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DPG: L'Association sénégalaise pour la défense des droits du malade interpelle Mahammed Dionne


Rédigé par leral.net le Mercredi 12 Novembre 2014 à 07:35 | | 1 commentaire(s)|

DPG: L'Association sénégalaise pour la défense des droits du malade interpelle Mahammed Dionne
Monsieur le Premier ministre,

Au moment où vous vantiez la couverture maladie universelle lors de votre déclaration de politique générale, des sénégalais continuent à mourir parce qu’ils n’ont pas été reçu dans les hôpitaux au motif qu’il n’ya pas de place pour eux. Rappelez-vous des jumelles de Dalifort qui ont parcouru avec leur papa six hôpitaux de niveau 3 de Dakar. Et aucun hôpital n’a voulu les prendre en charge. Pourtant, l’article 3 de la charte du malade dit : « les établissements publics de santé hospitalier garantissent un accueil et des soins de qualité ; ils veillent au soulagement de douleur ». Rappelez-vous de ce patient mort lors de son évacuation parce que le scanner de l’hôpital de Ziguinchor est en panne.

Et récemment, la dame Malafi Touré est morte à l’hôpital régional de Kolda après avoir été déclarée non enceinte et qui accouche par la suite à la morgue d’un garçon mort né. Les familles des victimes attendent toujours que les responsabilités soient situées et la réparation des dommages que l’Etat leur a fait subir. Des malades sont rejetés parce qu’ils n’ont pas d’argent alors qu’ils étaient en situation d’urgence et finissent par mourir dans la rue. Il s’agit d’une véritable violation de la loi, une non assistance à personnes en danger. La loi a pourtant dit qu’il faut respecter la primauté des soins sur les formalités administratives en cas d’urgence. Notre système de santé est malade et il faut le soigner avant de parler de couverture maladie universelle. Et la couverture maladie n’est pas seulement financière mais elle est aussi géographique. Il s’agit d’un ensemble. On ne peut pas parler de couverture maladie universelle lorsque la majeure partie des sénégalais quittent les autres régions pour venir se faire soigner à Dakar.

Il faut une grande réforme de notre système de santé. Et cette réforme doit placer le malade au centre de toutes les préoccupations.

Le code de déontologie médical date de 1967. Il doit être révisé et adapté à l’évolution actuelle des droits de l’homme et particulièrement aux droits du malade. La charte du malade est insuffisante et elle n’est pas dissuasive. Il faut une meilleure protection du malade par l’adoption d’une loi sur les droits du malade. Une loi mettant fin au paternalisme médical, au blanc seing, au tutorat du tout puissant médecin sur le patient incapable pour les placer dans une situation égalitaire. Une loi instaurant une souscription à une assurance obligatoire des hôpitaux publics et des médecins exerçant dans le secteur privé. Ainsi l’assureur se chargera de réparer les dommages subis par les malades du fait du médecin (pour le secteur privé) ou du fait du fonctionnement défectueux du service public hospitalier (pour le secteur public). Ainsi, non seulement le patient sera protégé mais aussi le médecin sera protégé.

Le Président
Mody Bosso Traoré







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