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DEPIGMENTATION REVELATIONS SUR LES CONSéQUENCES DU FLEAU : 2 cas de cancer dont un décès et 6 victimes d’infections cutanées graves

La dépigmentation de la peau tue en silence au Sénégal. Des statistiques qui nous ont été révélées hier font état de 7 morts dues aux complications de cette décoloration de la peau. Et, le pire est à venir, si l’Etat ne prend pas des mesures pour interdire la pratique, selon des spécialistes.


Rédigé par leral.net le Samedi 23 Janvier 2010 à 03:50 | | 0 commentaire(s)|

DEPIGMENTATION REVELATIONS SUR LES CONSéQUENCES DU FLEAU : 2 cas de cancer dont un décès et 6 victimes d’infections cutanées graves
Les premières statistiques sont tombées hier. Le Sénégal vient d’enregistrer ses premiers cas de cancer dus à la dépigmentation de la peau. Jusque-là, aucun chiffre officiel n’avait été publié, mais c’est en marge de la conférence publique sur la dépigmentation tenue hier dans le quartier populaire de Médina que Pr Fatoumata Ly a fait ces révélations. « Nous avons eu deux cas de cancer avérés, mais l’une des patientes n’a pu être sauvée », confie la présidente de l’Association internationale d’information et de lutte contre la dépigmentation artificielle (Aiida). En dépit de tout l’arsenal de soins qui a été déployé pour sauver la défunte patiente, elle a fini par rendre l’âme au courant de l’année 2008. C’est que, ajoute Pr Ly, son état était tellement assez critique que la dépigmentation avait atteint des proportions démesurées, avec d’autres dégâts collatéraux, causés par les produits. Pour l’autre patiente, Pr Fatoumata Ly indique qu’elle est encore en vie mais elle fait l’objet d’une surveillance médicale particulière. « Elle a été opérée avec succès et son état est aujourd’hui stationnaire », se réjouit-elle. Seulement, ces cas de cancer sont l’arbre qui cache la forêt. Selon Pr Mame Thierno Dieng, le mal est beaucoup plus profond qu’il en a l’air. En effet, il révèle à son tour qu’au-delà des deux cas de cancer qui sont « bien réels », six autres femmes sont mortes à cause d’infections cutanées graves. Et la dernière victime est décédée au cours de l’année 2009. Pour le chef de service de Dermatologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, il y a des raisons d’avoir vraiment peur, tellement la pratique de la dépigmentation monte crescendo sous nos cieux. Pis, même les hommes sont maintenant adeptes de ces produits particulièrement nuisibles à la peau, en ignorant les méfaits qu’ils peuvent engendrer. « Il est temps que les gens prennent conscience de l’ampleur des dégâts aussi bien esthétiques, médicaux et vitaux » de la dépigmentation, lance le professeur Dieng. Et à travers l’association qui lutte contre cette pratique, Pr Dieng ainsi que les autres acteurs comptent engager la lutte et sensibiliser les pratiquants pour qu’ils s’affranchissent des produits dépigmentant. « Pour certains, il y a une certaine dépendance vis-à-vis de la dépigmentation et à la longue, c’est le cancer ou bien d’autres infections cutanées sévères qui les guettent », s’alarme-t-il encore. Animateur de la conférence, Pr Dieng indique que c’est la première fois que pareil évènement se tient extra-muros. D’habitude, rappelle-t-il, les activités de sensibilisation se faisaient entre quatre murs, mais ils se sont rendu compte que l’information ne passait pas. Désormais, assure-t-il, ce sera des manifestations publiques à l’intention des populations, surtout des filles, qui s’adonnent petit à petit aux produits, dont la majorité contient 8 % d’hydroquinone, donc très nuisibles à la peau. Pourtant, en Europe, rappelle Pr Fatoumata Ly, les produits cosmétiques dont le contenu dépasse 2 % d’hydroquinone sont strictement interdits, tout le contraire de nos pays qui tardent à sévir. Alors que si l’on n’y prend garde, prévient le chef du service de Dermatologie de Le Dantec, le phénomène risque de devenir un problème additionnel de santé publique. Durant la conférence, Pr Dieng a beaucoup insisté sur l’aspect prévention, tout en attirant l’attention de l’assistance sur le fait que « tous les méfaits de la dépigmentation ne sont pas curables ». En atteste déjà, les cas de décès enregistrés depuis quelques années. Au-delà des complications dermatologiques, assure encore Pr Ly, la dépigmentation peut aussi causer des cas d’hypertension, de diabète ou encore de la gale. Ce phénomène est d’ailleurs en train d’être disséminé au sein de la population par les femmes adeptes de produits dépigmentant, au moment où il disparaît dans d’autres pays.

lequotidien.sn






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