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Conférence de presse de la liste Bes Du Nakk: Remarques préliminaires

Le 25 mars 2012, le peuple Sénégalais a porté au pouvoir la coalition Bennoo Book Yakaar dirigé par le Président Macky Sall. Fruit d’une lutte exténuante depuis des années, le peuple venait de montrer à la face du monde son irrépressible désir d’émancipation déjà exprimé en l’an 2000 et totalement trahi par les douze (12) années du régime d’Abdoulaye Wade. Tout le monde sait aujourd’hui ce qu’a couté à notre pays et à nos concitoyens cette période triste de notre histoire.


Rédigé par leral.net le Vendredi 18 Mai 2012 à 14:55 | | 0 commentaire(s)|

Conférence de presse de la liste Bes Du Nakk: Remarques préliminaires
Je vous épargne le long inventaire des promesses non tenues, des abandons, des mensonges, des reniements. Le bilan a des allures de naufrage, avec un parlement devenu chambre d’enregistrement et un Premier Ministre réduit au rôle de Secrétaire Général, plus Secrétaire que général. A l’instar de Karl Marx, à propos de Louis Bonaparte, nous devrions lucidement interroger « les circonstances et les conditions qui ont permis à un médiocre et grotesque personnage de jouer le rôle de héros ». (le 18 Brumaire de Louis Bonaparte)

Par son cynisme et sa cupidité, par la barbarie des politiques imposées aux populations, par cette véritable obstination, à humilier, à blesser, à corrompre, à diviser, à réprimer, dans un climat de haine, il a entamé fortement l’éthique républicaine. Le comble de l’affaissement moral sera au moment de quitter le palais, en pillant tout sur son passage, donnant une dernière image et une sidérante illustration de qui était vraiment Abdoulaye Wade. Il fallait qu’il parte.

A l’appel d’Abdoulaye Wade pour féliciter Macky Sall, tout le peuple sénégalais a eu un sentiment de délivrance, de la fin d’une angoisse insupportable durant douze (12) ans, qu’il faut toujours garder à l’esprit pour ne jamais les revivre.
Cette décennie fut pour notre pays et notre peuple, une période tragique où le Président Wade a abimé l’image du Sénégal dans le monde et dans l’Afrique.

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Macky Sall mérite, largement, cette victoire, par son endurance, sa ténacité, sa capacité d’écoute et de synthèse, son commerce facile. Etre un Chef d’Etat n’est le fait du hasard. La politique exige, en effet, des aptitudes dont tout le monde ne jouit pas. Il faut au prétendant d’indéniables qualités et des dispositions exceptionnelles pour devenir cet animal politique capable d’endurer, d’encaisser, de se hisser au sommet de l’Etat. Il doit toujours s’armer de cette belle formule de Nelson Mandela : « La grandeur d’un homme ne réside pas dans son invincibilité mais dans sa capacité à se relever après chaque chute ». Macky Sall est tombé. Mais il a trouvé en lui les ressources nécessaires pour se relever. Le défi de Macky Sall est d’être digne de son destin.

Cette réussite a été garantie par le large rassemblement des forces vives de la Nation rassemblée dans le M23, les Assises Nationales et Bennoo Book Yakaar. Dès le 28 Mars, le Directoire national de Bes Du Ňakk a engagé la bataille politique et idéologique portant sur les leçons à tirer des résultats obtenus au second tour des présidentielles. Cette démarche a été décisive parce qu’elle anticipe le contexte dans lequel se déroule la campagne législative : sans l’émergence d’une force citoyenne nouvelle, unitaire, indépendante, autonome, combative, sans la magnifique bataille menée par le M23 depuis le mois de Juin pour défendre la constitution et contre la candidature d’Abdoulaye Wade, sans cette irruption citoyenne et populaire, reconnue comme l’évènement marquant de cette élection, sans l’assurance que les
conclusions des Assises Nationales allaient enfin être mis en œuvre, sans l’engagement clair et déterminant de nos militants durant toute les batailles du 1er et 2e tours, à la place de l’Obélisque et à la place de l’Indépendance, en accompagnant le Président Macky Sall partout au Sénégal, sans tout cela peut- être nous serions en train de vivre le 3e mandant d’Abdoulaye Wade au grand dam du peuple sénégalais.

