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Conflit entre la Russie et l’Ukraine: Un an après, le statu quo

Rédigé par leral.net le Jeudi 23 Février 2023 à 18:14 | | 0 commentaire(s)|

Beaucoup ne croyaient pas vraiment que la Russie allait lancer une opération militaire spéciale en Ukraine. Le 24 février 2022, la Fédération de Russie envahit l’Ukraine; plongeant le monde dans une crise inédite au lourd bilan macabre et qui a entraîné le plus important afflux de réfugiés en Europe. De part et d’autre, les belligérants […]

Beaucoup ne croyaient pas vraiment que la Russie allait lancer une opération militaire spéciale en Ukraine. Le 24 février 2022, la Fédération de Russie envahit l’Ukraine; plongeant le monde dans une crise inédite au lourd bilan macabre et qui a entraîné le plus important afflux de réfugiés en Europe. De part et d’autre, les belligérants s’accusent mutuellement d’exactions, d’actes de tortures et des viols. Un an après son déclenchement, le monde assiste, impuissant, à une situation de ni paix-ni guerre. 

La flambée des prix, amorcée en 2021 par la désorganisation des chaînes de distribution combinée à la forte demande de produits et services essentiels au redémarrage des économies après la Covid-19, s’est accéléré en 2022 pour atteindre des niveaux inédits depuis des décennies. A ce tableau morose est venu se greffer le conflit entre la Russie et l’Ukraine qui a éclaté le 24 février 2022. La partie moscovite a exprimé à plusieurs reprises les raisons, y compris la menace de nature militaro-stratégique de Kiev. S’agissait-il seulement de renverser le gouvernement ukrainien pour garantir la neutralité militaire de l’Ukraine et créer un ordre constitutionnel et gouvernemental favorable à la Russie ? Est-ce pour le conquérir en vue de l’occuper pour s’approprier ses ressources puis de l’intégrer, avec la Biélorussie, dans un ensemble confédéral de la Fédération de Russie. En tout état de cause, à travers la « dénazification » et la « démilitarisation » de l’Ukraine, les forces russes espéraient le priver des moyens militaires de réaliser le « génocide » qu’il aurait déjà commencé à perpétrer depuis huit ans vis-à-vis des habitants russophones des deux républiques sécessionnistes du Donbass réduite à un champ de ruines dépeuplé. Le président Vladimir Poutine rompt ainsi avec cette tendance en faisant de nouveau du militaire une priorité par la réforme des forces armées. Le changement de priorité dans la politique étrangère russe sous son magistère est marqué par le recours à la force.

Entre isolement diplomatique, sanctions économico-financières et co-belligérance 

Dans cet optique, la Russie a occupé de force la Crimée et le Donbass en 2014 où elle a détruit les infrastructures militaires et vidé une partie de ses habitants et envahi l’Ukraine en 2022. Pour Poutine, Ukrainiens et Russes ne constituaient qu’un même peuple et que « l’Ukraine, c’est la Russie ». Suivant la pratique militaire stratégique dite de la « terre brûlée », il attaque désormais les centres urbains, les centrales électriques et même nucléaires ainsi que les réseaux routier et ferroviaire du pays. Le Ministère des Affaires Etrangères d’Ukraine, réagissant officiellement à la reconnaissance par la Fédération de Russie, des Républiques populaires de Louhansk et de Donetsk », avait condamné cette « décision de Vladimir Poutine qui viole gravement la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ». Alors, l’objectif stratégique réel de la Russie sous Poutine, qui mène une politique occidentale de quasi-rupture, sera-t-il atteint ? En tout état de cause, force est de reconnaitre que face à l’ampleur et à la dureté de la nouvelle campagne que mène la Russie sur son territoire, l’Ukraine, qui refuse aussi bien d’être satellisée que d’être annihilée par Moscou, résiste farouchement avec l’appui des puissances occidentales de l’Otan. Face à la résistance ukrainienne, on assiste à un enlisement militaire en lieu et place de la guerre-éclair prônée par la Russie. Aujourd’hui, le président Vladimir Poutine se retrouve très isolé diplomatiquement et économiquement par les pays occidentaux de l’OTAN qui ont infligé à la Russie des sanctions économiques, durcies au fil du temps, qui continuent de créer de sérieux problèmes aux économies africaines faibles, tout en livrant des armes et en appuyant financièrement à l’Ukraine ; plombant de fait la résurrection de la « Nouvelle Russie ». En guise de représailles, la Russie frappe le point faible de l’UE : sa dépendance au gaz russe. Elle fait aussi planer la menace d’une crise alimentaire mondiale. Pour contrer les dégâts collatéraux et les impacts néfastes des chocs exogènes (crise agro-alimentaire et énergétique) liés à la crise russo-ukrainienne sur les 54 pays d’Afrique, le président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall s’est entretenu à Sochi le vendredi 3 juin 2022. Il a ensuite séjourné à Kiev où il a échangé avec le président Volodymir Zelensky. En ces occasions, il a porté le message du 1 milliard 400 millions d’africains et demandé à ses homologues « une désescalade et de travailler pour la paix et à l’arrêt des hostilités». Il leur a également demandé de « prendre conscience de la situation alimentaire du continent victimes de cette crise au plan économique et l’urgence à résoudre l’accès des pays africains aux engrais dont une partie de la solution se joue en Russie et en Ukraine.

Persistance du statu quo 

De nouveaux développements ont eu lieu trois jours avant le premier anniversaire du déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine, le 24 février 2022. Dans son discours prononcé à l’Assemblée fédérale russe ce mardi 21 février 2023, le président russe, s’est encore attaqué à l’Occident au lendemain d’une visite surprise, la veille du président américain Joe Biden à Kiev, qui a promis à Volodymyr Zelensky, que les États-Unis vont livrer à l’armée ukrainienne « des équipements essentiels, notamment des munitions d’artillerie, des systèmes antiblindés et des radars de surveillance aérienne ».​​​​​​​ Vladimir Poutine a annoncé que « la Russie, je le répète, ne se retire pas du Traité New Start mais suspend spécifiquement sa participation sur les armes stratégiques offensives, promettant de poursuivre « la guerre que l’Occident a commencée en Ukraine ». Cet accord conclut avec les Etats Unis le 8 avril 2010 représente «le dernier traité de désarmement entre les deux principales puissances nucléaires du monde » portant sur la réduction des ogives stratégiques offensives et les lanceurs stratégiques des deux pays. Il a en outre estimé que les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN « veulent infliger une défaite stratégique à la Russie, puis superviser ses installations nucléaires ». Poussant le bouchon plus loin, le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué par voie de communiqué ce mardi 21 février courant, l’ambassadrice des États-Unis à Moscou, Lynne Tracy, pour protester contre « l’implication grandissante de Washington aux côtés du régime de Kiev dans le conflit en Ukraine ». Une convocation qui a lieu à la veille de la participation du président américain, Joe Biden, au sommet des dirigeants du groupe des « neuf de Bucarest » (le « B9 »), composé de pays de l’aile orientale de de l’Alliance atlantique, (Otan), qui s’est tenu le mercredi 22 février 2023 à Varsovie (Pologne).

Mamadou Lamine DIEYE

 

 



Source : https://lesoleil.sn/conflit-entre-la-russie-et-luk...