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Crise du secteur éducatif : L'absence de dialogue franc indexée

La crise qui secoue le système éducatif était au cœur des débats, hier, au Centre de recherche Ouest-africain. La plupart des intervenants ont recommandé l’instauration d’un dialogue franc, d’un climat de confiance, la cohérence dans les politiques mais aussi le respect des engagements pris.


Rédigé par leral.net le Vendredi 8 Avril 2016 à 12:32 | | 2 commentaire(s)|

Le règlement de la crise qui secoue le secteur de l’enseignement passe nécessairement par l’instauration d’un dialogue franc, d’un respect mutuel et de la cohérence dans les politiques. C’est en substance ce qu’a déclaré, hier, le Professeur Bouba Diop. Ce dernier, qui prenait part à la conférence organisée au centre africain pour la recherche, soutient que le Gouvernement doit jouer « carte sur table ». Selon lui, « si une des parties pense qu’elle a la vérité et qu’elle impose ses vérités ; il y a des difficultés ». « Les gouvernements qui se succèdent continuent de raconter les mêmes histoires, de faire des promesses qu’ils ne peuvent pas respecter parce qu’ils n’osent pas dire la vérité », a-t-il déclaré dans les colonnes du Quotidien. Poursuivant son analyse, M. Diop s’interroge sur la pertinence de la politique de l’Etat. « Est-ce que vous avez entendu le Gouvernement parler d’une commission de suivi ? Par quel miracle vous allez faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit permanent ? Quand vous faites des propositions, les gens ne vous écoutent pas, ils se croient malins en prenant ce qui les intéresse, je ne suis pas d’accord avec cette méthode », a-t-il regretté. Pour lui, le débat de fond se situe à ce niveau : il n’y a pas un dialogue franc entre les acteurs. « Ils font la politique de l’autruche et ça devient le dialogue des autruches, chacun regarde de son côté et fait ce qu’il veut », a-t-il ajouté.

Abondant dans le même sens, Pr Boubacar Barry soutient que l’Université est prise en « otage » par trois éléments (l’Etat, les étudiants et les enseignants). D’après ce professeur à l’Université de Dakar, il n’y a pas un dialogue sincère entre ces forces. Selon M. Barry, pour sortir de cette « crise profonde », il faudra encore attendre 10 voire 15 ans. Pour amener l’Université dans son « état normal », il préconise l’instauration d’une « médiation qui sera en mesure de réunir ces trois éléments à savoir l’Etat, les étudiants et les enseignants. Il faut que le Gouvernement tienne aussi ses engagements ». Il faut rompre avec les années universitaires de 4 mois, on ne peut pas avoir une bonne formation à ce rythme. Il faut tout faire pour arriver à une année scolaire de 9 mois », a-t-il recommandé.

Invitée à cette rencontre, la présidente du Haut conseil pour le dialogue social a énuméré quelques difficultés qui sont à l’origine de cette crise quasi-permanente dans ce secteur. Selon Innocence Ntap Ndiaye, « les parties ne se donnent pas les moyens, après la signature des accords, de prendre toutes les mesures idoines pour créer les conditions de leur mise en œuvre consensuelle ». De même, elle a souligné « l’absence ou le non-fonctionnement du comité de suivi ». Pour Mme Ndiaye, « il serait souhaitable, dans ce cadre, de prendre des dispositions pour que les comités de suivi des accords soient dotés de la capacité de veiller de manière consensuelle ».






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