Bien que n’ayant pas de candidat Bes Du Ňakk s’est massivement investi durant les deux tours de la campagne présidentielle. Pour l’histoire, il sera difficile de dissocier l’image de Bes Du Ňakk et de celle du Président Macky Sall. Notre mouvement s’est dépensé sans compter sur toute l’étendue du territoire que Macky Sall a sillonnée lors du 2éme tour. Bes Du Ňakk a pris la parole à presque tous les meetings et à toutes les haltes du parcours. On avait senti dans les foules un nouveau parfum d’espoir, l’idée que la bataille qui était menée ne serait pas menée en pure perte que l’enjeu était sérieux, la méfiance et la suspicion contre les politiques s’étaient dissipées, il valait la peine de

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s’en mêler. C’est une belle victoire et une fierté pour Bes Du Ňakk d’y avoircontribué.

Les femmes et les hommes qui se sont rassemblés dans « Bennoo Book Yaakar » pour le triomphe de son candidat ont ouvert une nouvelle espérance au Sénégal et en Afrique, en montrant que des élections libres et transparentes, conduisant à l’alternance, étaient encore possibles. Sans notre implication physique entre les deux tours, la victoire aurait été difficile. Une nouvelle ère s’annonce pour le Sénégal.

Notre objectif n’était pas seulement de changer le locataire de l’Avenue Léopold Sédar Senghor, mais plus profondément de créer les conditions de la rupture et de la refondation. Il s’agit donc de prendre la mesure à la fois du chemin parcouru et de ce qu’il reste à faire.

D’où la nécessité de parler des enjeux des élections législatives et du rôle que nos élus peuvent jouer à l’Assemblée Nationale. La démocratie représentative constitue un acquis fondamental dans le sens de l’émancipation politique.
Mais en donnant au peuple comme pouvoir essentiel celui de désigner ses représentants, une fois tous les cinq (05) ans, elle organise, à la fois, sa dépossession réelle quasi complète dans l’intervalle et une concentration de pouvoir dans les mains d’une classe politique qui se recrute, principalement, dans les couches sociales formées et formatées dans la langue de l’ancienne puissance coloniale. Cela dispense l’immense majorité du peuple de tout pouvoir politique de contrôle et d’intervention entre les élections. Le Sénégal que nous voulons construire doit être un pays d’équilibre.
Il faut donc dépasser un système qui concentre de fait l’essentiel des pouvoirs entre les mains de quelques – uns – qui organise la formation et le conditionnement politique du personnel adéquat, doté d’un Etat fort sur qui reposerait la responsabilité de conduire à lui tout seules les transformations sociales.

Bes Du Ňakk souhaite dans l’intérêt du peuple sénégalais et pour que l’espérance ne soit pas déçue, l’émergence à l’Assemblée Nationale d’une majorité représentant les forces vives de la Nation, plurielle, citoyenne, capable de porter les conclusions des Assises, faire face aux urgences sociales et promouvoir une amélioration des conditions de vie des populations.

Le 23 Juin, le peuple a démontré son potentiel d’émancipation. Il a montré sa force, mais s’est arrêté aux grilles de l’Assemblée Nationale. Il est grand temps qu’il entre dans l’Assemblée Nationale et investisse les lieux de décisions, qui, actuellement, dans l’exécutif comme dans le législatif sont le monopole de l’élite qui organise une connivence évidente entre les pouvoirs « publics » eceux de l’argent.

