. Rappelez-vous, de tout temps, certains médecins ont déploré le fait de confier la riposte à des non médicaux. Une petite révision des cours de santé publique rappellera que le SIDA est avant tout un problème de comportement et de développement donc pour l’endiguer, il faut nécessairement une stratégie de prévention efficace.

Les médecins ne s’invitent dans la danse que lorsque la personne est infectée par le VIH pour une prise en charge médicale avec l’administration des médicaments antirétroviraux ou non. Donc, nous sénégalais en qui nous concerne, avec notre taux de prévalence très faible 0.7% ce qui nous importe, c’est de faire en sorte que les gens adoptent des comportements responsables et à moindre risque. Ceci entre justement dans le domaine de la Prévention. C’est la raison d’être et c’est ce qui fonde même le Pourquoi de la création du CNLS qui est une unité de coordination nationale qui regroupe en son sein toutes les composantes et segments de notre société (secteur public, secteur privé et société civile).

Son prédécesseur, en l’occurrence Dr Ibra Ndoye a brillé de mille lumières à cause du principe sacro-saint de la Multisectorialté qui est le fermant actif de la riposte en d’autres termes la clé de voûte principale du succès de la lutte contre le SIDA au Sénégal.

Aujourd’hui, la Secrétaire exécutive du CNLS est en train de fouler de pleins pieds ce principe. Pour étayer mon propos, il est prévu les 2 et 3 juin un atelier de partage et d’orientation sur le nouveau Plan Stratégique du Sénégal 3G à l’endroit des Médecins Chef de Région. C’est une aberration et une abomination d’inviter seulement et uniquement les Médecins de Région qui sont le Point Focal du Ministère de la Santé dans le Comité Régional de Lutte contre le SIDA.

C’est une façon de mieux ferrer sa politique et sa stratégie de médicalisation. De toute l’histoire du SIDA au Sénégal, on n’a jamais assisté à une telle activité.

Partout ailleurs les gens sont à l’ère de la création des grands ensembles, l’ère du décloisonnement pour atteindre les succès escomptés pour tout développement durable.

Nous pensons qu’il urge que le Premier Ministre prenne ses responsabilités pour arrêter les dérives et ambitions démesurées du Secrétaire Exécutif du CNLS et trouver un scénario de coordination qui cadre avec les préoccupations du moment du Sénégal.

Ce dont je suis sur c’est d’avoir contribué encore une fois de plus à alerter l’opinion publique sénégalaise sur ce qui ce joue sur son avenir.

Pape Samba DIA
Gestionnaire en Santé
En mission dans les Grands Lacs






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