Leral.net | S'informer en temps réel



David Cameron promet des temps «douloureux»

le 11 Octobre 2012 à 09:29 | Lu 316 fois

Le premier ministre britannique tente de remobiliser le pays dans un plaidoyer pour l'effort.


David Cameron promet des temps «douloureux»
«Je ne suis pas là pour défendre les privilèges, je suis là pour les répandre.» David Cameron esquisse une reconquête de l'opinion britannique en tentant de faire mentir les clichés sur un Parti conservateur représentant des élites. Lors d'un discours rassembleur et ambitieux qui a clos le congrès toryà Birmingham, mercredi, le premier ministre a décrit sa vision d'un pays mû par l'aspiration, où chacun aurait sa chance.

«Ils nous appellent le parti des riches. Non: nous sommes le parti de ceux qui veulent s'enrichir, de ceux qui se battent pour améliorer leur vie et celle de leurs familles», a plaidé David Cameron, qui se pose en défenseur «des pauvres, des ­faibles et des vulnérables».

Après un incident au cours duquel le chef de la majorité conservatrice, Andrew Mitchell, avait insulté des policiers en faction à Downing Street, qu'il aurait traités de «plebs» (prolos), la tentative de reconnexion avec le pays n'était pas superflue. «Les tories sont perçus par 64 % des électeurs comme le parti des riches et des puissants et non des gens ordinaires. Il y a un réel désengagement du public», analyse David Skelton, du think-tank Policy Exchange, proche des conservateurs.

Atteint par l'usure après deux ans et demi au pouvoir, David Cameron se doit de remobiliser pour ne pas laisser les classes moyennes, malmenées par sa politique d'austérité, filer vers l'opposition travailliste. Il doit aussi convaincre son propre parti qu'il est l'homme de la situation - et des prochaines élections en 2015.

Il ne promet pas pour autant de lendemains enchanteurs. Il reconnaît que le plan de restauration des finances de la nation prend plus de temps que prévu mais assure que «la Grande-Bretagne se relève». Le pays n'a pas le choix et doit assumer encore les efforts nécessaires, au risque de «couler» face aux économies émergentes dont la croissance s'envole, «pendant que j'assiste à des réunions interminables à Bruxelles à parler sans fin de la Grèce».

Droite qui s'assume
«Si nous n'agissons pas, si nous ne prenons pas des décisions difficiles et douloureuses, si nous ne faisons pas preuve de détermination et d'imagination, la Grande-Bretagne ne sera peut-être pas dans l'avenir ce qu'elle a été par le passé», a-t-il prévenu. Un passage obligé sur le succès des Jeux olympiques donne pourtant l'image d'un pays capable de «grandes choses» et non condamné au déclin.

C'est ainsi pour restaurer la compétitivité du Royaume-Uni dans la mondialisation que le premier ministre entend s'attaquer à la bureaucratie, à la dépense publique et à l'assistanat. S'il décline son conservatisme «compassionnel», Cameron doit aussi donner des gages à la ligne dure du parti. Pas de pitié pour les profiteurs du système! Son gouvernement a aussi annoncé durant le congrès une série de mesures relevant d'une politique de droite qui s'assume, comme la légitimation de l'autodéfense pour les victimes de cambriolages ou des peines de prison à vie pour les criminels récidivistes.

Les militants dans le doute ont été requinqués. «J'avais le sentiment qu'on ne savait pas très bien quelle était sa vision du conservatisme, avoue Max Grodecki, jeune adhérent du Kent. Mais Cameron m'a convaincu en montrant des capacités de leader d'une grande fermeté.» Reste à vérifier si c'est ce que l'opinion attendait.


Par Florentin Collompnbsp[