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Cumuls pluviométriques Juin-Juillet-Août et Juillet-Août-Septembre 2017: les recommandations du 4e Forum de Prévisions climatiques saisonnières 2017, en Afrique soudano-sahélienne

4e Forum de Prévisions climatiques saisonnières 2017 en Afrique soudano-sahélienne
Communiqué final


Rédigé par leral.net le Dimanche 9 Juillet 2017 à 17:22 | | 0 commentaire(s)|

Cumuls pluviométriques Juin-Juillet-Août et Juillet-Août-Septembre 2017: les recommandations du 4e Forum de Prévisions climatiques saisonnières 2017, en Afrique soudano-sahélienne
 
Le 4e Forum des prévisions climatiques saisonnières des caractéristiques pluviométriques, agro-climatologiques et hydrologiques de la saison des pluies 2017, pour la zone soudano-sahélienne de l’espace CILSS/CEDEAO, s’est tenu du 15 au 19 mai 2017, à Accra, au Ghana.

Ce forum a été organisé par le Centre Régional AGRHYMET/CILSS et le Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement (ACMAD), en collaboration avec les Agences Nationales de la Météorologie et de l’Hydrologie du Ghana, les experts des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre en charge du suivi et de l’élaboration des informations climatiques, agro-climatiques et hydrologiques, et les représentants des Organismes des Bassins fluviaux de la sous-région.

Les prévisions saisonnières issues de ce forum sont l’objet d’un consensus autour des produits des modèles de prévision, des observations sur l’état des océans et des connaissances actuelles sur le climat de la sous-région.

Ainsi, les résultats de cette prévision donnent les tendances probables des cumuls pluviométriques pour les périodes Juin-Juillet-Août et Juillet-Août-Septembre, des dates de début et de fin de la saison des pluies, des durées des séquences sèches les plus longues au cours de la saison et des débits moyens des hautes eaux dans les grands bassins fluviaux de la sous-région.

Il en est ressorti que : • Les zones couvrant le Nord Ghana, le Nord Togo, le Nord Bénin, l’Est Burkina Faso, l’Ouest Nigéria, l’Ouest Niger, le Centre Mali, le Sud Mauritanie, le Nord Sénégal, le Sud Tchad et l’Est Cameroun peuvent s’attendre à des cumuls pluviométriques excédentaires et des dates de début de saison précoces, pouvant entraîner des inondations et des attaques phytosanitaires.

Dans ces zones, la croissance des cultures pourraient en outre, être affectée par les séquences sèches plus longues attendues dans la première partie de la saison. Les pays de l’ouest de la bande sahélienne peuvent aussi s’attendre à une fin de saison précoce, qui exposerait les cultures à un risque de sécheresses pouvant affecter le parachèvement normal des cycles des cultures.

• Le Nord-Est Nigéria, élargie aux bassins du Lac Tchad et de la Komadougou Yobé, va probablement bénéficier de cumuls pluviométriques excédentaires consécutifs à des dates de début de saison normales à tardives et des séquences sèches plus longues en début de saison ; ce qui présage la possibilité d’observer des fortes pluies ou des pluies groupées pouvant provoquer des inondations. Le début tardif de la saison et les séquences sèches plus longues, pourraient aussi entraver l’installation des cultures dans cette zone.

• L’Ouest du Niger doit s’attendre à des cumuls pluviométriques excédentaires, des dates de début de saison précoces, des dates de fin de saison tardives et des séquences sèches plus longues en début et vers la fin de la saison ; les pauses pluviométriques ainsi attendues dans cette zone pourraient impacter la croissance des cultures et permettre le développement de ravageurs de cultures dont la chenille mineuses d’épis du mil.
 
• Le Centre du Tchad peut s’attendre à des cumuls pluviométriques excédentaires, des dates de début de saison précoces, des dates de fin tardives et à des séquences sèches longues pouvant affecter l’installation des cultures en début de saison,

• En dehors du bassin du Mono et de la partie inférieure de la Volta couvrant le Ghana, le Togo et le Benin, tous les bassins fluviaux ouest africains peuvent connaitre des écoulements moyens à excédentaires cette année ; avec des risques d’inondations par endroits, notamment dans le Niger moyen, le système du Lac-Tchad et le bassin du fleuve Sénégal.

