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Côte d'Ivoire : le procès Gbagbo s'ouvre ce matin à La Haye

le 28 Janvier 2016 à 10:17 | Lu 333 fois

Le procès de l'ex-président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, et de son ancien chef de la milice, Charles Blé Goudé, s'ouvre jeudi devant la Cour pénale internationale. Les deux hommes sont jugés pour crimes contre l'humanité, lors de la crise post-électorale de 2010-2011.


Alors qu'il devait initialement s'ouvrir le 10 novembre dernier, le procès de Laurent Gbagbo se tiendra finalement jeudi après avoir été repoussé en raison de la santé de l'accusé. L'ancien président ivoirien sera ainsi jugé avec Charles Blé Goudé, l'ex-meneur des Jeunes patriotes, milice composée de fervents défenseurs de Gbagbo. Les deux hommes, âgés respectivement de 70 et 43 ans, sont poursuivis pour leur rôle présumé dans la crise née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara à l'issue de la présidentielle de 2010 en Côte d'Ivoire. Plus de 3.000 personnes sont mortes lors de ces cinq mois d'attaques.

Ce procès, très attendu, est le premier durant lequel un ancien chef d'État sera jugé devant la Cour pénale internationale (CPI).

Une accusation qui divise

Jeudi, les deux hommes devront plaider coupable ou non coupable de quatre crimes contre l'humanité: meurtres, viols, actes inhumains et persécutions. Selon l'un des avocats de Charles Blé Goubé, son client plaidera non coupable.

L'accusation affirme que l'ancien président aurait initié un «plan» alors qu'il était encore au pouvoir, «sachant qu'une élection présidentielle libre était à terme inévitable». Toujours selon l'accusation, ce «plan» aurait été mis en œuvre avec l'aide de la police, de l'armée et de plusieurs mouvements de jeunes partisans, menés par le «général de la rue» Charles Blé Goudé. «Ces attaques ont été menées par des forces publiques ou des groupes organisés, qui agissaient sous le contrôle d'une certaine hiérarchie», assure un membre du bureau du procureur.

Du côté de la défense, le discours est tout autre. Elle assure que l'ancien président était un fervent défenseur de la démocratie et conteste l'existence même d'un «plan commun». Pour Laurent Gbagbo et ses partisans, dont 1.500 sont attendus jeudi devant la CPI, la France est derrière le «complot» qui a entraîné sa chute. «C'est un homme de convictions, un homme sincère, un promoteur de la démocratie», assure son avocat principal, Emmanuel Altit. «Il veut que ce procès fasse éclater la vérité», explique-t-il.

le figaro