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Damas exclut l'usage d'armes chimiques contre les civils

le 23 Juillet 2012 à 13:26 | Lu 411 fois

Le pouvoir syrien a toutefois souligné que l'arsenal pourrait être utilisé en cas d'«agression» des Occidentaux. À Damas, deux quartiers ont été repris par les forces loyalistes.


Damas exclut l'usage d'armes chimiques contre les civils
• Les armes chimiques en question

Washington avait émis des inquiétudes dimanche sur l'utilisation, la sécurité et du stockage des armes chimiques du régime syrien, «étant donné l'escalade de la violence en Syrie et les attaques de plus en plus importantes du régime sur son propre peuple».

Lundi, Damas a répondu, expliquant que le régime syrien n'utilisera ses armes chimiques qu'en cas «d'agression extérieure», écartant l'emploi d'armes non conventionnelles contre la population civile.

«Elles ne seront jamais, jamais, utilisées contre nos citoyens, quelque soit l'évolution de la crise», a assuré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. «Ces différentes armes sont stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées et ne seront utilisées que dans le cas où la Syrie fait face à une agression extérieure», a répété le porte-parole, soulignant que les «généraux décideront quand et comment ces armes seront utilisées».

Il a également accusé les Occidentaux d'organiser une «campagne visant à justifier une intervention militaire en mentant sur des armes de destruction massive». Les autorités syriennes mettent en garde contre «la possibilité que des parties étrangères arment les groupes terroristes (...) avec des bombes bactériologiques qui exploseraient dans un village pour que les forces syriennes soient accusées par la suite».

• La Syrie rejette l'appel de la Ligue arabe

Renoncer au pouvoir contre une sortie «sûre» du pays. Dans la nuit de dimanche à lundi, le Comité arabe chargé de la crise syrienne de la Ligue arabe, présidé par le Qatar et qui regroupe l'Arabie saoudite, le sultanat d'Oman, l'Égypte, le Soudan, l'Algérie, l'Irak et le Koweït, avait déclaré que Bachar el-Assad était «appelé à renoncer rapidement au pouvoir en échange d'une sortie sûre». Pour le premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad ben Hassam al-Thani, Bachar el-Assad «peut arrêter les destructions et les tueries en prenant une décision courageuse». «L'opposition et l'ASL (l'Armée syrienne libre, NDLR) sont appelées à former un gouvernement d'unité nationale», a-t-il ajouté.

«Nous sommes désolés que la Ligue arabe se soit abaissée à ce niveau envers un pays membre de cette institution. Cette décision revient au peuple syrien qui est le seul maître de son sort», lui a rapidement répondu Jihad Makdessi, le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, rejettant de facto la proposition.

Par le biais de la Ligue arabe, les participants ont également décidé d'allouer une aide de 100 millions de dollars aux réfugiés syriens. Un seul pays membre a émis des réserves sur la position adoptée par les participants aux discussions à Doha, a déclaré le cheikh Hamad, sans préciser lequel.

Le cheikh Hamad et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, doivent se rendre à Moscou et à Pékin pour exposer les conclusions de la réunion aux dirigeants russes et chinois, qui ont déjà usé de leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à trois reprises.

• Deux quartiers de Damas repris par le régime

La «bataille de Damas» ne faiblit pas. Les forces loyales au régime de Bachar el-Assad ont repris dimanche deux quartiers de la capitale, à renfort de blindés, d'hélicoptères et de miliciens. Les insurgés ont en particulier été repoussés de Mezzeh, le quartier des ambassades. Selon l'opposition, 20 hommes désarmés, soupçonnés d'aider les insurgés, y auraient été exécutés par les forces loyales: «Les corps ont été transportés à la mosquée Moustafa. La plupart portaient des traces de blessures par balles, l'un d'eux en avait jusqu'à 18. Trois avaient les mains attachées dans le dos. Certains étaient en pyjama. Plusieurs avaient les jambes brisées ou il leur manquait des doigts. D'autres ont été poignardés à l'arme blanche», a déclaré un opposant à Reuters.

D'après des responsables irakiens, les forces syriennes ont également repris le contrôle de l'un des deux postes-frontières occupés par les insurgés à la frontière avec l'Irak. À Moussalmiyeh près d'Alep, les forces de l'opposition ont quant à elles repris le contrôle d'une académie militaire, ainsi qu'un poste à la frontière avec la Turquie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, organisme d'opposition basé à Londres, plus de 1200 personnes seraient mortes dans toute la Syrie pour la seule journée de dimanche, dont près de 300 parmi les forces loyalistes.

• L'Union européenne renforce ses sanctions

L'Union européenne a décidé lundi de renforcer ses sanctions contre le régime, suite à une réunion des ministres des Affaires étrangères qui s'est tenue à Bruxelles. L'accord, qui doit encore être officiellement entériné par les ministres, prévoit l'ajout de 26 personnes et de trois nouvelles entités à la liste noire de l'UE. L'embargo sur les armes doit également être renforcé par des contrôles accrus.

«Nous allons interdire à la compagnie aérienne syrienne d'atterrir en Europe et nous allons inscrire de nouvelles personnes sur la liste des sanctions», a déclaré Jean Asselborn, le chef de la diplomatie luxembourgeoise. «L'UE doit poursuivre ses sanctions, qui sont une partie importante de la pression», a ajouté la représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.


Par lefigaro.fr