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Conflit de génération en entreprise et guerre de positionnement – Par Yacine Bodian

Beaucoup d’administrateurs pensent que le meilleur moyen de régner, c’est de diviser ; ils jouent alors avec le personnel, usant de stratégies toujours machiavéliques pour créer un environnement conflictuel, tendu et fragile. Seulement, lorsque l’union, oxygène d’une entreprise, est prise en otage, la communication est sacrifiée, la productivité est au rabais et, peu à peu, la connaissance s’effrite laissant place au pilotage à vue. Tout ce beau monde est perdant, les seuls gagnants sont les personnes qui se servent de l’entreprise sans la servir.


Rédigé par leral.net le Mardi 29 Avril 2014 à 08:28 | | 5 commentaire(s)|

Conflit de génération en entreprise et guerre de positionnement – Par Yacine Bodian
C’est toujours avec beaucoup d’enthousiasme ou d’assurance que des diplômés intègrent une entreprise pour y trouver divers employés, ayant chacun sa personnalité, son éducation et ses ambitions ; et, parmi ceux-ci, des frustrés et des mécontents qui pensent ne plus rien avoir à perdre. Les conflits entre nouveaux et anciens ne sont pas rares et réduisent le rendement au détriment de l’entreprise.

L’arrivée du jeune diplômé est assez délicate et son intégration souvent problématique, surtout quand il négocie un bon salaire alors que, sur place, les rémunérations sont misérables et scandaleuses. Quand le nouvel employé a la malchance de tomber sur des expérimentés déjà frustrés par un salaire qui n’évolue jamais, contrairement à leurs besoins croissants, la jalousie se manifeste chez certains employés qui y voient une injustice. Le nouveau est alors détesté sans raison, surveillé, indexé, et souvent victime des pires rumeurs. Dans certaines sociétés, une vraie traque de sa vie privée est activée pour mieux l’anéantir.

Si en plus, le nouvel employé, naïf, tient compte des beaux discours pièges de l’employeur qui décrient les compétences des anciens, il arrive imbu de son savoir et de ses diplômes, se croyant au dessus de tout et de tous. Le clash est inévitable dès ses premiers jours avec presque toute l’ancienne génération qui se ligue systématiquement contre lui. Une guerre sans pitié et sans règle s’installe entre celui qui apporte un souffle nouveau et ceux qui sont sur la défensive.

Les dossiers disparaissent sous son nez, les machines sont effacées de toute information et le nouveau venu peine à cueillir le plus petit renseignement. Mis en quarantaine et piégé dans son travail, toute action lui devient difficile. La théorie et la pratique étant aux antipodes, il a de forte chance d’être écrasé au bonheur de ses ennemis et l’indifférence de l’employeur.

Cette animosité reste le meilleur vecteur d’une politique malsaine et d’une grande liberté de mal gouvernance.

Cependant, d’autres nouveaux venus réussissent leur intégration malgré la jalousie et le refus de collaboration de certains car ils font preuve d’humilité, de savoir vivre et de respect. Cette démarche, très souvent prospère, favorise leur acceptation par la majeure partie du personnel et le nouveau venu bénéficie de l’estime et de l’affection de tous. Même les plus récalcitrants sont sous son charme grâce à la bonne éducation et au respect qu’il leur voue. Par reconnaissance, ces derniers lui transmettent leur savoir et leur expérience.

Un adage sénégalais dit que "ce que la politesse te donne, l’insolence te le refuse".

Néanmoins, il y a toujours des dinosaures qui pensent que leur ancienneté leur donne le droit de faire certains abus. Le droit d’aînesse mal utilisé peut conduire à des dérives telles que la méchanceté et la jalousie. Ainsi, les jeunes au lieu d’être encadrés sont acculés, harcelés et employés pour toutes les petites tâches ingrates qui n’ont absolument rien à voir avec le travail ; ce qui n’est pas acceptable après de longues et sérieuses études suivies de diplômes mérités.

Aussi, quelle que soit la patience et la volonté du nouveau, un travail en équipe devient-il impossible. Les coups bas, les coups de poing et peaux de bananes sont alors le lot quotidien de tout ce beau monde qui, dès le réveil, commence à concocter des plans de combat ou à appréhender une nouvelle journée en enfer.

Pour parer à ce malaise, au lieu de diviser pour mieux régner, les administrateurs gagneraient plus à pacifier l’environnement de l’entreprise en mettant en place des plans de carrières pour motiver tout le personnel. L’expérience de l’ancienne génération sera mise à profit pour mieux exploiter la force et l’innovation de la jeunesse. Une telle politique est l’une des meilleures pour une entreprise soucieuse de la réalisation de ses objectifs.

ybodian3@gmail.com






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