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Craintes d'un nouveau massacre en Syrie

le 12 Juin 2012 à 11:20 | Lu 461 fois

Les États-Unis et Kofi Annan ont exprimé leur inquiétude pour la population de Haffé, dans l'Ouest, où les chars de Bachar el-Assad ont pris position. Ban Ki-moon réclame l'accès à la ville pour les observateurs de l'ONU.


Craintes d'un nouveau massacre en Syrie
Les forces de Bachar el-Assad préparent-elles un nouveau massacre contre la population syrienne? C'est la crainte de Kofi Annan. Sur la base d'«informations faisant état de l'usage de mortiers, de chars et d'hélicoptères dans la localité de Haffé», l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe s'inquiète, selon son porte-parole, «des indications qu'un grand nombre de civils sont pris au piège».

Haffé, située dans la province de Lattaquié (Nord-Ouest), est bombardée depuis six jours par les forces du régime, rapportent des militants. La situation y est «terrible et les chars de l'armée sont aux portes de la ville», a déclaré l'un d'entre eux sur place. «Il n'y a qu'un seul médecin qui traite les blessés dans la ville», désertée, selon lui, par la majorité de ses 30.000 habitants. «Il y reste les rebelles et certains civils armés qui les aident à défendre la ville.»


À Washington, la porte-parole du Département d'État, Victoria Nuland, a souligné que les États-Unis se joignaient à l'inquiétude de Kofi Annan sur «la préparation par le régime d'un nouveau massacre» à Haffé. Tout en excluant de nouveau une intervention militaire, les États-Unis ont tenu «à rappeler aux gradés syriens une des leçons apprises en Bosnie: la communauté internationale peut découvrir quelles unités sont responsables de crimes contre l'humanité», ajoutant: «Et vous serez tenus responsables de vos actions.» Pour tenter plus concrètement de prévenir un nouveau drame, après les massacres qui ont émaillé ces dernières semaines, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exigé lundi que les observateurs de l'ONU présents en Syrie aient accès à Haffé.

Des enfants utilisés comme boucliers
Pour l'heure, ces observateurs sont présents à Homs, dans le centre du pays, où ils tentent de négocier l'évacuation des civils face à l'escalade de la violence. La situation des enfants syriens est particulièrement préoccupante. Dans un rapport cité par la BBC, le représentant spécial de l'ONU pour les enfants et les conflits armés évoque leur utilisation comme boucliers humains par les forces de Bachar el-Assad. Selon les témoignages recueillis sur place, les enfants seraient forcés à monter sur les chars de l'armée pour éviter que ceux-ci ne soient pris pour cible par l'opposition. Des cas de torture et d'exécutions sont également rapportés. Le Conseil national syrien (CNS), qui représente l'opposition, accuse le régime de Bachar el-Assad de profiter de la «faiblesse» et des «hésitations» de la communauté internationale pour se livrer à une escalade dans l'usage de la terreur.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, se rend mercredi en Iran, principal allié de Damas dans la région, accusé de lui fournir armes et expertise pour la répression. La Russie a proposé la tenue d'une conférence internationale incluant l'Iran pour tenter de sauver le plan Annan, mais les Occidentaux ont exprimé de profondes réserves. Paris doit accueillir le 6 juillet une nouvelle réunion du Groupe des amis du peuple syrien, qui n'inclut pas l'Iran et à laquelle la Russie et la Chine n'ont jamais participé. Entre-temps, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité, qui risque fort d'être bloquée comme dans le passé par Pékin et Moscou. En attendant, selon l'OSDH, plus de 14.100 personnes, dont encore 106 lundi, ont péri depuis le début de la répression il y a seize mois.


Par lefigaro.fr