Les forces progressistes qui ont rendu possible la victoire de Macky Sall sont interpelées dans des conditions historiques différentes de l’an 2000, à un travail de refondation – mais surtout à une conscience plus aigue des défis de l’heure pour une nouvelle dynamique capable de faire émerger un projet de société visant à satisfaire ce formidable désir d’émancipation dans un environnement où les révolutions, les mutations et les secousses sont d’une telle ampleur et d’une telle célérité qu’il faut être à la fois inventif et créatif. Les conclusions des Assises sont à ce niveau la chance du Sénégal.
Malheureusement les élections présidentielles n’ont pas permis d’en débattre. Mais par bonheur, nous avons organisé cette conférence pour préciser notre niveau d’ambition, l’orientation que nous voulons imprimer à ces élections dans le cadre d’une campagne nationale menée avec nos partenaires de la liste Bes Du Ňakk, pour décider d’une feuille de route et de nos objectifs politiques.

Les élections législatives amènent au cœur du débat la nature du processus démocratique que les Assises Nationales vont enclencher : avec ses avancées, éventuellement ses reculs, ses moments de rupture où se produisent des sauts qualificatifs dans la transformation de l’ordre social, ses formes politiques, ses mobilisations sociales et intellectuelles, l’évolution des outils conceptuels et pratiques nécessaires.

Il s’agit de partir de la réalité d’un nouveau rapport de force politique reflétant l’expression du suffrage des sénégalais, tout en se demandant comment l’évolution de la situation dans l’ancienne puissance avec l’arrivée de la gauche au pouvoir va impacter positivement sur notre pays. Il faut une perception lucide de la réalité. Au milieu des clameurs de la liesse et des vivats de la victoire du 25 Mars, il faut garder la tête froide.

C’est le « mouvement réel qui abolit l’ordre actuel », le mouvement réel du 23 Juin a fait tomber Abdoulaye Wade. Il faut une rupture, c'est-à-dire un changement profond du système institutionnel qui transforme l’organisation des pouvoirs dans les sociétés.

Depuis les élections de 2007, le paysage politique sénégalais a profondément changé. Durant cette période de 5 ans, de nombreuses organisations politiques et mouvements citoyens, avec une innovation langagière inédite, sont apparus.

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L’APR d’abord, le parti au pouvoir qui n’existait pas, il y a cinq (05) ans, Yamalé (Bara Tall), Fekke maci boolé (Youssou Ndour), Taxaw teem, Yonou askanwi, Bes Du Ňakk, et plus récemment le M23, Y’en à marre avec les Assises Nationales. Toutes ces organisations ont affiché l’ambition de changer le rapport des citoyens à la politique.

Il s’agit pour les mouvements sociaux de ne pas s’arrêter à la porte des institutions avec la liste de ses doléances mais d’investir les lieux de pouvoirs et de décisions. C’est un des enjeux des élections législatives. Comment faire de telle sorte que le mouvement populaire qui a investi la rue sans désemparer de Juin à Mars au prix de vie humaine du fait d’une répression barbare qui n’a même pas épargné les lieux de culte, puisse être correctement représenté à l’Assemblée Nationale. Il faut bannir toute attitude délégataire, toute notion de confiance aveugle. Cela appelle une coopération active et consciente avec les élus comme nouvelle normalité de la vie démocratique.

A partir de cette conception, les échéances électorales prennent un sens nouveau. Ce rapport singulier entre élus et électeurs tend à modifier l’enjeu de l’élection et change la nature du vote. Il ne s’agit plus d’élire un représentant qu’on verra cinq (05) ans plus tard, mais élire un partenaire avec lequel on va, chaque fois que l’on en éprouve le besoin, co-élaborer, co-intervenir. Les démarches ne sont pas identiques. Dans un cas, on vote pour celui qui est déjà fort ; dans l’autre cas, on vote pour celui qui nous rend plus fort.

