A l’Assemblée nationale, la rupture dans la gouvernance de la seconde chambre du Parlement est une prière infertile. La pratique parlementaire est plutôt en situation de rupture de stock de vertus de ponctualité, d’ouverture à toutes les forces politiques dans la distribution des médailles de vice-président, etc. Le Sénat, décrié et promis au corbillard des institutions coûteuses et inutiles par le « Peuple des Assises », est rappelé à la vie par le peuple de l’APR. C’est la case idéale pour une clientèle politique privée de Gouvernement, d’Assemblée, de présidences de Conseils d’Administration, de directions générales… Pendant ce temps, le Premier ministre donne rendez-vous à l’auditoire sénégalais pour le 4 septembre. Pour sa Déclaration de Politique générale, Abdoul Mbaye indiquera la direction de « Yokkouté ». Cette date a été décrochée sous la pression d’une opinion politique voire publique étonnée de voir la nouvelle équipe parler de « vacances » au bout de quatre mois de service. Pour des dégâts décrits comme immenses sur l’économie, la vie sociale, les institutions, cet engagement en discontinu sur le front des urgences est étonnant. Face aux problèmes, l’Etat prolonge l’attente de l’annonce des mesures et, surtout, de la pratique « vertueuse » qui les portera. Toute l’agitation officielle ne relèvera donc que du provisoire. Comme en matière de soins, il s’agit de sédatifs, en attendant le remède. Septembre, le mois des promesses, au cœur du tourbillon social. Le temps de matérialiser les annonces et nous voguerons difficilement vers février-mars. L’an I de la gouvernance Sall ! On peut déjà dire : « Périlleux anniversaire, Monsieur le Président ! »
Amadou Lamine NDIAYE lesenegalais.net
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