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DPG : De Abdoul Mbaye à Aminata Touré, beaucoup de promesses, peu d’actes

Utile ou pas, la Déclaration de politique générale (Dpg) permet souvent au chef du gouvernement de décliner sa feuille de route avec souvent des échéanciers précis pour la réalisation de certaines promesses. Seulement, sous le règne de Macky Sall, le constat est que les promesses ont rarement été suivies de réalisations concrètes.


Rédigé par leral.net le Mardi 11 Novembre 2014 à 12:28 | | 1 commentaire(s)|

DPG : De Abdoul Mbaye à Aminata Touré, beaucoup de promesses, peu d’actes
Nommé Premier ministre du Sénégal le 11 novembre 2002, Idrissa Seck fait sa Déclaration de politique générale (Dpg) quelques semaines plus tard. Devant les députés, le chef du gouvernement d’alors pose un acte inédit : il refuse de s’engager sur les grands chantiers de son patron, Abdoulaye Wade. En tout cas, pas en termes d’échéanciers. Par cet acte, Idrissa Seck avait voulu être prudent. Ne pas s’engager sur des choses qu’il ne maîtrise pas. Pourtant, c’est ce qui arrive aux différents chefs de gouvernement depuis l’arrivée de Macky Sall au pouvoir. A chaque Premier ministre, sa Dpg. Et à chaque Dpg, ses promesses. Ces promesses ont-elles été réalisées ? Rarement. Donnant ainsi raison à ceux qui doutent de l’utilité de la Déclaration de politique générale. Surtout quand le président, qui définit la politique de la nation, est le même.

Le 10 septembre 2012. Abdoul Mbaye, premier chef du gouvernement sous l’ère Macky Sall, est devant les députés pour sa Déclaration de politique générale. Dans un discours plutôt moralisateur, Mbaye promet la fin de l’arrogance surtout dans la fonction publique, mais aussi chez les politiques nommés aux plus hautes fonctions. Au bilan : l’arrogance est plus présente que jamais. Faisant dans le concret, Abdoul Mbaye définitl’agriculture comme une «priorité» pour la réussite du programme Yoonu Yokkute. Il indique alors que le premier défi «sera de rendre l’agriculture moins vulnérable aux aléas climatiques, d’élever durablement les niveaux de productivité et de production pour toutes les variétés cultivées». Aussi promet-il une politique sur la «maîtrise de l’eau» et «l’accroissement des aménagements hydro agricoles».

Autosuffisance en riz en…2018

«L’ambition du gouvernement est de parvenir à l’autosuffisance avec une production de 1 million 600 mille tonnes de riz paddy en 2018», avait ajouté le Premier ministre. La suite, on la connaît. Non seulement, l’agriculture est plus que jamais vulnérable aux aléas climatiques. Mais Macky Sall, lui-même, a revu les ambitions déclinées par Abdoul Mbaye quant à l’autosuffisance en riz. Le chef de l’Etat veut désormais l’autosuffisance dès 2017. Preuve que la planification n’avait pas été de rigueur en 2012.

Autre promesse d’Abdoul Mbaye, la création de 29 ponts métalliques pour relancer l’activité économique par une politique de désenclavement des zones de production avec la construction d’infrastructures routières et des pistes rurales permettant l’interconnexion entre les régions. «Aucune zone de production ne doit souffrir d’enclavement. Le désenclavement de la Casamance par mer, par route et par la voie aérienne est à cet égard érigé en extrême priorité. Je dois aussi souligner qu’un programme de réalisation de 29 ponts métalliques et du nouveau pont Emile Badiane est en cours d’instruction.» Jusqu’ici, on attend de voir la réalisation de ces promesses. Seul le pont Emile Badiane de Ziguinchor a effectivement été refait.

Exit Abdoul Mbaye, Aminata Touré devient Premier ministre. Le 28 octobre 2013, elle est à l’Assemblée nationale pour son Discours de politique générale. Première mesure phare annoncée : la baisse du prix du loyer. Certes avec de nombreuses difficultés, mais la promesse a effectivement été tenue. Mais Aminata Touré s’était aussi voulu prudente en déclarant que c’est en 2017 qu’il faudra évaluer le travail de son équipe gouvernementale. Malheureusement, pour elle, son gouvernement ne tiendra pas jusqu’en 2017. Dans son plan étalé sur la période 2013-2017, Aminata Touré promet un taux d’électrification en milieu rural qui va passer de 25 % en 2012 à 60 % en 2017 ; une enveloppe de 28 milliards de francs Cfa pour renforcer l’autonomisation des femmes et des jeunes, mais aussi la construction de l’arène nationale. Des promesses qu’elle n’aura jamais le temps de réaliser. Idem pour les 200 nouvelles écoles complètes pour accueillir environ 50 mille élèves issus des régions les plus défavorisées, six mille salles de classe et 250 blocs d’hygiène, 110 collèges de proximité, 15 lycées départementaux, 19 collèges franco arabes, 64 Daara modernes. Toutefois, l’Etat étant une continuité, on peut espérer que Mahammad Boun Abdallah Dionne réalise les promesses qu’Aminata Touré n’a pas eu le temps de concrétiser. A moins qu’il définisse un nouveau cap avec de nouvelles promesses.

Moustapha DIOP

Walfadjri






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