Il nous faut avoir une perception juste de processus de recomposition politique en cours, dont les médias ne retiennent que la transhumance. Alors qu’il y a une lame de fond qui traverse le Sénégal, qui est adossé à ce potentiel d’émancipation des peuples du monde qui n’accepte plus les politiques qu’on leur impose. Cette réflexion m’amène à passer une présentation de nos objectifs politiques pour les prochaines élections législatives.Nous avons fait le choix il y a trois (03) ans de participer aux Assises Nationales, d’écrire un article en 2009 « dafa dooy nadeem » pour que Abdoulaye Wade s’en aille. Nous avons créé « Bes Du Ňakk », participé au 19 Mars 2011, par l’organisation du séminaire « Assises Nationales : désir d’émancipation ».
Nous avons participé à la manifestation du 23 Juin et en tant que membre du Mouvement du 23 (M23), participé à la bataille héroïque du 1er et 2e tour de élections à la place de l’Obélisque et à la place de l’Indépendance.

Si aujourd’hui les gens nous rejoignent et regardent avec satisfaction du côte de « Bes Du Ňakk », c’est qu’ils se reconnaissent dans cette dynamique de rassemblement, qui a permis à notre mouvement de s’imposer. Mais il se pose la question de savoir est-ce qu’il existe un chemin pour le changement et une voie pour y parvenir.

Notre objectif pour les législatives est de créer à l’intérieur de l’hémicycle un groupe de députés « Bes Du Ňakk » fort, qui continue à se battre avec acharnement et jusqu’au bout.

Oui, ce 25 Mars nous avons remporté une première bataille décisive. Un Président qui adhère aux conclusions des Assises Nationales est installé à l’Avenue Roume.

Le peuple des Assises doit, sans tarder, répondre aux urgences sociales qui n’attendront pas. Des mesures immédiates, pour sauver l’année scolaire, réduire les prix des denrées, remettre l’économie au travail, faire les audits sur la gestion des biens publics, régler définitivement le problème de l’électricité et des inondations doivent être prises.

Commencent en même temps de nouvelles échéances : les élections législatives dont va dépendre la mise en œuvre les conclusions des Assises
Nationales. Il faut élire à l’Assemblée Nationale une majorité acquise des conclusions des Assises, capable de voter les lois, de les mettre en œuvre, d’adopter les lois sociales et institutionnelles sans lesquelles aucun changement n’est possible.

Il faut de très nombreux députés qui n’hésiteront pas une seconde à abroger les lois qui protègent les criminels et organiser les grandes auditions pour les dossiers contestés et voter les lois qui permettent de mettre en œuvre les conclusions des Assises.

Je lance un appel aux candidates et candidats de « Bes Du Ňakk » à repartir partout au combat pour rassembler autour de notre orientation stratégique l’ensemble des électrices et électeurs qui ont permis la victoire à Macky Sall aux élections présidentielles.

J’appelle l’ensemble des électrices et électeurs du peuple des Assises Nationales à élire le maximum de candidat de Bes Du Ňakk le 1er Juillet 2012pour assurer les changements venus à maturité.

Ce n’est pas la première fois, au cours d’une alternance victorieuse qu’une élection présidentielle soit suivie par des élections législatives. Nous sommes obligés de tirer les leçons du passé pour mieux percevoir les enjeux qui nous attendent. L’ampleur du rejet d’Abdoulaye Wade ne peut se comprendre qu’à la lumière de tout ce que le peuple lui a accordé pour réussir. Mais, il a trahi le peuple qui a violemment réagit. Le rejet grandissait de jour en jour et tout s’est accéléré depuis le 23 Juin. Le mot d’ordre « Touche pas à ma constitution » est un cri d’indignation contre une république abimée et défigurée par une politique gouvernementale qui a sacrifié les services publics, bafoué les principes démocratiques, violé les libertés, se vautrant dans les privilèges de l’argent et de la corruption. Le Sénégal était devenu un super marché ou tout se vend et s’achète il suffit d’y mettre le prix. L’écœurement avait pris le dessus sur l’espoir de réussir. Le rejet et le dégout dominaient l’envie de s’engager. Et pourtant Abdoulaye Wade avait tout reçu du peuple : Constitution, majorité qualifiée au Parlement et un état de grâce de sept (07) ans durant lesquels le peuple disait à la moindre critique : « Laissez-le travailler ». Il a tout gâché.Par une formidable mobilisation, le peuple a mis un terme à tout cela. La question fondamentale qui nous réunit aujourd’hui est de savoir comment articuler les deux campagnes présidentielle et législative : ces deux élections sont indissociables. Le désir du peuple sénégalais est le vrai changement. Nous devons faire la démonstration de ce qui distingue la notion d’alternance, cette alternance caricaturale mortifère à laquelle Abdoulaye Wade nous a enfermés, à celle d’alternative sociale, économique, politique et étique. Il ne serait pas souhaitable en tirant les leçons de l’histoire de commettre la même erreur.

