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Coupures intempestives, limogeages effrénés : Senelec, zone à haut risque

La Senelec fonctionne comme un four pour ses directeurs généraux. Ils sont presque tous grillés au bout de quelques années par la température sociale. De Samuel Sarr en 2006 à Pape Dieng, ils ont presque tous été emportés par les coupures, indique EnQuête dans son édition du jour.


Rédigé par leral.net le Mercredi 24 Juin 2015 à 10:38 | | 3 commentaire(s)|

Coupures intempestives, limogeages effrénés : Senelec, zone à haut risque
Pape Dieng est donc parti ! Le désormais ex-directeur de la Société nationale d’électricité (Senelec) a été emporté par le retour des coupures. Pourtant, avant cet épisode qui a été fatal à son boss, la Senelec avait réussi tant bien que mal à respecter son contrat de fourniture d’électricité à l’égard de ses clients. Pape Dieng n’a peut-être pas tort d’affirmer que les coupures sont passées de 900 heures en 2011 à 33 heures en 2015. N’empêche, il a fallu une période de crise pour qu’il perde son fauteuil.

Mais Pape Dieng est loin d’être le seul directeur victime de la société, surtout en temps de crise. Là où la société nationale de téléphonie (Sonatel) a connu un seul directeur en 25 ans, la Senelec en a vu défiler au moins 5 en l’espace de 15 ans. L’un des plus connus après 2000 est sans doute Samuel Ameth Sarr. Même si le problème de la boîte date du temps de Diouf, c’est réellement en 2004 que les problèmes les plus sérieux ont commencé à se faire sentir. Déjà en 2003, a été paraphé la Lettre de Politique de Développement du secteur de l’Energie (Lpdse). Mais celle-ci a connu un échec dû en grande partie au renchérissement du prix du fioul lourd, principale source de production d’énergie. Depuis, la Senelec a toujours éprouvé d’énormes difficultés à payer à ses fournisseurs, de sorte que ceux-ci refusent même parfois de lui livrer le fioul. Les délestages se multiplient et le nom de Samuel Sarr est sur toutes les lèvres. La situation étant difficile pour les ménages et les entreprises, le boss de la Senelec quitte son poste en octobre 2006. Il refuse toute idée de limogeage et déclare avoir demandé lui-même à l’ancien chef d’Etat Abdoulaye Wade de le démettre de ses fonctions. La raison principal ? Son différend avec l’actuel chef de l’Etat Macky Sall, à l’époque Premier ministre du régime libéral. « Je suis en désaccord avec Macky Sall. D’ailleurs, avec la complicité de Hassan Bâ, il avait demandé mon départ au Président. Ce que ce dernier a refusé de faire ».

La marche de Guédiawaye
Après le départ de Samuel Sarr, arrive Lat Soukabé Fall, le moins connu sans doute des directeurs de la Senelec. Lui aussi va faire face à la crise que traverse la Senelec. Entre-temps, en avril 2007, Samuel Sarr prend sa revanche. Lui qui a été défenestré a été nommé ministre de l’Energie en remplacement de Madické Niang. Mais les problèmes demeurent et restent entiers. La Senelec perd 6 milliards en 2007 et 7,6 milliards en 2008. Le fossé se creuse et, deux ans après son arrivée, Lat Soukabé Fall est limogé. Il a fait les frais d’une situation tendue dans la banlieue, particulièrement à Guédiawaye. Un certain Youssoupha Sarr jusque-là inconnu du grand public devient la figure de proue du refus de payer les factures de la Senelec. Une marche est organisée le 06 décembre 2008 à Guédiawaye. Lat Soukabé Fall a été limogé quelques jours seulement après la marche tenue à Guédiawaye. Il sera remplacé au poste de Directeur général de la Senelec par Seydina Kane, un cadre qui a gravi les échelons à l’interne. Dans un souci d’apaisement, il appelle les populations à payer les factures et s’engage à trouver une solution.

« Plan Takkal » de Karim Wade avec 628 milliards
Cependant, le duo Samuel Sarr/Seydina Kane n’a duré qu’un an et trois mois. En effet, en octobre 2010, arrive le sauveur Karim Wade fils du Président Abdoulaye Wade. S’adressant à Macky Sall et à Idrissa Seck, passés dans l’opposition, il affirme : « Je suis venu en tant que pompier pour préparer ce que ces deux anciens Premiers ministres n’ont pas fait ». Le pompier met en place un Plan de restructuration et de relance du secteur de l’énergie dénommé « Plan Takkal ». Un plan évalué à 628 milliards de francs Cfa sur la période 2011-2014. Rien que pour l’année 2011, il fallait 365 milliards de F Cfa. 220 milliards ayant été déjà acquis, il restait 145 milliards.

Le nouveau Dg de la Senelec sait donc à quoi s’en tenir puisque ses prédécesseurs se sont cassés les dents dans la direction.






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