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Côte d'Ivoire : six mois de prison ferme pour Laurent Akoun, le numéro deux du FPI

le 31 Août 2012 à 20:29 | Lu 386 fois

Le secrétaire général du Front populaire ivoirien, le parti de l'ex-président Gbagbo, Laurent Akoun, a été condamné, ce vendredi 31 août, à six mois de prison ferme. Arrêté le 26 août dernier, il était jugé pour troubles à l'ordre public. Le procureur avait requis cinq ans de prison.


Côte d'Ivoire : six mois de prison ferme pour Laurent Akoun, le numéro deux du FPI
« C'est une déception. On a compris tout le long des questions posées par le
parquet que c'est un verdict politique », a dénoncé l'un des avocats de Laurent Akoun, Me Toussaint Zahui Dako. Il a ainsi annoncé que la défense comptait faire appel, elle qui avait réclamé une « relaxe pure et simple », jugeant l'accusation infondée.

Les débats, vifs, avaient pourtant duré près de quatre heures et Laurent Akoun risquait la peine maximale prévue pour troubles à l'ordre public. Le ministère public considérait en effet qu'il n'y avait aucune circonstance atténuante. « Laurent Akoun a appelé ses militants à la révolte et à l'insurection » - en déclarant notamment qu'Alassane Ouattara n'avait pas gagné l'élection présidentielle -, avait indiqué le procureur.

« C'est dommage pour la démocratie »

Aux yeux du procureur, non seulement Laurent Akoun a appelé ses militants à la révolte et à l'insurrection mais ses propos ont été relayés dans la presse.

Le n°2 du FPI ne nie pas avoir prononcé ces mots, mais ce qu'il rejette, c'est l'intention de créer le trouble : il assure avoir seulement voulu mobiliser les représentants locaux de son parti, pour ce qu'il qualifie de combat démocratique.

Si le juge est allé moins loin que la réquisition du parquet, Laurent Akoun est tout de même condamné à 6 mois de prison ferme. Maître Gouaméné, l'un de ses avocats, souligne que les propos de Laurent Akoun n'ont pas été suivis d'effets, car aucun sympathisant du Front populaire ivoirien n'a ensuite créé de troubles. Il dénonce une sentence politique :

« Ce jugement nous donne l'impression qu'on veut nier la liberté d'opinion aux hommes politiques en Côte d'Ivoire, et ça c'est une atteinte grave aux droits et libertés des hommes politiques, parce que dans une démocratie l'opposition a le droit d'exister, les hommes politiques, l'opposition ont le droit de s'exprimer et de donner leur opinion, mais avec ce jugement c'est une tendance de museler l'opposition, et c'est dommage pour la démocratie ».

Laurent Akoun avait été arrêté le 26 août dernier. Le responsable du FPI est reparti menottes aux poignets vers la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, où il est détenu depuis le début de la semaine.

Ce verdict intervient alors que le pays connaît un regain de tension après une vague
d'attaques contre l'armée imputées par le pouvoir à des pro-Gbagbo.


Source:Rfi