Les candidats doivent porter la question du changement. Il convient de changer les lois, abroger beaucoup de textes qui ont altéré notre modèle démocratique et notre rigueur institutionnelle. Rien n’est acquis, la bataille sera rude dans les semaines à venir, mais mesurons à sa juste valeur l’immense potentiel que nous ouvre le travail déjà accompli. Cependant les milliers de nos concitoyens impatients de se débarrasser d’Abdoulaye Wade et de sa politique restent habités de doutes sur la vraie portée de la victoire obtenue le 25 Mars. Nous sommes convaincus que la présence massive et visible de Bes Du Ňakk et de ses candidats peut dissiper ce doute. Aujourd’hui la victoire est synonyme d’espoir et le potentiel de mobilisation de Bes Du Ňakk pour les élections législatives comme durant les élections présidentielles est le meilleur atout pour grouper et réunir.
En nous appuyant sur notre expérience de l’élection présidentielle et de la popularité toujours croissante de Bes Du Ňakk, l’espoir qu’il suscite et l’appréciation positive que les masses ont de notre participation auprès du


Président Macky Sall, nous nous impliquons dans la bataille des législatives avec une ambition raisonnable : donner des garanties supplémentaires à la mise en œuvre des conclusions des Assises Nationales avec l’élection d’un maximum de députés et assurer un groupe parlementaire Bes Du Ňakk, fort dont aura besoin la majorité présidentielle. La bataille sera difficile, le temps est court. Pour Bes Du Ňakk, ce sera sa première expérience électorale et il n’a pas fini sa structuration et la confection des listes a révélé beaucoup de faiblesses et un long chemin à parcourir.

Nombre de sénégalais qui ont voté pour Macky Sall l’ont fait à cause de la participation de Bes Du Ňakk à ses côtés. Beaucoup nous disent nous nous sommes engagés quand nous avons vu Bes Du Ňakk au second tour soutenir Macky Sall. Maintenant ils veulent assurer et garantir une politique de changement en votant Bes Du Ňakk aux élections législatives. Ils nous disent : il ne faut rien lâcher, il faut être avec Macky Sall. Votre présence à ses côtés nous rassure. La bataille sera rude. D’abord à cause de l’émiettement du landerneau politique, vingt quatre (24) listes de candidatures. Une bataille idéologique s’engage d’abord pour le PDS ou ce qui en reste qui a la prétention de vouloir une majorité conduisant à la cohabitation. Et le Bennoo Book Yakaar qui veut donner les moyens à Macky Sall de gouverner.

Dans ce contexte, il nous faut affirmer que la liste séparée de Bes Du Ňakk n’est que justice. Dans Bennoo Book Yakaar, Bes Du Ňakk n’aurait jamais pu avoir la considération qui correspond à sa représentativité réelle à cause de l’âpreté montrée dans le partage du gâteau. C’est le propre du système électoral présidentiel comme législatif, avec les négociations tortueuses, les éclats de voix comme cela se passe dans le Sénégal d’aujourd’hui, les rassemblements disparates, les coalitions de circonstance, les rapports distendus entre les réunions quasi secrètes où se prennent les décisions véritables (Bennoo Book Yakaar) et l’empoignade publique, la défense de programme montée pour la circonstance, le compte des voix, des pourcentages pour établir une représentativité basée non pas sur une majorité sociologique mais sur une performance électorale fuyante et versatile, l’inéluctable et douloureux désistement au second tour en faveur d’un adversaire haï et méprisé. Tel est le parcours du Sénégal profond et le spectacle que nous offrent les acteurs politiques et leur rhétorique. Nous tenons à prendre nos distances par rapport à tout cela.