• Dans le Mono et la partie inférieure de la Volta, il y a un risque de déficit d’écoulement pouvant entraîner une baisse de la disponibilité de la ressource en eau pour les utilisateurs locaux (gestionnaires des barrages, irrigation, etc.),

Compte tenu de tout ce qui précède, le forum a formulé quelques avis et conseils agro-hydrométrologiques aux utilisateurs des prévisions saisonnières:
 
1) Pour les agriculteurs A. Pour les zones il est plus probable d’observer des cumuls pluviométriques excédentaires à normaux, des dates de début de saison tardives, et des séquences sèches plus longues après le démarrage de la saison, les agriculteurs doivent :
• Privilégier les espèces et variétés résistantes au déficit hydrique,
• privilégier les techniques culturales favorisant l’économie de l’eau du sol,
• éviter les apports supplémentaires d’engrais, notamment azote, pendant la période d’installation des cultures et celles à risques de sécheresse,
• promouvoir l’agro-foresterie,
• planifier et prendre les dispositions pour le recours à des irrigations d’appoint,
• assurer une bonne gestion et un usage efficient des ressources en eau;
• interagir avec les techniciens de la météorologie nationale et des services d'agriculture et d’hydrologie pour des informations agro-hydro-météorologiques et des conseils sur les variétés et techniques à utiliser.

B. Pour les zones il est plus probable d’observer des cumuls pluviométriques excédentaires à normaux, des dates de début de saison précoces et des séquences sèches plus courtes après le démarrage de la saison, les agriculteurs doivent :
• Investir davantage dans les semences des variétés améliorées, aussi bien pour les cultures vivrières que pour les cultures de rente,
• apporter des fertilisants (fumure organique et engrais minéral),
• renforcer la vigilance contre les adventices et les ravageurs des cultures (criquets, chenilles mineuses et autres insectes nuisibles),
• mettre en place des dispositifs pour prévenir les risques d’inondations et limiter l’exploitation des zones inondables,
• investir plus dans l'aquaculture,
• limiter l’exploitation des bas-fonds inondables,
• ne pas baisser la garde vis-à-vis d’éventuelles fortes pluies, pour minimiser les risques de dégâts matériels et les pertes en vies humaines et animales.

 
2) Pour les éleveurs :
A. Pour les pasteurs et agropasteurs des zones à forte probabilité d’une installation tardive de la saison des pluies, envisager :
• La mise en place d’aliments bétail,
• faciliter aux animaux l’accès aux points d’eau les plus proches, afin de les mettre à l’abri des effets du manque d’eau et d’éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

B. Pour les pasteurs et agro-pasteurs des zones à forte probabilité d’excédents pluviométriques :
• Veiller à éviter aux animaux les risques de noyade,
• prévenir les épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides.

 
3) Pour les autorités nationales, locales et les acteurs de développement (Projets, ONG et OP) :
• Prendre les dispositions pour mettre en place les intrants agricoles (semences améliorées, engrais et aliments bétails) en quantité suffisante dans les différentes zones.
• Prendre les dispositions pour doter les services d’agriculture et les producteurs en équipements et moyens pour la pratique de l’irrigation notamment autour des points d’eau utiles à cet effet.
• Prendre les dispositions pour résorber les déficits de production potentiels dans les zones pouvant connaître des séquences sèches, une installation tardive et/ou à fin précoce de la saison des pluies, à travers la promotion du maraîchage, de l’agro-foresterie, d’activités génératrices de revenus, un bon suivi des marchés et des prix et la mise en place de stocks locaux de sécurité.
• Appuyer et favoriser la communication de l’information climatique, notamment les prévisions saisonnières et climatiques, aux différents utilisateurs, dont les producteurs agricoles en particulier.
• Mettre en place ou renforcer les dispositifs d’encadrement des producteurs, de veille et de réponse aux risques liés au climat.
• Prendre les dispositions utiles pour éviter les dégâts et les pertes liés aux inondations et aux invasions des ravageurs des cultures, dans les zones à risques en :
ü Palliant le risque permanent lié à l’occupation anarchique des zones inondables;
ü Renforçant les capacités d’intervention des services d’intervention et d’assistance humanitaires ;

Les prévisions ci-dessus indiquées sont susceptibles d’évolution au cours de la saison des pluies. Par conséquent, il est fortement recommandé de suivre les mises à jour qui seront faites en Juin, Juillet et août par le Centre Régional AGRHYMET, l’ACMAD et les services météorologiques et hydrologiques nationaux.
 
Le Forum Le 19 Mai 2017