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Cybersécurité : le Sénat veut bloquer des produits chinois

le 19 Juillet 2012 à 13:18 | Lu 625 fois

Un rapport sur la cyberdéfense suggère des pistes pour renforcer la sécurité informatique en France et en Europe.


Cybersécurité : le Sénat veut bloquer des produits chinois
Bloquer des équipements de ZTE et de Huawei aux frontières de l'Europe. Telle est l'une des dix propositions d'un rapport sur la cyberdéfense approuvé, mercredi, à l'unanimité par les membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Il faut «interdire en Europe le déploiement et l'utilisation de “routeurs” ou d'autres équipements de cœurs de réseau qui présentent un risque pour la sécurité nationale, en particulier ceux de certains équipements d'origine chinoise», précise le rapport.

Autrement dit, la France et la Commission européenne doivent bloquer l'importation et l'utilisation de produits d'industriels chinois, commercialisés par deux groupes de Shenzhen, Huawei et ZTE. «Les États-Unis et l'Australie les ont déjà interdits», précise le sénateur Jean-Marie Bockel. Car il existe une forte suspicion sur l'usage de ces équipements pour espionner, en les détournant vers la Chine, les conversations électroniques acheminées par les opérateurs de télécoms.

«La plupart des attaques sont d'origine chinoise», ajoute le rapporteur. La Chine est, par exemple, soupçonnée d'avoir espionné Bercy, l'an dernier, juste avant que la France prenne la présidence du G8 et du G20. Ainsi, «la Commission européenne envisage de lancer une enquête en vue d'interdire ces équipements», précise Jean-Marie Bockel.

Établir «un rapport de force»
Après les préambules d'usage - «Je ne suis pas antichinois» -, le rapporteur a rappelé que «les équipements de Huawei et de ZTE sont 20% moins chers que ceux de groupes comme Cisco». Sans blocage réglementaire, les grands opérateurs européens du téléphone et d'Internet peuvent préférer ces matériels à ceux proposés par des entreprises du Vieux Continent, tels le français Alcatel-Lucent, le suédois Ericsson ou le tandem germano-finlandais Nokia Siemens Networks. Une telle interdiction pourrait être considérée comme une démarche «protectionniste» de l'Europe et portée devant les instances internationales.

Mais une telle mesure pourra-t-elle être appliquée? Ce n'est pas sûr. Il s'agit, «comme toujours, d'établir un rapport de force», précise Jean-Marie Bockel. À ce petit jeu, le gouvernement chinois pourrait, de manière réciproque, bloquer des entreprises européennes dans l'empire du Milieu. Le risque serait alors grand pour l'équipementier français de rendre sa filiale chinoise Alcatel-Lucent Shanghai Bell, deuxième employeur du groupe français, déficitaire. Elle risquerait alors d'être exclue d'appels d'offres pour les trois grands opérateurs chinois.

Par ailleurs, le rapport sur la cyberdéfense suggère des mesures plus classiques, comme faire de ce dossier une question de «priorité nationale, au plus haut niveau de l'État», favoriser une «meilleure information», une «politique industrielle volontariste» et, notamment, renforcer les moyens de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information.