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De Tanor à Khalifa Sall – La plus grave crise au Ps depuis 20 ans


Rédigé par leral.net le Mardi 8 Novembre 2016 à 17:34 | | 1 commentaire(s)|

Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Bamba Fall et Barthélémy Diaz ont décidé de changer le cours de l'histoire du PS en entrant en dissidence avec Tanor Dieng, nouveau Président du HCCT.
Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Bamba Fall et Barthélémy Diaz ont décidé de changer le cours de l'histoire du PS en entrant en dissidence avec Tanor Dieng, nouveau Président du HCCT.


Entre le Ps qui est dans le pouvoir et le Ps ancré dans l’opposition, on se regarde en chiens de faïence. Sur la route menant au carrefour des législatives de 2017 et à la présidentielle de 2019, a lieu la plus grave des crises socialistes depuis les scissions qui ont conduits aux départs de Djibo Kâ et Moustapha Niasse.
 
En 1996, lors du « Congrès sans débats » qui donna le pouvoir à Ousmane Tanor Dieng, les signaux d’une crise profonde se faisaient déjà jour. Peu avant ce rendez-vous fatidique, des frustrations étaient notées dans le giron socialiste avec un Abdou Diouf qui peinait à prendre totalement le contrôle de l’appareil politique hérité de Senghor.
 
Le groupe des «légitimistes» qui refusait de se laisser écraser prit le temps de placer ses pions un peu partout, tandis que le maître à penser imposait un silence absolu. Un tel comportement se justifiait par le fait que les «conservateurs-légitimistes» remettaient en cause une « unité de façade » et ne cessaient de dénoncer la politique dioufiste.
 
Cela s’est aggravé suite à l’entrée en jeu des «rénovateurs» dirigés par le très discret Ousmane Tanor Dieng. Le directeur de cabinet du Président de la République, devenu ministre d’État, avait décidé de sortir de l’ombre en animant plusieurs mouvements de soutiens, exaspérant les senghoriens.
 
Ceux-ci vont animer les courants de pensées et être au cœur des guerres de tendances. Sur le terrain, les actes de violence prennent de l’ampleur, dénaturant le visage d’un parti turbulent mais globalement discipliné depuis de longues années. Cette guerre des chefs fut encore plus violente peu avant le congrès de 1996, lorsque Djibo Kâ, successeur potentiel de Diouf, a senti le coup qui se préparait.
 
De son côté, Moustapha Niasse avait rejoint le camp des «légitimistes», surtout lorsque Diouf désigna Abdoulaye Diack pour piloter l’Union régionale Ps de Kaolack. Une pilule dure à avaler pour l’enfant de Keur Madiabel qui en voulait autant à son mentor qu’à Ousmane Tanor Dieng. En vérité, le Ps vivait des moments de crises profondes qui n’étaient que la continuité des divisions notées depuis 1984 et peu après 1988 avec des élections contestées et la tenue d’un congrès de façade qui avait permis à Diouf de désigner la totalité des membres du Bureau politique.
 
Tanor Dieng, l’homme à abattre
 
Ousmane Tanor Dieng, devenu l’homme à abattre, était perçu comme le principal instigateur de ce coup d’État interne. On nota de véritables saignées dans les rangs du plus vieux parti au Sénégal. Et pour cause, suite à sa tentative ratée de créer un courant de pensée interne, Djibo Kâ prit l’initiative de quitter le navire.
 
C’était pour lancer l’Union pour le renouveau démocratique (Urd) en 1998. Un coup dur contre Abdou Diouf qui assista impuissant à l’érosion de son électorat aux élections législatives de la même année. Des militants historiques n’avaient pas supporté de voir des personnes sans aucun passé politique mis au-devant de la scène. Le vote sanction avait fait son effet. L’année suivante, c’est un autre baron qui claqua la porte du le parti.
 
En effet, le 16 juin 1999, Moustapha Niasse lance un appel à tous les socialistes « épris de justice et de justesse » à venir le rejoindre dans un nouveau projet politique appelé Alliance des forces de progrès (Afp). Toutefois, Diouf réussit à reconsidérer ses positions pour éviter d’autres départs. Malgré tout, il perdit le pouvoir au second tour de la présidentielle de 2000. Mécontent de ses principaux lieutenants, il quitta le pays sans poser un acte de démission du Ps.
 
Ousmane Tanor Dieng, désormais seul maître à bord, est contesté. D’autres barons s’en allèrent voir ailleurs : Souty Touré, Robert Sagna, Abdoulaye Makhtar Diop, Aïda Mbodj, Abdou Rahim Agne, Mamadou Diop et tant d’autres. Restés solidaires de Tanor, Abdoul Khadre Cissokho, Abdoulaye Elimane Kane, ainsi que des jeunes comme Khalifa Sall et Aïssata Tall Sall réussissent à maintenir le Ps vivant durant tout le règne du Président Wade.
 
Douze ans après et l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, le parti voit resurgir de vieux démons qui le contraignent à devoir vivre avec une grave crise interne. Il est presque divisé en deux. Aujourd’hui comme hier, Ousmane Tanor Dieng, qui tient encore le parti, doit faire face à une fronde soutenue autour de Khalifa Sall par une génération plus insouciante, plus combative, dont les figures principales ont pour noms Bamba Fall, Barthélemy Dias, Idrissa Diallo, Aminata Diallo, Babacar Diop, etc. Son autorité est aujourd’hui totalement remise en cause.
 
Par Abdoulaye (actunet.sn)






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