Très confiant de ce que nous représentons, nous avons le désir de constituer un groupe très fort à l’Assemblée Nationale qui n’hésitera à abroger les lois scélérates, à voter de nouvelles lois capables de garantir la mise en œuvre des Assises Nationales et faire face aux urgences sociales.
Nous avons été à l’avant-garde de la bataille pour le triomphe de Macky Sall, nous voulons que son mandat soit une réussite. Abdoulaye Wade a été pire que prévu. Nous ne voulons pas prévoir le pire pour Macky Sall. Nous voulons prévoir le meilleur pour lui donner une réalité aux conclusions des Assises
Nationales. Nous voulons faire évoluer les rapports de forces dans le pays pour réussir les véritables ruptures. La première étape a été gagnée qui est de changer de locataire de l’Avenue Léopold Sédar Senghor. Nous voulons changer les occupants de la place Soweto pour qu’une majorité représentant les forces vives du pays puisse adopter des lois qui prennent en charge les urgences sociales et démocratiques. Notre rapport du Gouvernement de Macky Sall est simple : poser des actes forts pour améliorer les conditions de vie des populations, manger, se vêtir, se soigner, s’éduquer, se loger décemment, avoir de l’emploi. Aussi simple soit-il, c’est ce que demandent les syndicats.

De la composition de la future majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale dépendra de la qualité des lois qui y seraient votées. Macky Sall est devant un désir de vrai changement. Il faut créer les conditions pour qu’il n’en dévie pas. Pour ce faire il faut un groupe fort de Bes Du Ňakk en relation avec les mobilisations populaires, les luttes, les initiatives citoyennes. Nous voulons placer les candidats de Bes Du Ňakk à la tête de plusieurs départements.

C’est pourquoi un groupe fort de Bes Du Ňakk à l’Assemblée Nationale peut apporter le changement tant attendu. Nous ne voulons pas de groupe hégémonique qui concentre entre les mains tous les pouvoirs qui réduirait la portée du changement et porterait le risque d’un exécutif puissant transformant l’Assemblée Nationale, comme à l’accoutumée, en chambre d’enregistrement. Les conditions pour que l’Assemblée Nationale puisse jouer son rôle de contrôle de l’exécutif sont clairement définies dans la charte de gouvernance démocratique des Assises Nationales quant elle stipule

« Les différents pouvoirs doivent être bien équilibrés et jouer leurs rôles avec l’autonomie suffisante pour exercer pleinement leurs missions. C’est pourquoi notre action commune visera à promouvoir la réforme des institutions selon les principes ci-dessous énoncés :

• Mettre un terme, d’une part, à la tendance à la concentration excessives des pouvoirs à la présidence de la République notée à la suite de la crise de 1962 et qui s’est accentuée depuis l’alternance en l’an 2000, et d’autres part, à toute immixtion du Président de la République dans le fonctionnement du législatif et du judicaire. L’exécutif dans son ensemble doit s’abstenir de toute interférence dans le fonctionnement normal de la justice ;
• Le Président de la République sera dorénavant passible de poursuites judiciaires pour des crimes et délits caractérisés commis dans l’exercice de ses fonctions.
• Le Président de la République ne peut être ni chef de parti politique ni membre d’une quelconque association durant l’exercice de ses fonctions.
• Le gouvernement est responsable devant l’Assemblée Nationale de la formulation et de l’exécution de la politique de la nation ;
• L’Assemblée Nationale devient le lieu d’impulsion de la vie politique, avec des députés porteurs d’une éthique compatible avec les exigences de la démocratie et de celles de leur charge ».

Il convient que les acteurs des coalitions qui ont porté Macky Sall au pouvoir et qui ont signé la charte de gouvernance démocratique fassent preuve de cohérence pour que l’Assemblée puisse jouer le rôle que les Assises Nationales préconisent.

