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Crise et météo rendent les soldes incertains

le 27 Juin 2012 à 09:10 | Lu 546 fois

Les ventes d'habillement ont chuté de 4 % depuis janvier, accélérant la baisse enregistrée depuis 2008. Seul le soleil pourra sauver la saison.


Crise et météo rendent les soldes incertains
Jamais démarrage des soldes n'a été attendu avec autant d'angoisse par les commerçants. À partir de mercredi matin, et pendant cinq semaines, ils espèrent écouler leur stock d'invendus, quitte à le vendre à perte, comme la loi les y autorise. Or la météo a été désastreuse au printemps, et la situation économique tendue a poussé les consommateurs à faire des arbitrages drastiques dans leurs dépenses. Alors que les prix des vêtements ont augmenté de 2 % en moyenne, les ventes ont baissé de 4 % depuis janvier. Une baisse supérieure à celle du début de la crise (- 3 % en 2008 et - 3,5 % en 2009), alors que le marché s'était un peu mieux porté ces deux dernières années: - 0,6 % seulement en 2010, et - 2,6 % en 2011.

Cette contre-performance fait craindre à certains une nouvelle baisse des ventes par rapport aux soldes d'été de l'an passé. En 2011, la période avait déjà été mauvaise, avec une chute de 6 %. Et en janvier, pour la première fois depuis de très nombreuses années, les ventes des soldes d'hiver (deux fois plus importantes que celles d'été) avaient stagné.

De nombreuses promotions
«Les détaillants avaient anticipé une année difficile à cause de la crise économique, reconnaît Jean-Marc Genis, président de la Fédération des enseignes de l'habillement,mais pas les effets climatiques.» Les commerçants avaient donc réduit leurs commandes en début de saisons pour ne pas se trouver avec trop de stocks. Mais, après un premier trimestre stable, ils ont dû faire face à un effondrement des ventes de 17 % en avril, à cause du mauvais temps. En mai, le marché a baissé de 4 %.

Les gérants ont donc organisé de nombreuses promotions ces dernières semaines, ce qui leur a permis d'arriver pour les soldes d'été «à des niveaux de stocks comparables à l'année dernière,» selon Jean-Marc Genis. Les détaillants n'ont donc pas de stocks démesurés pour les soldes et devraient proposer des rabais classiques de 30 à 40 % au démarrage. Pour autant, les promotions de ses dernières semaines risquent d'être dissuasives. Elles ont déjà permis aux consommateurs d'acheter des vêtements à bon prix et supprimé le traditionnel côté événementiel des soldes. «Trop de soldes tuent les soldes», dénonce Patrick Aboukrat, patron de 3 magasins indépendants Abou Dhabi Bazar, à Paris. «Ils faussent le marché.» Selon lui, les ventes privées sur Internet et les soldes flottants, mises en place en 2008, ne donnent «plus envie d'acheter aux consommateurs, car ils sont harcelés de promotions organisées par les chaînes et grands magasins».

Pour ne rien arranger, si le soleil ne s'installe pas au-dessus de l'Hexagone d'ici à samedi, les Français n'auront ni envie ni besoin d'acheter des vêtements d'été. En janvier, seul le temps très froid a sauvé les soldes d'hiver… Il faut espérer un coup de chaud ces prochains jours.

Le décrochage du crédit conso confirmé
Réforme des règles du jeu et panne de consommation se conjuguent pour peser sur l'activité de crédit aux particuliers, qui a accentué sa glissade le mois dernier. Selon les dernières statistiques de la profession, la production de prêts à la consommation a reculé en mai 2012 de 9,4 % sur un an. En rythme annuel cette production ressort à 36,6 milliards en chute de 18,6 %. Tous les segments sont affectés, qu'il s'agisse des crédits renouvelables et des prêts personnels, mais aussi des crédits automobiles (- 10 %). Seuls les prêts finançant des biens d'équipement du foyer résistent (- 1,1 %).

Par Anaïs Trebaul


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