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Crise au Burkina : Le lieutenant-colonel Zilda occupe le Palais présidentiel

le 1 Novembre 2014 à 11:38 | Lu 2019 fois

Au lendemain de la démission du président Blaise Compaoré, la situation reste confuse. Deux militaires se disputent toujours le pouvoir.


Crise au Burkina : Le lieutenant-colonel Zilda occupe le Palais présidentiel
Le président Blaise Compaoré a démissionné vendredi, après vingt-sept ans au pouvoir et à l’issue de trois jours de manifestations et d’émeutes, qui auraient fait une trentaine de morts. Mais la transition semblait encore des plus incertaines samedi matin, deux gradés de l’armée ayant revendiqué le poste de chef de l’Etat.

Qui dirige le pays ?

Il est encore difficile de le dire. Quelques heures après la démission du président Compaoré sous la pression populaire, le chef d’État-major des armées, le général Honoré Traoré, qui avait annoncé la veille la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée nationale, déclare assumer les «responsabilités de chef de l’Etat».

Mais quelques heures plus tard, un autre militaire entre en scène : dans la nuit, le lieutenant-colonel Zida, commandant adjoint du Régiment de sécurité présidentielle, déclare à son tour qu’il prend la tête de la transition et est le nouveau chef de l’Etat. Auparavant, il a annoncé la suspension de la constitution, la fermeture des frontières aériennes et terrestres et affirmé qu’un nouvel organe de transition serait mis en place, en demandant le soutien de la communauté internationale. Samedi matin, il se trouvait au palais présidentiel. Le général Traoré, dont la déclaration a été jugée «caduque» par Zida, n’a pas repris la parole depuis vendredi après-midi.

Depuis jeudi après-midi, c’est un troisième militaire, le général en retraite Kouamé Longué, ancien ministre de la Défense limogé en 2003 et apprécié pour son «intégrité», que la foule a appelé pour prendre les rênes du pouvoir. Zida et Lougué devaient se rencontrer ce samedi, selon l’AFP.

S’agit-il d’un coup d’Etat militaire ?

Une partie des mouvements de protestation populaire a passé la nuit de vendredi à samedi en tractations avec les militaires et semble cautionner, avec beaucoup de prudence, le lieutenant-colonel Zida. «On cherche une personnalité consensuelle, car le général Traoré ne fait pas l’unanimité. Zida est apparu prêt à prendre ses responsabilités», nous expliquait vendredi soir Sams’ K le Jah, le leader du Balai citoyen. La foule rassemblée vendredi sur la place de la Nation, qui a pour repris l’occasion son ancien nom de «place de la Révolution», a en effet scandé des slogans hostiles au général Traoré.

Sur RFI samedi matin, le leader d’un autre mouvement, le M21, estimait que «maintenant que les militaires ont compris le cri du cœur du peuple burkinabè, ils ont pris leurs responsabilités. Les militaires n’ont pas appelé ça un coup d’Etat, mais une insurrection populaire».

La «transition, que notre peuple et ses amis souhaitent la plus courte possible, sera encadrée par un organe de transition, reflétant les diverses sensibilités sociopolitiques de notre nation», a assuré Zida lors de sa déclaration de la nuit, précisant que les «contours de cette transition démocratique apaisée» seraient définis «avec l’ensemble des partis politiques et les organisations de la société civile».

Mais, joint samedi matin le chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré déplorait que les partis d’opposition «n’aient pas été associés à ces discussions. Nous sommes inquiets. Nous attendons de voir comment les choses vont évoluer. Nous voulons une transition consensuelle. Elle ne peut pas ignorer l’opposition et la société civile. Sinon, elle n’aura pas de légitimité.»

Libération