C’est pourquoi nous avons dès le début rejeté la notion de liste commune dans le cadre de Bennoo Book Yakaar parce que nous considérons que dans une démocratie mature comme celle du Sénégal, sans être asservis aux logiques claniques du pouvoir, les acteurs ne doivent pas se cacher derrière des coalitions imposées par les circonstances sans accord programmatique. Ils doivent se présenter devant le suffrage universel, gagner la confiance des masses, être au service d’une citoyenneté active de coélaboration, de codécision, de coévaluation qui s’étend jusqu’aux institutions africaines comme le Parlement panafricain. C’est le sens que nous donnons à la démocratie participative qui permet l’accès par les citoyens à l’élaboration et l’implication de ces derniers dans les choix décisifs.

Bes Du Ňakk est membre à part entière da la majorité présidentielle pour avoir contribué à la victoire de Macky Sall et veut la réussite de son mandat. L’une des conditions de cette réussite est la mise en œuvre des conclusions des Assises qui veulent un équilibre des institutions pour que le législatif ne soit plus inféode à l’exécutif. Un groupe Bes Du Ňakk, fort, à l’Assemblée Nationale est une garantie de cet équilibre. C’est pourquoi il faut très vite se mettre en ordre de bataille, partir à la rencontre de ces hommes et femmes qui ont voté, massivement, Macky Sall au 2e tour. Leur montrer que la bataille n’est pas terminée. Après avoir sorti Abdoulaye Wade et élu Macky Sall, il faut, maintenant, se donner les outils humains pour que Macky Sall réussisse. La clef du succès est la mise en œuvre des conclusions des Assises Nationales.

Bes Du Ňakk n’a pas l’intention de jouer les passagers clandestins dans quelques coalitions que se soit, conscient de sa force sociologique qu’il ne tardera pas à transformer en majorité politique, il entend garder toute son autonomie d’action pour jouer le rôle significatif de veille et de vigilance qu’attend de lui le peuple Sénégalais.

Pour être à même de jouer son rôle, Bes Du Ňakk présente une liste de candidats, qui dans sa composition, bien équilibrée, intègre toutes les couches de la population sénégalaise dans sa diversité ethnique, confessionnelle, confrérique, régionale, professionnelle sur la base d’une parité parfaite, conformément à la loi. Des personnalités telles qu’Hélène Tine, égérie de l’AFP une militante populaire aimée et respectée à cause des valeurs morales qu’elle incarne, Aliou Diack, Président de la Communauté rurale de Mbane, Ousmane Guéye, Maire de Saly Portugal, figure politique marquante du Département de Mbour, Fatou Kiné
Camara, Professeur émérite de droit à l’UCAD, militante infatigable et respectée de la cause des femmes et de la dignité de la race noire et du respect de sa contribution à la civilisation de l’universel, Awa Mbodj, ancienne égérie de Rewmi, personnalité politique marquante de la banlieue dakaroise avec une expérience militante et politique avéré, Cheikh Oumar Sy, organisateur sans relâche, membre de la grande famille omarienne, petit fils de Thierno Mountaga Tall, Moussa Niang, coordonnateur national de l’Association des bijoutiers du Sénégal et tant d’autres qui constituent la palette polychrome de la liste des députés Bes Du Ňakk, qui assureront leur fonction tribunitienne, des tribuns de la plèbe, capable de relayer dans l’hémicycle les clameurs qui montent de tous les segments de notre société, sans oublier la Diaspora dont les préoccupations doivent trouver un écho dans la représentation nationale à cause de son poids économique, social, politique et démocratique (trois millions cinq cents (3 500 000) sénégalais).

Oui Sénégal demain un autre pays ! Vouloir la rupture et construire un Sénégal nouveau au quotidien. Les élections législatives en sont une étape importante pour Bes Du Ňakk et pour le pays.

Fait à Dakar, le 18 Mai 2012

Le Président

Serigne Mansour Sy Djamil






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